Madeleine Daniélou

La vocation à la liberté

 

Résultat de recherche d'images pour "madeleine daniélou"Devenir la mère d’un cardinal de l’Église n’est certes pas une vocation en tant que telle, mais à considérer la richesse des personnalités de ses propres enfants, Madeleine Daniélou avait un talent rare pour l’éducation. Ainsi pour elle, chaque enfant est doté d’une voie unique qui est liée à ses dons naturels, « à cette petite parcelle de génie que tout être porte en soi » et à ce trait dominant « autour duquel se construira sa personnalité ». Là, chacun peut percevoir en lui-même un « appel » qui va dans le sens de son moi le plus intérieur, autour duquel s’unifiera sa vie : c’est « la « vocation » ou « les vocations ».

Madeleine sut mettre en œuvre sa vocation d’éducatrice et de fondatrice, dans une époque où, pourtant, peu de place était réservé aux femmes, dans l’Église (et en plus une femme mariée) et dans la société. Bien avant l’heure, Madeleine Daniélou répond au slogan si usité dans l’institution ecclésiale, qui sert à la fois de paravent à la paresse et la lâcheté, et sûrement d’étouffoir au Saint-Esprit : « nul ne peut se donner sa mission dans l’Église. La mission se reçoit et ne t’appartient pas. » Certes, Madeleine Daniélou, comme tant de fondateurs (clercs ou laïcs), a fait preuve de discernement ecclésial (notamment avec l’aide du fameux père jésuite, Léonce de Grandmaison), mais qu’il soit bien clair que c’est à sa vocation propre à laquelle elle répond, dans la liberté des enfants de Dieu.

Elle qui souhaitait unir dans l’éducation les vertus chrétiennes à celles de l’intelligence, n’a manqué ni des unes ni des autres. Belle leçon, au moment où le pape François nous invite à extirper toute forme de cléricalisme dans l’Église ! Aucun slogan clérical ne devrait jamais éteindre le feu de l’appel divin à se mettre au service des hommes et du Christ. Les mots mêmes de Madeleine Daniélou nous y invitent  : « Mon Dieu, je T’offre ce jour qui commence. C’est une parcelle de ce temps si précieux que Tu m’as donné pour Te servir. Je la mets sous le signe de la fidélité : fais qu’elle soit une longue ascension vers Toi et que chaque jour me trouve plus riche de foi et d’amour.»

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2019

 

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Charbel Makhlouf

L’Eucharistie, source de paix

 

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Saint Charbel Makhlouf est une des figures tutélaires du Liban tout entier (même les non-chrétiens se pressent auprès de son tombeau) et en particulier de nos frères maronites. Ce Liban si cher à nos cœurs de Français depuis saint Louis et sa charte de protection des maronites (1250), ce Liban qui, bien avant nous, a connu les épisodes effroyables de la guerre terroriste – et les connaît encore -, ce Liban francophile qui nous avait avertis sur les suites de la « libanisation » de notre territoire national.

Saint Charbel nous apparaît comme un modèle, en ces temps  troublés, pour retrouver la paix intérieure. Alors que, jeune homme, il était devenu soutien de famille après la mort de son père, il rencontre un moine sur la route qui lui dit : « Quand la paix du Christ sera enracinée en toi, tu apporteras aux autres la paix et tu les guériras de l’angoisse de vivre, de leurs doutes. La force et la prière ardente est mille fois supérieure aux remèdes humains. »

Quelle vérité ! Et combien devrions-nous la mettre en pratique dans nos propres vies : y-a-t-il un témoignage plus grand à apporter à nos frères que celui de cette paix indéracinable que procure la vie en Dieu ? Où trouver cette paix ? Une fois de plus, ce grand saint comme tant d’autres, nous montre le même chemin : la sainte Eucharistie. C’est du coeur du mystère sacré du sacrifice de la messe que surgissent pour nous les grâces de paix et d’enracinement en Dieu. C’est aussi dans l’adoration de Jésus au Saint-Sacrement.

