Sainte Marie de l’Incarnation

Une vie de sainteté… pleine de suprises

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Alors qu’elle jouit d’une notoriété et d’un engouement grandissant au Canada, notre sainte du mois est peu connue en France. Peut-on, pourtant, faire plus français que Marie Guyart, née à Tours en 1599, dans une de ces familles catholiques, typiques de l’époque ? Malgré son désir d’entrer en religion (dès l’âge de 7 ans elle ressent l’appel de Dieu), elle accepte d’obéir à ses parents et se marie avec un soyeux dont elle aura un enfant et qui la laissera veuve à 19 ans. Elle revient chez ses parents et se lance, avec succès d’ailleurs, dans le commerce avec son beau-frère. Encore une vie de saint qui nous montre combien les chemins du Seigneur sont souvent incompréhensibles à vue humaine. Car ce n’est qu’à 32 ans finalement que Marie Guyart devient Marie de l’Incarnation, chez les sœurs Ursulines de Tours.

Comme il nous est parfois difficiles de comprendre par quelles voies Dieu fait passer nos vies pour nous conduire vers la sainteté. Pour certains l’appel de Dieu très tôt s’accomplit dans une fulgurance (une Thérèse de Lisieux par exemple), pour d’autres des « méandres », des attentes (un Charles de Foucauld) ! Mais les « surprises » ne s’arrêtent pas là pour Marie Guyart. Dans un songe elle se voit religieuse dans un rude pays couvert de neige et pris dans les brouillards et, pour venir confirmer ce nouvel appel (« Il faut que tu ailles me construire une église au Canada » lui dit Jésus), une veuve d’Alençon se présente à elle avec le même projet. Voilà comment Dieu vient souvent nous surprendre dans nos vies, mais apporte aussi les signes providentiels que ces appels nouveaux viennent bien de lui. C’est là-bas, bien loin de la douceur enviée des bords de Loire, dans de difficiles conditions de vie, que Marie de l’Incarnation, devient la « mère de l’Eglise du Canada » (Jean-Paul II) et l’immense sainte vénérée par ses compatriotes, aujourd’hui encore. Nous laisserons-nous conduire, comme elle, sur les chemins de la Providence, bien loin de nos pauvres petits plans humains ?

Chronique parue dans Parole et Prière, avril 2016

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