Thomas More

Fidélité, courage et intelligence
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A l’heure où les débats autours de la filiation et du mariage, n’en déplaise à certains, continuent à agiter la société française et de manière particulière le monde catholique, saint Thomas More est un modèle de fidélité et de courage et d’intelligence. Voilà un homme arrivé aux plus hautes charges politiques de son pays, au service du roi Henry VIII, qui préféra prendre le risque de déplaire à un maître exigeant, que renier son amitié pour l’ancienne reine répudiée et donner le change comme s’il acceptait le nouvel adultère royal. Qu’on ne s’y trompe pas, Thomas More n’est pas un « jusqu’au-boutiste ». Une intelligence affinée par des années d’études philosophiques et de pratiques politiques le pousse à des solutions à la fois pragmatiques et diplomatiques. C’est la méchanceté de courtisans jaloux et l’inique intransigeance royale qui le mèneront à la mort. Au final, placé comme les premiers chrétiens à devoir choisir entre la fidélité au Vicaire du Christ et le reniement (à travers un serment qui niait l’autorité immédiate du pape sur chaque fidèle) ; il choisit de tout perdre, y compris la vie, pour tout gagner auprès de Dieu. Il s’en fait l’écho, de sa prison, avant de mourir : « Aucun homme ayant un peu de foi ne peut se sentir humilié par la mort qu’il subit pour le Christ. Si honteuse qu’elle paraisse ici-bas aux yeux de quelques personnes méprisables, cette mort est hautement approuvée comme une chose de grand prix par Dieu et par tous ceux qui l’entourent au ciel, et eux la voient tout aussi bien que ces imbéciles, ici sur terre. Ceux du ciel sont bien plus nombreux, à cent contre un au moins, et ils sont bien plus estimables. Si un homme est assez sot pour avoir honte de confesser la foi de Dieu de crainte d’être puni par des brutes comme celles-là, alors, par crainte d’un semblant de honte, il tombera dans la véritable honte, la honte qui entraîne la mort !» Puissions-nous, avec l’aide de Dieu, ne jamais sombrer dans cette honte-là.
  
Paru dans Parole et Prière de février 2015
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