Hildegarde de Bingen


Les femmes dans l’Église
Hildegarde est une sainte hors du commun, une espèce de génie spirituel, touche-à-tout ! Qu’on s’imagine : à trois ans, premiers émois spirituels, à quinze elle prend le voile, elle s’adonne ensuite à la musique (qu’elle compose), à la médecine et aux sciences, à l’écriture, au jardinage… elle va même jusqu’à inventer une langue connue d’elle seule, la lingua ignota ! L’aumônier militaire apprécie chez elle ce conseil fort sensé : ne jamais boire d’eau, sauf si l’on est en très bonne santé, et lui préférer, en tout temps la bière ! (Pour rappel, l’eau était souvent infestée dans les villes et source de maladie). Pour être plus sérieux : comment peut-on, face à un tel personnage, continuer à colporter les ragots, tirés des poubelles anticléricales de l’histoire, sur la prétendue misogynie de l’église catholique ? Car, si elle en est une figure de proue, Hildegarde n’est qu’une de ces innombrables femmes qui, de la Bible (en passant par la figure de Marie !) à nos jours marquent d’un empreinte indélébile l’histoire et la vie de l’Église. Hildegarde nous montre combien, en plein « moyen âge » (cette période considérée comme obscurantiste, car pleine de Foi, par nos « modernes » historiens), la femme pouvait jouer un rôle de premier plan. Et si chacun a une place précise, dans la construction du Corps mystique (du prêtre au laïc, du diacre au pape, de l’enfant au vieillard) tous sont appelés à collaborer activement au développement du Royaume. Chacun, à l’exemple d’Hildegarde, se voit confier des talents à faire fructifier pour la bonne santé du Corps entiers. Et si certains talents sont plus cachés, plus discrets, leur importance n’en est pas moins grande (on peut penser à tous nos frères et sœurs contemplatifs en leurs abbayes). Alors développons les dons reçus au bénéfice du bien commun de l’Église et du monde.
Publié dans Parole et Prière d’octobre 2013
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