Chiara Lubich

« Marie apporte le divin sur terre »
 
 
2006. Côte d’Ivoire. En pleine crise. Avec mon régiment parachutiste, nous partons stationner pour quatre mois au nord ouest du pays. Destination : Man. Aussitôt installé, je pars prendre contact avec la paroisse la plus proche de nous, dans ce diocèse dont les premiers chrétiens sont encore de ce monde. Ce n’est pas difficile, car les limites de la propriété de cette paroisse jouxtent notre campement.  C’est alors que, pour la première fois, je découvre une Mariapolis (nées dans les années 50 les Mariapolis sont ouvertes à des personnes de tous âges, vocations, origines sociales).
Son fondateur le père Charles, un Français, arrivé là trente-cinq ans auparavant, avait vu sa vocation sacerdotale chancelante sauvée par une rencontre décisive avec les Focolari, place saint-Pierre à Rome lors d’une audience générale du pape Paul VI. C’est par l’ensemble de la communauté Focolari de Man qu’ainsi j’ai pu apprendre à connaître Chiara Lubich. Non pas d’abord d’une connaissance toute intellectuelle ou spirituelle. Non. Par la charité sans limite de leur accueil fraternel. Que de beaux moments vécus (y compris la confirmation d’un capitaine parachutiste !), dans ce centre paroissial, qui, au plus fort de la crise, avait accueilli plusieurs milliers de réfugiés. Toujours reçu avec affabilité dans la maison des Pères, accueilli avec joie au dispensaire ou à l’imprimerie, gâté lors de bons repas par l’ensemble de la communauté. J’ai pu voir l’esprit et les intuitions de Chiara Lubich en actes et en œuvres. Elle avait écrit (1958) : « Marie apporte le divin sur terre, elle est comme une pente douce qui, des sommets vertigineux du Ciel, descend jusqu’à la petitesse infinie des créatures. »
C’est ce que j’ai vu dans cette Mariapolis de Man. Et j’en garde un souvenir ému et émerveillé. Grâce soit rendu au Ciel de nous avoir donné, avec Chiara Lubich, un tel témoin en ce XXe siècle.
 
paru dans Paroles et Prières  de septembre 2014
twitter : @padremtb

 

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