Ordination d’hommes mariés et célibat sacerdotal

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Article paru dans Le Nouvel Observateur

https://www.nouvelobs.com/societe/20191006.OBS19376/l-eglise-doit-elle-autoriser-le-mariage-des-pretres.html

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Sainte Faustine (Hélène Kowalska)

Se plonger dans la Miséricorde divine

Résultat de recherche d'images pour "Marie Faustine - Hélène Kowalska"L’humble vie de sœur Faustine peut paraître banale, s’il n’y avait sa vie intérieure si intense et ses dialogues avec Jésus, dont l’essentiel est publié dans son Petit journal. De nombreuses âmes chrétiennes seront réconfortées et trouveront de quoi approfondir leur vie spirituelle dans cette lecture.

Jésus y évoque souvent avec sœur Faustine les « âmes privilégiées ». Ces âmes que Jésus choisit pour être parmi ses plus proches ; mais qu’on ne s’y méprenne pas ce statut est exigeant et sœur Faustine en montre l’exemple page après page. On sera frappé de voir comment Jésus lui exprime souvent des demandes précises. Pour y obéir, sœur Faustine doit subir le mécontentement des supérieures, la jalousie des autres sœurs, et même l’incompréhension de son confesseur ! Et quand la volonté des supérieurs s’oppose à ce que Jésus sollicitait, ce même Jésus recommande à sœur Faustine d’obéir car il y aura plus de grâces obtenues pour les âmes. Dure école de l’humilité.

Ce qui caractérise le plus les écrits de sœur Faustine, c’est la doctrine de la Miséricorde. Jésus ne cesse de l’inciter à développer le culte de la Miséricorde. « Le Seigneur m’accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de ses attributs. Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître c’est Sa Sainteté (…) si grande que toutes les Puissances et les Forces tremblent devant Lui. (…) La seconde connaissance que Dieu m’accorda c’est sa Justice (…). Le troisième attribut est l’amour et la miséricorde. Et j’ai compris que l’amour et la miséricorde sont le plus grand attribut. ils unissent la créature au Créateur. J’ai connu le suprême amour et l’abîme de sa miséricorde dans l’Incarnation du Verbe, dans sa Rédemption, et c’est ainsi que j’ai découvert que cet attribut est le plus grand en Dieu.« 

Puissions-nous à la suite de sainte Faustine désirer faire partie des « âmes privilégiées » et découvrir l’immense richesse de la Miséricorde divine pour nous et pour nos frères.

Pierre Claverie

L’apostolat du dialogue

 

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France et Algérie, un amour compliqué, de passions et de haines, d’attirances et de répulsions. Algérie, terre kabyle des riches premières communautés chrétiennes, terre musulmane depuis des siècles désormais. Voilà, à Bab-El-Oued, dans quel terreau naît Pierre Claverie.

Voilà aussi pourquoi, attiré par ces contrastes et ces paradoxes, alors qu’il est devenu jeune père dominicain en France métropolitaine, il souhaite retourner dans son pays natal où débute non sans difficulté l’indépendance. Dès lors sa vie apostolique est marquée par le désir du dialogue avec ses frères algériens et donc pour l’immense majorité d’entre eux musulmans.

« Le maître mot de ma foi est aujourd’hui le dialogue, non par tactique ou par opportunisme, mais parce que le dialogue est constitutif de la relation de Dieu aux hommes et des hommes entre eux. » Qu’on ne s’y trompe pourtant pas, Pierre Claverie n’est pas un naïf. Il a bien su mettre en garde, dans le dialogue inter-religieux, contre des ressemblances qui sont des ressemblances apparentes. Même si nous nous y référons, chrétiens et musulmans, Abraham n’est pas le même dans nos deux religions. Que dire de ‘Issa, de Jésus ? Les références bibliques citées dans le Coran ne sont pas organisées de la même manière, ce qui en change parfois profondément le sens. De même l’unicité de Dieu sur lequel insiste tant le Coran ne réfère pas à la même expérience de Dieu que le Dieu trinitaire.

Pour dépasser ces oppositions théologiques lourdes, c’est dans l’ordre de la charité que Pierre Claverie souhaite que, chrétiens et musulmans, rivalisent. A cet égard, l’accompagnement après leur meurtre des sept moines de Tibhirine et son propre assassinat peu de temps après, reconnu désormais par l’Église comme martyre, en sont le sceau suprême.

Confions-lui donc le si nécessaire dialogue entre nos deux religions.

 

Paru dans Parole et Prière, octobre 2019

Père Jacques de Jésus (Lucien Bunel)

Une âme sacerdotale, une lumière dans les ténèbres

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« L’essentiel est de ne pas s’attarder à des regrets. Avec des regrets on ne construit rien. Le passé n’a de valeur que par l’expérience qu’il donne. Seul compte l’avenir parce que seul il est la pâte neuve qu’on peut transformer. » Cette citation de Lucien Louis Bunel, connu en religion sous le nom de père Jacques de Jésus, devrait nous aider et nous encourager à affronter les grandes difficultés de notre vie chrétienne en général, et celles traversées par notre Église de France ces temps-ci.

Il ne sert à rien en effet de ressasser ce qui aurait dû être, ce qui ne l’aurait pas dû, ce que l’on aurait pu faire, ou non. Cela est néant. Passé. En revanche, c’est dans l’instant présent que notre réponse à l’Amour divin prend tout son sens. C’est là que se joue, hic et nunc (ici et maintenant), notre liberté, dont notre auteur pensait que rien n’était plus grand dans un être humain que cette libre disposition de lui-même, à faire le bien ou à commettre le mal.

