Charles Journet

On ne lâche rien…

 

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Un grand théologien, un homme de Dieu, un fidèle serviteur de l’Eglise. Voilà ce que fut, en une période troublée de l’histoire du catholicisme, Charles Journet, créé cardinal, en 1965, par le pape Paul VI. Dans notre période, non moins agitée, les propos qu’il tint lors des discussions sur la déclaration conciliaire (Vatican II) sur la liberté religieuse résonnent d’une cruciale actualité.

« La personne humaine appartient simultanément à deux ordres sociaux : à savoir l’ordre des choses temporelles et de la société politique, et l’ordre spirituel, c’est-à-dire l’ordre de l’Evangile et de l’Eglise. Est-il question des choses temporelles, il faut dire que la personne humaine, bien que sous un aspect elle soit partie de la société civile, transcende pourtant tout l’ordre politique parce qu’elle est ordonnée au bien parfait et définitif, à Dieu qui l’a créée. Par conséquent, sous ce deuxième aspect, la personne humaine est libre à l’égard de la société civile tout entière ; mais elle devra rendre raison à Dieu de chacune de ses options.« 

Au moment où, trop souvent, on voudrait nous faire avaliser la toute-puissance étatique, une forme de totalitarisme de la pensée unique « démocratique » – la loi votée devenant une espèce de dogme républicain – reprenons à notre compte ces enseignements catholiques de cardinal Journet, pourtant édictés à l’époque pour faire accepter aux pères conciliaires – parfois récalcitrants – cette fameuse déclaration sur la liberté religieuse.

Toutes les menaces ne nous ferons jamais renoncer à affirmer et défendre la dimension transcendante de tout être humain, de sa conception à sa mort. Il est de l’honneur et du devoir de l’Eglise et de tous les baptisés de rappeler ces vérités essentielles, à temps et à contretemps. « Le principe doctrinal selon lequel les choses temporelles sont subordonnées de soi aux choses spirituelles n’est nullement aboli, mais trouve un nouveau mode d’application, à savoir qu’il faut s’opposer aux erreurs par les armes de lumière, et non par les armes de guerre.« 

Chronique parue dans Parole et prière, novembre 2013

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