Que la dureté des temps présents, que l’exemple de saint Charbel en particulier, nous conduisent à œuvrer comme des hommes de paix, à chercher cette paix avec plus de ferveur, à ne jamais hésiter à entrer dans nos églises, pour consacrer, ne serait-ce que cinq minutes, à l’adoration du Dieu vivant parmi nous.

« Agir ensemble » : le défilé militaire du 14 juillet invite à l’unité

 » La France a bien fait voir qu’étant unie elle est invincible,
et que de son union dépend sa grandeur,
comme sa ruine de sa division  »
Louis XIII

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Pour le défilé militaire du 14 juillet cette année 2019, le thème « agir ensemble » a été choisi. Il s’agit, dit-on de sources officielles, de marquer le côté international,  désormais inéluctable de nos engagements armés à l’extérieur. Plus aucune nation d’importance moyenne n’a la possibilité aujourd’hui d’œuvrer seule, à l’exception sans doute des trois super puissances, Etats-Unis, Russie et Chine. Ainsi, le programme cette année vise à saluer l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ainsi que l’ensemble des opérations militaires que la France a conduites en coopération avec ses voisins européens. Né en juin 2018, ce rassemblement de pays européens vise à intensifier les échanges entre états-majors et ainsi muscler l’Europe de la défense.

Tous ceux qui, de près ou de loin, s’intéressent à la chose militaire ne pourront que souscrire à un tel thème, malgré toutes les réserves pragmatiques ou doctrinales qui peuvent être émises sur les collaborations militaires entre alliés et même la construction, sans doute illusoire, d’une « défense européenne ». Pour l’avoir vécu et observer à l’humble place d’un aumônier militaire en opération, ces collaborations, malgré leurs difficultés inhérentes, sont nécessaires (on peut penser en particulier à la question du renseignement si dépendant de notre allié américain), mais en plus elles sont enrichissantes. Profiter du défilé du 14 juillet pour informer mieux les citoyens sur la réalité et les enjeux de ces collaboration est un choix judicieux.

Ce thème peut aussi se décliner en un autre sens, non pas contradictoire mais complémentaire. Dans une période où lé défilé du 14 juillet n’est plus tant l’objet d’intimider d’éventuels ennemis par nos capacités militaires, ni même de célébrer la première fête de la prise de la Bastille, le 14 juillet devrait être l’occasion de rappeler l’essentiel pour un pays : sa capacité à s’unir face aux dangers et à concentrer ses forces dans une action porteuse de sens. « Agir ensemble » pourrait  donc s’entendre aussi comme une invitation (une injonction ?) faite à tous les citoyens français de s’unir autour de leurs forces de l’ordre (extérieures ou intérieures). Dans un contexte d’implosion de la société française (cf. L’archipel français de Jérôme Fourquet, Seuil 2019), il est sans doute dommage de n’avoir pas profité de ce thème pour le décliner ainsi.

Or, l’une des spécificités de la nation française est de s’être cristallisée (bataille de Bouvines en 1214) et maintenue à travers bien des vicissitudes de son histoire autour de deux grandes institutions fondatrices, l’Église catholique et l’Armée française. Ce n’est pas un  hasard si Napoléon a créé l’Ecole Spéciale Militaire (Saint-Cyr) pour que puissent s’y réconcilier les fils de la noblesse et les nouveaux venus de la révolution, au service des armées de la France. Célébrer le 14 juillet est donc donner la possibilité à chaque français de connaître mieux cette institution si précieuse et à l’apprécier ; c’est aussi ouvrir de nouveau la voie de l’unité nationale autour de nos armées.

