Sermon de Noël


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Avec toute l’Église nous fêtons Noël… Avec ce mot, trop souvent, c’est une imagerie populaire et sentimentale qui nous envahit… Fête des enfants, fête familiale, fête des cadeaux échangés, fête des bons repas. Et même religieusement, nous saisit peut-être une tendance quelque peu sulpicienne… du « petit Jésus » emmailloté dans la crèche, avec le bon âne et le bon bœuf. Pour sympathiques que soient ces références, qui peuvent en un certain sens, nous aider à aller dans la joie de cette solennité, elles risquent fort de nous faire passer à côté de l’essentiel, de cet Essentiel qui d’invisible s’est rendu visible dans la nuit de Noël.

Si les générations chrétiennes passées ont tant cherché à célébrer cette fête avec des joies et des réjouissances, c’est qu’elles savaient bien que nous y fêtons notre Salut fait homme. Cause de notre exultation. La symbolique de la date elle-même (reprise des vieux cultes païens et liée au retour de la prolongation des jours et de la lumière), l’adjonction de toute sorte de rites populaires, renforcent l’importance de cette célébration de Noël. Mais ne nous y trompons pas, ce que nous célébrons, aujourd’hui, avec la divine liturgie de l’Eglise, c’est bien le mystère d’un Amour immense, incompréhensible : Dieu tout-puissant, l’Invisible par essence, se rend visible parmi nous, pour nous sauver.
Aujourd’hui un sauveur nous est né ! Oui, l’humanité pécheresse, vouée à la disharmonie avec Dieu, va enfin voir se réaliser le plan d’amour le plus insensé jamais imaginé, que seul un Dieu éperdu d’amour pour l’homme pouvait concevoir : prendre la nature humaine et par là, lui redonner sa splendeur première. Ainsi « dans un prodigieux échange nous deviendrons semblable au Christ en qui notre nature est unie au Père » (cf. prière sur les offrandes-messe de la nuit). Si nous ne réalisons pas l’état pitoyable de l’humanité, séparée de Dieu, après la chute du péché originel, si nous n’avons pas profité de ce temps d’Avent pour méditer sur l’attente lancinante du Salut par toute l’humanité, alors, nous ne pouvons pas saisir profondément la joie qui traverse toute la solennité de la nativité du Seigneur.
Demandons des grâces en cette solennité pour mieux comprendre la hauteur, la profondeur, la largeur de ce mystère, comme nous y invite la prière d’ouverture dans la nuit : « Seigneur, Tu as fait resplendir cette nuit très sainte des clartés de la Vraie Lumière ; de grâce accorde-nous, qu’illuminés dès ici-bas par la révélation de ce mystère, nous goûtions dans le Ciel la plénitude de sa joie ». Oui, que le Prince de la Lumière, ce « petit Jésus » dans la crèche, vienne nous éclairer, pour que nos cœurs bondissent de la vraie joie : celle de nous savoir rachetés par son infinie Miséricorde. Le Seigneur ne nous a pas abandonnés à notre triste sort. Il est venu le partager avec nous et, bien plus encore, le dépasser infiniment en nous donnant accès à l’intimité de la vie trinitaire, l’Amour absolu qui lie le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. C’est cette Amour que nous contemplons dans la crèche.
(copyright de l’auteur)
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