Père Werenfried van Straaten

Charité matérielle et spirituelle

 

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Le « Père au lard ». Belle dénomination pour le père Wrenfried qui créa l’Aide à L’Eglise en Détresse (AED). Sa démarche, profondément chrétienne, et l’histoire de sa fondation, ne peuvent que nous inspirer dans notre action politique – au sens noble, c’est-à-dire comme citoyens membres d’une patrie terrestre, et comme chrétiens déjà sujets du Royaume des Cieux. Le Père Werefried eut à cœur de s’occuper des immigrés de son époque (ces Allemands de l’Est, réfugiés à l’Ouest), de son prochain le, plus proche, avec deux soucis : leur apporter une survie (de quoi manger : du lard à l’époque !) et une vie digne (des prêtres viennent distribuer les sacrements et célébrer la messe dans des chapelles roulantes).

Voilà de quoi nous inspirer. Dans la période de crise que nous vivons aujourd’hui, songeons d’abord aux détresses les plus proches de nous avec ce double soucis : soulager autant que cela peut se faire, avec des moyens simples, la misère autour de nous ; mais sans jamais oublier que ce dont l’homme à le plus faim, c’est d’abord de « toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt. 4,4). Remplir le ventre certes ! Mais aussi apporter de la nourriture aux âmes assoiffées de spirituel – même quand elles ne le savent plus ! L’action du père Werenfried s’est ensuite élargie aux besoins de l’Eglise universelle. Chemin pour nous aussi qui, au moins par la prière, pouvons nous unir à cette immense élan de charité pour les plus pauvres, qui traverse notre Eglise sur les cinq continents, qu’il s’agisse de la pauvreté matérielle ou, pire souvent, de la pauvreté spirituelle. Soyons inventifs et rappelons-nous sans cesse, à l’approche de ce carême, l’urgente nécessité de partager notre confort -matériel et spirituel- avec notre prochain. Il en va de la crédibilité de notre témoignage.

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2012

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