Paul VI

Engagement et courage intellectuel
Ce qui frappe dans le parcours de Paul VI, c’est, dans un premier temps, l’engagement politique du jeune abbé Montini. A l’heure où, chez nous en France, l’on voudrait (parfois même au sein des catholiques) que l’église reste enfermée dans ses sacristies, la personne de l’abbé Montini donne un tout autre exemple : aumônier national du mouvement FUCI, très proche de la Démocratie Chrétienne, il s’y investit à fond et doit même souvent faire face à de vives critiques. Jeune prélat à la Secrétairerie d’État de Pie XII, son action politique est tout aussi déterminée et fructueuse ; là encore, il rencontre régulièrement des difficultés, des oppositions (on dit même que sa nomination à l’archevêché de Milan serait le fruit d’une colère de Pie XII, car il aurait pris secrètement langue avec les autorités soviétiques). Que cela nous serve donc de leçon : le chrétien doit avoir le courage de s’engager dans la vie de la Cité et, il ne doit pas douter, qu’il y trouvera contradictions, querelles, difficultés. Tout cela est humain, normal. A lui de le vivre, avec courage et toujours en présence du Christ. C’est dire que si, pour nombre de catholiques de ma génération, la figure du Pape Paul VI évoque aussitôt l’image d’une église en pleine crise après le Concile Vatican II, un moment douloureux de son histoire, marqué par tant d’attaques, dont les plus graves vinrent de l’intérieur même de l’institution ; pour autant, ce pape tourmenté par la situation de crise que traversait alors l’église, fut capable d’actes courageux. L’un des plus grands est sans nul doute la publication de l’encyclique Humanae vitae. Paul VI a eu le courage d’aller à l’encontre de l’avis majoritaire de la commission pontificale que lui-même avait nommée pour le conseiller. Il a eu le courage d’affronter –dans un contexte déjà tendu- une quasi rébellion dans l’église. Benoît XVI dira : « Rarement un texte de l’histoire récente du Magistère est devenu à ce point signe de contradiction, comme cette encyclique, que Paul VI a écrit à partir d’une décision qui fut pour lui profondément douloureuse ». A l’exemple de Paul VI, soyons des catholiques engagés et courageux, au risque de déplaire.
 
Chronique parue dans Parole et Prière  – Octobre 2014
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