Le Coeur Sacré de Jésus et le sacerdoce

 Le sacerdoce don d’amour du Cœur sacré de Jésus

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« Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus ». C’est ainsi que le saint Curé d’Ars définissait le sacerdoce. En cette année du sacerdoce, et en ce mois où, avec l’Église, nous honorons tout particulièrement le Cœur sacré de Jésus, il nous est utile de méditer sur ce lien profond entre ce Cœur sacré et le sacerdoce. Beaucoup savent que la dévotion au Sacré Cœur a été, dans notre pays au XVIIIe siècle un moyen efficace de lutte contre une dérive théologique appelée le Jansénisme. Cette dérive avait pour conséquence de diminuer chez le chrétien l’espérance dans la miséricorde infinie de Dieu. Miséricorde de Dieu ! Un cœur qui se fait proche de nos misères ! Pas n’importe quel Cœur : celui d’un Dieu infini, tout-puissant, qui se fait cœur de chair, fini et blessé à mort sur la Croix, pour nous sauver. Un Cœur immense, qui accepte de se faire cœur de souffrances avec nos souffrances. Et ce Cœur de Dieu, dans sa bonté qui est folie à nos yeux, veut s’adjoindre des cœurs humains : c’est exactement l’image du cœur du prêtre ! Un cœur d’homme, élevé à la dimension du cœur de Dieu, par la dignité du sacerdoce. Un pauvre cœur d’homme, tout déformé par ses passions, ses petitesses, ses peurs, ses limites, transcendé par l’amour de Dieu en un autre cœur où Jésus peut battre pour le salut du monde. Comme pour celui de Jésus, le cœur du prêtre sera alors blessé à mort, blessé d’amour pour ses frères. Pensons-nous assez souvent à tous les sacrifices consentis par le prêtre (à commencer de fait par la solitude du célibat consacré) pour nous porter la Parole de Dieu et les Sacrements de la vraie Vie ? C’est de cette blessure, librement acceptée, que jailliront les flots de la grâce pour ses frères humains. Aimer le prêtre, ce n’est pas seulement aimer la personne avec ses qualités et ses défauts, c’est reconnaître en lui ce cœur dilaté par la Cœur de Jésus. Oh oui, aimons mieux nos prêtres : non dans un culte trop humain de la personnalité, mais bien dans le respect affectueux du don d’amour du Cœur de Jésus qu’ils sont devenus par leur consécration.

Paru dans Parole et Prière de juin 2010

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