Marcel Van

Les paradoxes de l’amour

 

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Malgré sa courte vie, Marcel Van nous donne de grandes leçons, à nous baptisés qui traversons une période bien cruelle de la vie de notre Église.

Dès son plus jeune âge, Marcel indique qu’il souhaite devenir prêtre. Placé chez un curé pour cela, il devra subir la méchanceté et les mauvais traitements de ce dernier, et même, thème ô combien trop actuel, la perversions d’un des catéchistes ! Pourtant son désir de se donner à Jésus reste intacte. Sur ce chemin vers la vie religieuse, il rencontre encore bien des difficultés. Pourtant sa persévérance, sa fidélité et sa confiance, lui permettront enfin d’accéder à la vie religieuse consacrée. Ses écrits sur le sacerdoce sont impressionnants.

Ainsi, dans la grande confusion créée par les scandales moraux révélés d’une frange odieuse du clergé, nous devons garder néanmoins un grand amour du sacerdoce catholique, immense don du Cœur du Christ à l’humanité. Comme me le disait un jeune étudiant en médecine, rencontré récemment dans un train : « je suis devenu plus méfiant vis-à-vis des prêtres, mais je reste confiant et reconnaissant pour le sacerdoce ». Retirons donc cette belle leçon d’amour du sacerdoce, de la vie et des écrits de Marcel Van.

Un autre aspect, en apparence tout aussi paradoxal, peut nous toucher dans la vie de Marcel. Alors qu’ il est vietnamien, dans son pays colonisé par le nôtre, il a développé un amour quasi charnel, pour la France. Cet amour de la patrie française transpire dans ses écrits jusqu’à cette si touchante prière pour la France. Sa fidélité à la France le conduira d’ailleurs à la mort. Comme nous devrions  aussi en tirer de bonnes résolutions pour savoir mieux aimer et servir notre patrie, prendre en considération dans nos vies cette réalité charnelle de notre existence et accepter que le service du bien commun vienne parfois bousculer notre individualisme de catholiques installés. Avec la figure lumineuse de Marcel Van restons fidèles aux fondamentaux de notre vie chrétienne, le regard fixé sur les beautés de la Foi et nos actions ancrées dans la réalité du service et de l’amour du prochain.

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Dom Hélder Câmara

Une Église servante des pauvres

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Dom Hélder Câmara, dont le procès de béatification a été ouvert en 2013, fait partie de ces hommes qui ne laissent pas indifférent, et dont la personnalité provoque. Lui-même en était conscient qui disait : « Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir et l’on me traite de communiste. »

D’autres ont connu aussi ce genre d’amalgame. Tant qu’il combattait le communisme, le saint pape Jean-Paul II fut le chouchou d’une bonne partie des médias occidentaux qui se retournèrent contre lui aussitôt que, le mur de Berlin tombé, le même Pape se mit à dénoncer les méfaits du capitalisme sauvage ! Avec toute une partie de l’intelligentsia catholique de l’époque, Dom Helder Camara sera profondément marqué par la lecture de L’humanisme intégral (1936), puis de Christianisme et démocratie (1943) de Jacques Maritain, prélude au Feu la chrétienté d’Emmanuel Mounier (1950). Appuyé sur cette vision d’un christianisme social moderne, il développe alors une pastorale de proximité avec les pauvres et de défense de leurs intérêts.

Dans un pays, le Brésil, où le partage des richesses révèle de très graves injustices, où un régime politique dictatorial fait peser de grands dangers sur les libertés du peuple, l’évêque Câmara met toute son énergie, toute son intelligence, à défendre les opprimés. Dans l’histoire du Brésil, Dom Hélder est celui qui a éveillé la conscience sociale à la nécessité et aux conditions d’une société plus juste, et défendu la cause des sans droits. Quelles qu’en soient les conséquences, dont il souffrit beaucoup : suspicions, dénonciations, marginalisation…

Ce type de combats en effet, ne va pas sans risques, sans se mettre en danger. Mais, il est du devoir de l’Église de se mettre toujours au service des plus pauvres, des plus déshérités, des plus fragiles : « Une Église servante des pauvres » aimait-il dire. Que l’exemple de Don Hélder Câmara nous donne ce courage, qui, avouons-le dans une église catholique française devenue bien bourgeoise, nous fait parfois défaut.

L’Église face à la crise

 

Invité en ce lundi de Pâques par le journaliste Jean-Jacques Bourdin, dans son émission « Rien n’est impossible », pour parler de la crise de l’Église.

 

Une usine à fabriquer des saints !

 

Entretien sur le livre La sainteté de A à ZDopez votre spiritualité, avec Jean-Pierre Maugendre pour « TV-Libertés »

 

 

Liens :

https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/la-saintete-de-a-a-z-9791033607953

https://www.tvlibertes.com/

 

 

 

 

Raymond Halter

Reconstruire nos âmes

 

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Comme pour un saint Ignace de Loyola blessé et obligé de garder le lit, le père Raymond Halter voit sa vie spirituelle basculer, après un accident de voiture en 1972. Entré chez les Marianistes, prêtre depuis 1957, il était alors aumônier d’étudiants à Bordeaux. Bien souvent, dans nos propres vies, Dieu agit ainsi. Par les méandres mystérieux des événements, parfois dramatiques, Dieu nous invite à le rencontrer plus intimement, à prendre plus au sérieux son appel d’amour.

Ainsi, après cet accident, Raymond Halter redécouvre la prière intérieure et, au même moment, rencontre le Renouveau charismatique. Il en devient même une des grandes figures et sera ainsi désigné en 1983 comme expert auprès de la Conférence des Évêques de France sur les sujets touchant aux mouvements charismatiques. En ce sens, la figure du Père Raymond Halter est assez emblématique de cette Église de France des années 80-90, dans laquelle beaucoup de fidèles catholiques trouvèrent refuge auprès des mouvements charismatiques pour asseoir une vie spirituelle qui leur semblait, trop souvent négligée par le clergé diocésain, lancé dans de nombreuses expériences apostoliques activistes.

La vie spirituelle du père Raymond a toujours été marquée, dès ses débuts, par une grande dévotion à la Vierge Marie. Assez naturellement, en 1989, à la demande du cardinal archevêque d’Abidjan, il rejoint la Côte d’Ivoire, pour créer un grand sanctuaire marial avec l’aide du Renouveau charismatique. Il exercera alors une profonde influence sur le catholicisme ivoirien, par ses enseignements, mais plus encore par sa disponibilité à exercer les charismes de délivrance et de consolation des âmes. Dans notre période vouée au chaos et au matérialisme, la réponse qu’il fit au grand écrivain Marek Halter résonne prophétiquement : « – Pourquoi prêtre ? – Parce que j’ai compris que le désastre n’était pas seulement physique, mais moral. Qu’il fallait reconstruire le monde, certes, mais aussi l’âme de l’homme.»

 

Paru dans Parole et Prière, mars 2019

L’Église dans la fosse à purin…