Bernadette Soubirous

Humilité

 

 
 Il est rare que Dieu nous demande notre avis… et bien souvent son plan d’amour dans notre vie ne correspond guère à ce que nous avions envisagé. Bernadette Soubirous, comme tant de saints, en est un exemple. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu » (cf. I Cor. 1,26-29).
Deux tentations contre l’humilité nous guettent souvent. La plus commune est de céder à l’orgueil, d’oublier que ce qu’il y a de bon en nous, les œuvres bonnes que nous pouvons réaliser, sont des dons de Dieu. Seule l’action de l’Esprit en nous, nous permet de poser des actes bons et l’orgueil nous pousse à nous en attribuer le mérite. L’autre tentation, plus subtile, nous pousse à nous faire passer pour moins que ce que nous sommes, à ne pas accepter les talents que Dieu a disposé en nos vies, à refuser le rôle que dans sa Providence, Dieu veut nous voir tenir. Bernadette n’a cédé ni à l’une, ni à l’autre. Son humilité profonde lui a permis à la fois de tenir la vérité de ce qu’elle voyait, de ce que lui disait la « belle dame », tout en restant toujours dans un réel respect face aux autorités les plus contradictoires voire persécutrices.
Toute sa vie, Bernadette aura a lutter, prise entre la publicité autours d’elle, le devoir de témoigner, et son goût pour la simplicité et l’effacement. Nous aussi baptisés nous devons entrer dans ce chemin vers une vraie humilité. Nous ne devons pas avoir peur d’accepter les voies de sainteté que nous propose le Seigneur, quand bien même celles-ci nous placeraient dans une forme d’opposition au monde, quand bien même parfois elles sembleraient nous mettre sur le devant de la scène pour telles ou telles bonnes actions que notre foi nous aura poussés à poser. N’oublions jamais alors de témoigner de la Source d’où surgit en nous la capacité au bien : Dieu lui-même et son amour infini pour nous.
Publié dans Parole et Prière de mai 2014
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