Les armées, au cours de ces dernières années (et plus particulièrement depuis le sanglant conflit afghan) ne s’y sont pas trompées, multipliant en cette occasion les rencontres fraternelles et amicales autours de nos soldats déployés en ce jour de fête nationale. ll est sans doute vrai que l’usage controversé des forces de l’ordre intérieures face au mouvement des « gilets jaunes » (ou plus anciennement face à « La manif pour tous »), vient tempéré ce propos (notons au passage que cet usage est d’abord et avant tout celui que fixe le politique). Pour autant, les armées restent loin devant, l’institution de la République qui recueille désormais dans les sondages auprès des Français, le maximum d’avis positif et de confiance. En particulier face à la crise terroriste et le déploiement de la force Sentinelle sur tout le territoire national.

Dans la très grave crise de société que traverse notre pays, qui est encore plus morale que matérielle, entourer nos soldats, applaudir nos armées, c’est aussi retrouver l’essence de ce qui fonde notre patrie : la capacité à se reconnaître frères, à donner un sens commun à notre action sur un socle de valeurs éthiques exigeant, à retrouver le sens du sacrifice pour le bien commun. En ce sens, parachever ce défile 2019 par un hommage aux blessés militaires et une visibilité du tout nouveau SNU (quoi qu’il en soit des polémiques ou interrogations qu’il suscite) est hautement symbolique. Puisse donc ce défilé militaire 2019, au-delà de la tradition républicaine respectée, de l’enseignement international porté, aider chaque Français à retrouver le sens et le devoir de son engagement personnel, où qu’il soit, au service de sa patrie terrestre.

 

tribune parue sur le site aleteia.fr

« Agir ensemble » : le défilé militaire du 14 juillet invite à l’unité

Marcel Van

Les paradoxes de l’amour

 

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Malgré sa courte vie, Marcel Van nous donne de grandes leçons, à nous baptisés qui traversons une période bien cruelle de la vie de notre Église.

Dès son plus jeune âge, Marcel indique qu’il souhaite devenir prêtre. Placé chez un curé pour cela, il devra subir la méchanceté et les mauvais traitements de ce dernier, et même, thème ô combien trop actuel, la perversions d’un des catéchistes ! Pourtant son désir de se donner à Jésus reste intacte. Sur ce chemin vers la vie religieuse, il rencontre encore bien des difficultés. Pourtant sa persévérance, sa fidélité et sa confiance, lui permettront enfin d’accéder à la vie religieuse consacrée. Ses écrits sur le sacerdoce sont impressionnants.

Ainsi, dans la grande confusion créée par les scandales moraux révélés d’une frange odieuse du clergé, nous devons garder néanmoins un grand amour du sacerdoce catholique, immense don du Cœur du Christ à l’humanité. Comme me le disait un jeune étudiant en médecine, rencontré récemment dans un train : « je suis devenu plus méfiant vis-à-vis des prêtres, mais je reste confiant et reconnaissant pour le sacerdoce ». Retirons donc cette belle leçon d’amour du sacerdoce, de la vie et des écrits de Marcel Van.

Un autre aspect, en apparence tout aussi paradoxal, peut nous toucher dans la vie de Marcel. Alors qu’ il est vietnamien, dans son pays colonisé par le nôtre, il a développé un amour quasi charnel, pour la France. Cet amour de la patrie française transpire dans ses écrits jusqu’à cette si touchante prière pour la France. Sa fidélité à la France le conduira d’ailleurs à la mort. Comme nous devrions  aussi en tirer de bonnes résolutions pour savoir mieux aimer et servir notre patrie, prendre en considération dans nos vies cette réalité charnelle de notre existence et accepter que le service du bien commun vienne parfois bousculer notre individualisme de catholiques installés. Avec la figure lumineuse de Marcel Van restons fidèles aux fondamentaux de notre vie chrétienne, le regard fixé sur les beautés de la Foi et nos actions ancrées dans la réalité du service et de l’amour du prochain.

Deux charges pour un unique sacerdoce

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La crise de la pédophilie qui meurtrit l’Église de France, a révélé une crise latente des rapports et du dialogue entre évêques et prêtres. Il est temps d’engager une réflexion courageuse et sincère pour sortir de l’impasse par le haut.

