John Newman



Conscience et obéissance

 

Notre accompagnateur du mois, le Bienheureux Cardinal Newman, lors du premier Concile œcuménique du Vatican (1869-1870) s’opposa à ce que l’on définisse le dogme de l’infaillibilité du Pape. Il ira même jusqu’à parler d’une « faction insolente et agressive » cherchant à imposer cette définition dogmatique. Et pourtant, faisant preuve d’un grand sens de l’Église, lors de la proclamation définitive de ce dogme, non seulement il ne s’y opposa plus, mais encore il en prit la défense, à travers un livre, Lettre au duc de Norfolk. Newman indique une voie pour concilier liberté de conscience et obéissance catholique. Pour lui, la conscience est le propre de la nature humaine. Elle « est une loi de notre esprit, mais qui dépasse à quelque titre notre esprit ; qui nous intime des injonctions ». « N’est-elle pas comme la voix de Dieu qui vient du fond de l’homme et parle à son cœur et qui est distincte en cela de la Voix de la Révélation. Elle est comme un témoin intérieur à nous-mêmes de l’existence de Dieu et de sa loi […] ? La conscience n’est pas qu’un ensemble de principes naturels […]. Elle est une loi de notre esprit qui nous fait des injonctions, qui signifie responsabilité et devoir, crainte et espérance. […] La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ. » Et voici pourquoi l’infaillibilité du pape ne fait nullement violence : « En droit comme en fait, l’autorité du pape repose sur l’autorité sacrée de la conscience. » L’humilité et l’obéissance à l’Église et à ses enseignements sont et resteront des vertus éminentes pour tout baptisé. Certes, j’ai absolument le droit de penser ce que je veux, mais j’ai tout autant le droit (ou le devoir) d’indiquer à ma conscience que je souhaite néanmoins adhérer à ce que je ne saisi pas totalement ou même à ce qui me déplait intellectuellement.  Au moment où j’écris ces lignes, nous accueillons un nouveau Pape. Le Pontife François sera différent de Benoit XVI. Il me plaira sur certains points et peut-être me heurtera sur d’autres. Mais c’est le Pape que Dieu s’est choisi pour gouverner son Église. Obéissons-lui. Mieux encore : aimons-le!

Publié dans Parole et Prière de juin 2013

Publicités