Bernard de Cluny


Avec S. Bernard, en croisade… contre la tiédeur !

 

En évoquant le nom de saint Bernard de Clairvaux, nos imaginations s’enflamment aux souvenirs de cette Europe, capable de bâtir des cathédrales, désireuse de délivrer le tombeau du Christ des mains de l’islam, soulevée par la foi chrétienne… Bref, nous serions tentés de regarder en arrière vers cette magnifique chrétienté qui a marqué, indélébilement, notre vieux continent. Mais ce serait une grave erreur que de croire possible un retour en arrière, et non seulement une erreur, mais plus encore en dehors même de la tradition multiséculaire léguée par cette société médiévale : inventive, adaptative, et surtout réaliste ! Or le réalisme nous conduit à observer que le sécularisme a vaincu sur tous les fronts (y compris parfois au sein même de l’Eglise) et que notre société occidentale s’est profondément modifiée. Chrétiens du XXIe siècle, nous sommes appelés (par ce que Dieu nous y a placés !) à vivre non pas le regard dans le rétroviseur, mais en plein dans ce monde-ci. Qu’il ne nous plaise pas est une autre chanson… après tout, les premiers chrétiens n’avaient pas choisi de vivre persécutés ! C’est minoritaires qu’il nous revient de témoigner de notre foi et par-dessus-tout de l’espérance (dans un monde désespéré) dont elle est porteuse. Saint Bernard a certes prêché la Croisade, sachons mettre autant d’énergie que lui, à prêcher la Miséricorde et à partir en croisade contre la détestable tiédeur de nos âmes chrétiennes occidentales, trop souvent ensommeillées. Cherchons moins à rétablir un hypothétique(en tout cas à vues humaines) règne social du Christ qu’à lutter avec courage contre la désespérance et la tristesse qui marquent bien souvent le visage des chrétiens occidentaux. Que la Vierge Marie, si bellement louée par saint Bernard dans ses sermons, nous y aide.
Publié dans Parole et Prière de janvier 2013
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