 

 

Ayant déjà eu l’occasion d’évoquer ce thème dans une Lettre ouverte à un ami évêque, j’aimerais tenter d’approfondir ce qui me semble être une des pierres d’achoppement des difficultés qui minent la structure ecclésiale. Trop souvent, le ministère des évêques et leurs rapports aux prêtres sont mis en exergue, pour distinguer voire séparer le corps épiscopal du corps sacerdotal, et le placer ontologiquement dans une position supérieure et dissociée, plutôt que de voir l’unité fondamentale du sacerdoce catholique dérivant de l’unique sacerdoce du Christ. La difficulté naît alors d’un dialogue qui n’est plus celui de frères dans un même sacerdoce, ni même d’un père avec un fils issu de sa propre chair. Les rapports et le dialogue entre les évêques et les prêtres ne peuvent bien sur être résumés en quelques clichés, et, la diversité des uns et des autres apporte une richesse de situations diverses. Toutefois, il est juste de reconnaître que ce dialogue n’est pas toujours facile et que beaucoup de silences et de non-dits président souvent dans les rapports entre les évêques et les prêtres. Méfiance ou peur, parce que – justement – on ne sait pas toujours se situer ou quelle posture adopter. Pour l’évêque, parfois réduit à « machine à régler tous les problèmes », faut-il être fraternel, paternel, très présent ou plutôt distant, catégorique ou consensuel ? Pour le prêtre, plus ou moins conditionné par les avertissements des confrères, jusqu’où peut aller la franchise, comment les paroles seront comprises ou interprétées, quelle mutation non désirée risque de venir conclure la discussion, alors que l’on s’adresse à celui qui semble avoir tant de pouvoir ? Ce malaise dans le dialogue révèle une certaine souffrance des prêtres et des évêques de France.

Revenir à une certaine humilité dans la compréhension du rôle des évêques pourrait aider à renouer avec une parole confiante entre prêtres et évêques. Bien entendu, il n’est pas question de remettre en cause l’épiscopat comme plénitude du sacrement de l’Ordre (notons cependant d’ores et déjà que plénitude du sacrement ne veut pas dire perfection des aptitudes… l’humilité n’est-elle pas là aussi ?). L’épiscopat ne pourrait-il être envisagé d’abord sous l’angle de ce qui est commun à tous, prêtres et évêques, comme l’enseigne si bien le concile Vatican II (Lumen gentium, au n°28, évoque ainsi les prêtres unis aux évêques dans la dignité sacerdotale), plutôt que, trop souvent, sous celui de ce qui les séparerait voire, par des conséquences néfastes, pourrait conduire à sous-estimer le presbytérat ?

Les prêtres en effet « participent pour leur part à la fonction des Apôtres » (Presbyterorum ordinis, n°2), or, il arrive encore trop souvent qu’on les considère comme de simples collaborateurs de leur évêque, dont le sacerdoce tirerait sa substance de celui de l’évêque. Or, les prêtres, de par leur ordination intègrent, à la suite des évêques, la succession apostolique, mais à leur degré, c’est-à-dire sans la plénitude qui est attachée à l’ordre épiscopal (Cf. Lumen gentium, n°28). Par ailleurs, de même que l’évêque, uni au Pontife romain, par son appartenance au collège des évêques successeur de celui des Apôtres, participe à la sollicitude de toutes les Églises, le prêtre, uni à son évêque, devient coopérateur de tout l’ordre épiscopal, et non de son seul évêque (Cf. Christus Dominus n°28).

Le saint concile enseigne : « Tous les prêtres en union avec les évêques participent à l’unique sacerdoce et à l’unique ministère du Christ. » (Presbyterorum ordinis, n°7). Le respect de la plénitude de l’épiscopat et l’obéissance hiérarchique qui en découle, n’empêchent nullement de concevoir une forme de commune dignité dans le sacerdoce. A titre additionnel, une relecture rapide de ces grands textes montre que le concile utilise le terme de coopérateurs pour les prêtres et non de collaborateurs de l’ordre épiscopal. Les prêtres ont été comme les évêques « consacrés véritables prêtres du Nouveau Testament, pour être de prudents coopérateurs de l’ordre épiscopal. » (Christus Dominus, n°15). Le concile poursuit : « C’est donc l’unité même de consécration et de mission qui réclame leur communion hiérarchique avec l’ordre des évêques. » (Presbyterorum ordinis, n°7).

