Jean XXIII

L’héroïsme de la charité au quotidien

Un livre entier, écrit par Henri Fesquet, a été consacré aux fioretti du bon pape Jean. Une des anecdotes les plus touchantes – et Dieu sait qu’elles sont nombreuses – est celle où Jean XXIII, à peine élu pape, découvre le Cardinal Secrétaire d’État en train de brûler, dans la hâte, tous les rapports très défavorables qui avaient été écrits au long de sa carrière sur le diplomate Roncalli ! Or Jean XXIII n’en prit aucun ombrage et cela le fit même sourire. Il savait à quel point il avait été peu apprécié de ses supérieurs  -bonne leçon pour nous autres qui, trop souvent, cherchons sans cesse l’approbation de ceux-ci-.
La lecture de son Journal d’une âme nous fait découvrir un homme, doté d’un grand sens de l’humour, mais surtout d’une indulgence, alliée à une solide charité. Qu’on ne s’y trompe pas, si tout cela reposait sur des qualités innées, ce fut aussi un long et patient travail de toute une vie sur lui-même. Ainsi écrit-il : « (je dois) m’efforcer de prier spécialement pour ceux qui me font souffrir ; et puis en toute chose une grande bonté, une patience sans limite, en me souvenant que tout autre sentiment n’est pas conforme à l’esprit de l’Évangile et de la perfection évangélique. »
Bien des remarques de ce grand serviteur de l’Église pourraient nous servir au quotidien à nous fixer quelque effort pour notre vie chrétienne. Il considérait ainsi que n’être pas capable de se rappeler le nom d’une personne (même vingt ans après) relevait d’un vrai manque à la charité ! Et pour lui, ce chemin de l’amour vrai du prochain est rude et ardu. Ne va-t-il pas jusqu’à s’exclamer : « Je me laisserai écraser, mais je veux être patient et bon jusqu’à l’héroïsme ». Vaste programme. Soyons héroïques.

 

Paru dans Parole et Prière de juin 2014
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