Le chrétien face à la mort

N’est-il pas paradoxal de voir tant et tant de baptisés, nous-mêmes peut-être, craindre la mort, comme si nous n’étions que des païens sans espérance ? Avouons-le, à l’image de toute notre société occidentale postmoderne, nous avons évacué la mort, les morts, la confrontation à tous ses désagréments, les rites funèbres et leurs cortèges. C’est pourtant bien l’ultime passage pour chacun de nous vers la vraie vie. C’est enfin la rencontre avec Celui à qui nous avons tant de fois dit ou chanté au cours de la messe « Viens Seigneur Jésus », ou dans le Notre Père « Que ton règne vienne ». Et voilà que face à ce qui devrait nous remplir de joie et d’espoir : « je viens vers Toi, Seigneur », nous sommes tout peureux et craintif. Il est vrai que la mort, telle que nous la vivons (bel oxymore classique !) est aussi la conséquence malheureuse du péché originel, et qu’elle entraîne tant et tant de souffrances et de peines. L’agonie (songeons à celle de Jésus à Gethsémani) est remplie de terreurs. Et enfin nous ne pouvons non plus préjuger de notre salut par nous-mêmes… C’est le moment en ce mois de novembre de méditer toujours plus sur la divine Miséricorde. Dieu veut nous sauver. Il veut sauver tous les hommes. Il a vaincu la mort. Dans sa mort (et nous l’actualisons avec sa Résurrection à chaque messe), notre mort trouve son sens plénier. C’est sur cette foi que repose notre prière pour nos défunts et osons-le, notre prière pour obtenir pour nous-mêmes la grâce d’une bonne mort. N’ayons pas peur de demander la grâce d’une vraie mort chrétienne, pleinement vécue comme un abandon d’amour entre les mains du Père de miséricorde. N’est-ce pas, dans le fond, ce que nous implorons à chaque Ave Maria : « priez-pour nous pauvres pécheurs, maintenant, et à l’heure de notre mort ».
Publié dans Parole et Prière de novembre 2011

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