Bien sûr, après le Concile Vatican II, certains évêques ont tôt su considérer leurs prêtres comme des « coopérateurs ». Ainsi, dans la plupart des diocèses français, l’évêque reçoit le même traitement que ses prêtres. Sur le plan du gouvernement, la création des conseils presbytéraux, des assemblées régionales évêques-prêtres avait cette ambition d’associer de près les prêtres au ministère apostolique. Cela a parfois eu pour inconvénient de constituer des groupes de prêtres qui l’étaient plus que les autres, en ayant des responsabilités diocésaines et/ou une participation plus habituelle aux prises de décisions… L’honnêteté oblige à dire que parfois, l’attitude de ces prêtres a été fautive, quand, au lieu de représenter humblement leurs confrères, ils ont mis en avant leurs idées personnelles pour tenter de les imposer. Quand des évêques se sont coupés de leurs prêtres « de base », ce fut souvent parce qu’ils étaient accaparés par des prêtres en responsabilité, choisis par eux — ce qui n’annule pas leur responsabilité mais la partage.

A la faveur des idées nouvelles et de l’application – souvent abusive – de la réforme liturgique, on a aussi parfois constaté une confusion des genres : des évêques refusaient de recevoir les marques propres de vénération de la sacra potestas dont ils sont investis, car ils le vivaient eux-mêmes comme une dévotion à leur propre personne – ce qui montre ici la quasi absence de conscience de la différence entre l’individu qu’ils sont et le prodigieux mystère de la permanence de la succession apostolique qui passe par eux. Un vieux prêtre disait : autrefois les évêques avaient beaucoup plus d’autorité et beaucoup moins de pouvoir ! Au final, cette confusion de l’ego et de la charge apostolique rend insupportable leur mode de gouvernement ! Devenus narcissiques, ultra susceptibles, ils ont tendance à créer des petits cercles de courtisans à l’intérieur desquels seront dénichés les futurs candidats…

L’idée d’une espèce de supériorité absolue de l’épiscopat s’appuie en grande part sur la « sacramentalité de l’épiscopat », qui aurait été définitivement définie par Vatican II (Lumen gentium, n°21). Pourtant, sans entrer dans une controverse universitaire, notons d’emblée que si le schéma De Ecclesia de 1962 voulait dirimer solennellement cette question séculaire, le schéma de 1963 n’affirme que la supériorité pour les munera de gouvernement et d’enseignement (quant à la sanctification le schéma ne veut plus affirmer l’exclusivité de l’évêque comme ministre de la confirmation et de l’ordre). Enfin, le schéma de 1964 sort du ton polémique des précédents, en se contentant de l’expression « le saint concile enseigne » plutôt que « enseigne solemniter ». Il est honnête d’en tirer comme conclusion que Vatican II n’a pas souhaité donner ici une définition dogmatique de la sacramentalité de l’épiscopat, même s’il retient cette doctrine comme doctrine commune (sententia certa). Il semble bien qu’en ce domaine, ce qui intéressait en premier les Pères était moins de traiter de l’épiscopat en rapport au presbytérat, que d’étayer la doctrine de la collégialité et ses conséquences (synodalité).