Dans sa propre vie le père Jacques de Jésus, par l’engagement tout entier de sa vie d’homme et de prêtre au service de Dieu et de ses frères, en a donné l’exemple. « Quand on rencontrait le père Jacques, particulièrement dans un camp de concentration, on n’avait plus honte d’être un homme… C’était un homme qui vous réconciliait, dans la guerre, avec l’espèce humaine », témoignera un de ses compagnons de captivité. La belle figure du père Jacques de Jésus nous réconcilie, dans ce dur moment où l’on ne sait plus parfois à quel prêtre se confier, avec ce que le sacerdoce peut produire de meilleur en un homme. « C’est la vie du Prêtre, oublier tout, quitter tout, même la vie, pour les autres. N’exister que pour les autres, que pour leur faire connaître Jésus et Le leur faire aimer.»

Que Dieu continue à donner ainsi à son Église de telles âmes sacerdotales et de tels exemples de prêtres, proches de leurs frères humains, pour leur porter en ce monde plus d’humanité… et plus de divin.

 

Paru dans Parole et Prière, septembre 2019

Madeleine Daniélou

La vocation à la liberté

 

Résultat de recherche d'images pour "madeleine daniélou"Devenir la mère d’un cardinal de l’Église n’est certes pas une vocation en tant que telle, mais à considérer la richesse des personnalités de ses propres enfants, Madeleine Daniélou avait un talent rare pour l’éducation. Ainsi pour elle, chaque enfant est doté d’une voie unique qui est liée à ses dons naturels, « à cette petite parcelle de génie que tout être porte en soi » et à ce trait dominant « autour duquel se construira sa personnalité ». Là, chacun peut percevoir en lui-même un « appel » qui va dans le sens de son moi le plus intérieur, autour duquel s’unifiera sa vie : c’est « la « vocation » ou « les vocations ».

Madeleine sut mettre en œuvre sa vocation d’éducatrice et de fondatrice, dans une époque où, pourtant, peu de place était réservé aux femmes, dans l’Église (et en plus une femme mariée) et dans la société. Bien avant l’heure, Madeleine Daniélou répond au slogan si usité dans l’institution ecclésiale, qui sert à la fois de paravent à la paresse et la lâcheté, et sûrement d’étouffoir au Saint-Esprit : « nul ne peut se donner sa mission dans l’Église. La mission se reçoit et ne t’appartient pas. » Certes, Madeleine Daniélou, comme tant de fondateurs (clercs ou laïcs), a fait preuve de discernement ecclésial (notamment avec l’aide du fameux père jésuite, Léonce de Grandmaison), mais qu’il soit bien clair que c’est à sa vocation propre à laquelle elle répond, dans la liberté des enfants de Dieu.

Elle qui souhaitait unir dans l’éducation les vertus chrétiennes à celles de l’intelligence, n’a manqué ni des unes ni des autres. Belle leçon, au moment où le pape François nous invite à extirper toute forme de cléricalisme dans l’Église ! Aucun slogan clérical ne devrait jamais éteindre le feu de l’appel divin à se mettre au service des hommes et du Christ. Les mots mêmes de Madeleine Daniélou nous y invitent  : « Mon Dieu, je T’offre ce jour qui commence. C’est une parcelle de ce temps si précieux que Tu m’as donné pour Te servir. Je la mets sous le signe de la fidélité : fais qu’elle soit une longue ascension vers Toi et que chaque jour me trouve plus riche de foi et d’amour.»

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2019

 

Charbel Makhlouf

L’Eucharistie, source de paix

 

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Saint Charbel Makhlouf est une des figures tutélaires du Liban tout entier (même les non-chrétiens se pressent auprès de son tombeau) et en particulier de nos frères maronites. Ce Liban si cher à nos cœurs de Français depuis saint Louis et sa charte de protection des maronites (1250), ce Liban qui, bien avant nous, a connu les épisodes effroyables de la guerre terroriste – et les connaît encore -, ce Liban francophile qui nous avait avertis sur les suites de la « libanisation » de notre territoire national.

Saint Charbel nous apparaît comme un modèle, en ces temps  troublés, pour retrouver la paix intérieure. Alors que, jeune homme, il était devenu soutien de famille après la mort de son père, il rencontre un moine sur la route qui lui dit : « Quand la paix du Christ sera enracinée en toi, tu apporteras aux autres la paix et tu les guériras de l’angoisse de vivre, de leurs doutes. La force et la prière ardente est mille fois supérieure aux remèdes humains. »

Quelle vérité ! Et combien devrions-nous la mettre en pratique dans nos propres vies : y-a-t-il un témoignage plus grand à apporter à nos frères que celui de cette paix indéracinable que procure la vie en Dieu ? Où trouver cette paix ? Une fois de plus, ce grand saint comme tant d’autres, nous montre le même chemin : la sainte Eucharistie. C’est du coeur du mystère sacré du sacrifice de la messe que surgissent pour nous les grâces de paix et d’enracinement en Dieu. C’est aussi dans l’adoration de Jésus au Saint-Sacrement.

Que la dureté des temps présents, que l’exemple de saint Charbel en particulier, nous conduisent à œuvrer comme des hommes de paix, à chercher cette paix avec plus de ferveur, à ne jamais hésiter à entrer dans nos églises, pour consacrer, ne serait-ce que cinq minutes, à l’adoration du Dieu vivant parmi nous.