Lever les yeux au Ciel

Retrouver en toute chose un sens spirituel

 

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« Oh quelle joie, marchons en paix en regardant le Ciel, l’unique but de nos travaux« . Ainsi s’exprime la petite Thérèse de Lisieux dans une lettre du 27 avril 1889 à sa sœur Céline. Cette simple phrase devrait nous plonger dans des abîmes de perplexité, tant nous sommes devenus, chrétiens occidentaux, des consommateurs, les yeux rivés sur le CAC 40, sur notre bulletin de paye et nos points de retraite !

La fête de l’Ascension nous rappelle opportunément de lever les yeux vers le Ciel, comme les Apôtres, et seulement après de les baisser vers la terre pour annoncer la venue du Royaume. Lever les yeux aux Ciel, ce n’est pas se désintéresser du sort de nos frère humains, mais c’est se replacer dans une relation verticale et primordiale avec le Seigneur Jésus. Retrouver en toute chose un sens spirituel, ce que l’on appelait autrefois une vue surnaturelle en toute notre vie. Combien nous arriverions mieux à « gérer nos vies », si nous leur redonnions leur véritable but : le Ciel ! Combien de difficultés rencontrées nous paraîtraient bien futiles au regard de cet enjeu : gagner le Ciel.

C’est en redonnant à nos vies leur vrai sens (les moines ne chantent-ils pas tous les soirs au salve Regina que nous vivons dans une « vallée de larmes » ?) que nous leur rendrons leur véritable couleur, leur beauté, leur poids d’éternité précisément ? Ce n’est pas pour le chrétien qui vit dans le monde une fuite ; mais bien au contraire trouver dans ces regards portés vers le Ciel, tout à la fois la force, l’espérance, le courage pour affronter ensuite ce monde qui passe, ses tentations, ses épreuves.

Oui portons nos regards vers notre future patrie, comme nous y invite sainte Thérèse : « La vie passe, l’éternité s’avance à grands pas… Bientôt nous vivrons de la vie même de Jésus. Après avoir été abreuvées à la source de toutes les amertumes, nous serons déifiées à la source même de toutes les joies, de tous les délices.. Bientôt, petite sœur, d’un seul regard nous pourront comprendre ce qui se passe dans l’intime de notre être ! La figure de ce monde passe… Bientôt nous verrons de nouveaux cieux, un Soleil plus radieux éclairera des splendeurs de mers éthérées, des horizons infinis ! L’immensité sera notre domaine… nous ne serons plus prisonnières sur cette terre d’exil… Tout sera passé ! Oh ! le Ciel, le Ciel ! Quand y serons-nous ? » [lettre à sa sœur Céline du 12 mars 1889]

Chronique parue dans Aujourd’hui Dimanche, mai 2010

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