Il est regrettable qu’une vision trop « élitiste » de l’épiscopat finisse par donner à croire qu’il serait la seule issue de « carrière » envisageable pour un bon prêtre. Ainsi, dans le roman de ce cher Jean Mercier, Monsieur le curé fait sa crise, l’auteur (pourtant averti et peu enclin au cléricalisme !) n’arrive pas à envisager une autre happy end que la nomination de son héros à l’épiscopat. Ceci laisse entendre qu’une vie sacerdotale réussie ou complète passerait forcément par l’accès à l’épiscopat… Ce n’est pas sans rapport avec la dévalorisation du presbytérat (aujourd’hui et pas seulement dans les années d’immédiat après concile) que beaucoup de prêtres ressentent.

Dans le climat ecclésial difficile que traverse l’Église de France, il y aurait sans doute une réflexion à poursuivre sur ces thèmes, afin de combler un fossé trop souvent perceptible entre prêtres et évêques, dont, d’ailleurs se plaignent autant les uns que les autres. L’exemple d’un saint Thomas d’Aquin, nous montre qu’en théologie, la recherche de ce qui unit est toujours plus fructueuse. Pour laisser une dernière fois la parole au saint concile : « En raison de cette communion dans le même sacerdoce et le même ministère, les évêques doivent donc considérer leurs prêtres comme des frères et des amis. » (Presbyterorum ordinis, n°7). Des frères… des amis… Quel équipage évangélique pour rendre présent le ministère des Apôtres, et édifier, chemin faisant, le Peuple de Dieu !

 

article paru dans le journal L’Homme nouveau du  juin 2019

https://www.hommenouveau.fr/

Dina Bélanger

En oblation au Cœur de Jésus

 

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Dans ces moments où notre Église catholique est durement ballottée, la figure de Dina Bélanger est d’un grand réconfort, mais surtout elle offre une réponse spirituelle forte. Cette jeune pianiste virtuose, nous entraîne à sa suite, à nous livrer entièrement au Cœur de Jésus, pour remédier à la tiédeur des âmes, en particulier des âmes des consacrés.

Or, il n’est pas interdit de penser, qu’une large part de la crise des mœurs qui frappe l’Église en son clergé, provient d’un refroidissement spirituel des âmes sacerdotales et religieuses. « Regarde toutes ces âmes. Vois-tu comme il y en a bien peu qui demeurent sans cesse entièrement livrées à moi ! Le jour de sa profession, on se donne sans réserve, mais on reprend ensuite des lambeaux de soi-même. (…) Et moi, je passe… Mon Cœur demande de la consolation, et toutes ces âmes, s’occupant d’elles-mêmes ou du monde, ne me consolent pas. (…) Je connais la faiblesse humaine, je pardonne toujours, j’oublie l’indélicatesse quand on revient à moi, mais cela n’empêche que mon Cœur a ressenti la blessure. Je les aime tant, mes âmes consacrées ! Dès qu’elles se retournent vers moi, je leur souris, parce que je les aime d’un amour infini, et mes regards sont constamment fixés sur elles. »

Comme la Bienheureuse Vierge Marie a pu le dire dans certaines de ses apparitions, c’est bien l’apostasie généralisée des clercs qui sera la pire des persécutions pour l’Église : celle qui vient de l’intérieur même du troupeau, quand les bergers se transforment en mercenaires, quand les loups se déguisent en brebis… Dina Bélanger nous invite donc à cette oblation de nous-mêmes pour la sanctification de tout le Corps de l’Église en général, et pour celle des âmes consacrées en particulier. Dina Bélanger nous indique le chemin : « Le Cœur de Jésus m’emmène avec lui à la conquête des âmes. C’est lui qui fait tout le travail, et moi je lui donne mon ennui, mes petites souffrances, je n’ai qu’à le laisser faire et à ne rien lui refuser. Il m’a bien avertie, hier matin, qu’on ne va pas à la conquête des âmes sans de grandes fatigues ni sans peines, mais tout est si bon avec lui et pour lui…».

Le Concile Vatican II nous en fournit le moyen, ô combien  puissant : « Les prêtres apprennent donc aux fidèles à offrir la victime divine à Dieu le Père dans le sacrifice de la messe, et à faire avec elle l’offrande de leur vie.» (Presbyterorum ordinis)