Le Carême et le dentiste

Aïe, ça fait mal !

Avouons-le, nous entrons bien souvent en Carême, comme nous entrons dans la salle d’attente du dentiste – pardon pour ceux d’entre eux qui me lisent ! Certes nous avons mal et nous savons que la délivrance viendra de la main experte du praticien ; mais nous ne sommes pas très heureux d’être là !

Avec le mercredi des Cendres, il en va de même. Dès le début du Carême, nous savons bien que nous souffrons de nos péchés, de notre attachement trop grand aux biens de ce monde, de toutes sortes de lèpres qui nous gangrènent. Et l’appel même du Carême fait – heureusement – resurgir ces souffrances : « Mon Dieu que je suis loin de la sainteté ! » C’est notre première démarche qui est déjà une grâce prévenante du Seigneur : que nous sentions le poids de misère qui est le nôtre. Le psalmiste le dit très bien : malheur au pécheur qui ne voit plus son péché.

Reconnaître son état de pécheur est le passage obligé pour la conversion  -« Je ne suis pas venu pour les bien-portants… »-. Alors avec toute l’Église acceptons de franchir la porte du « cabinet médical » en ce mercredi des Cendres. Et nous voilà dans la salle d’attente du Carême, attendant avec un peu de crainte, mais aussi avec espoir, que ces quarante jours nous apportent délivrance, persévérance, conversion, guérison et résurrection !

Nous le savons, les instruments du dentiste nous ferons un peu mal. Les moyens de conversion mis à notre disposition par notre Mère l’Église doivent aussi nous violenter quelque peu : aumône, partage, jeûne, prière et pénitence doivent nous coûter. C’est le prix de notre guérison intérieur. C’est bien ce cheminement ardu auquel nous in vite l’Église durant quarante jours. Courage. En marche !

Chronique parue dans Parole et Prière de mars 2011

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