Dom Jean-Baptiste Porion

Du surnaturel en toute notre vie

 

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« Il y a bien des âmes qui, dans l’Église, s’efforcent de vivre honnêtement et cherchent à se rapprocher d’un certain idéal de pureté morale, mais combien peu savent se tenir élevées dans la foi, soutenues par l’espérance et embrasés de charité, pour participer complètement à la vie que Jésus veut nous communiquer.» Dès l’abord la figure spirituelle de Jean-Baptiste Porion nous place dans la radicalité de notre baptême. Quoi d’étonnant de la part d’un chartreux, amoureux du silence et de la prière ?

 

Nous attendons de nos frères moines et de nos sœurs moniales, par le choix résolu qu’ils ont accepté du rude combat de la vie contemplative, qu’ils nous recentrent par leur exemple et leurs enseignements sur l’essentiel : notre vie en Jésus. « Ne nous contentons pas de quelques actes de piété au commencement et au cours de nos journées. De telles pratiques ne constituent pas une Vie : ce nom suppose une activité permanente, continue. Or Notre Seigneur veut être notre vie :  » Je suis la Vie. » (Jean 11, 25) C’est donc sans cesse qu’il faut adhérer à Dieu. Jésus ne nous demande pas tel geste ou telle formule de piété ou de dévotion : Il nous demande tous nos instants, toutes nos forces, toute notre âme pour nous faire, en échange, commencer ici-bas notre vie éternelle.»

 

Alors que le monde nous plonge sans cesse dans le divertissement, nous pousse par toutes sortes de tentations à vivre comme hors de nous-mêmes, l’enseignement des contemplatifs nous oblige à élever nos regards vers la réalité surnaturelle qui transcende nos vies :  « Ce que j’ai considéré jusqu’ici comme obstacle sera dès maintenant un moyen : tentations, distractions, difficultés intérieures et extérieures. Jusqu’ici tout cela m’a arrêté et découragé ; dès maintenant tout cela me servira de tremplin pour m’élever vers Dieu en me dégageant de la créature. Je n’y verrai plus qu’une invitation pressante à m’unir davantage à mon Dieu par un acte de foi, de confiance, d’amour et d’abandon. Ces choses pénibles seront des grâces puisqu’elles me forceront à sortir de moi-même pour ne plus vivre qu’en Dieu. Si jusqu’ici l’empressement et la préoccupation ont dominé dans ma vie, maintenant je vivrai dans un esprit de confiance et d’abandon.»

 

Paru dans Parole et Prière, n°113, novembre 2019

Pierre-Joseph de Clorivière

Un Jésuite face à la révolution

 

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« Quoique la destruction totale de la religion chrétienne soit le but principal que se proposent, dans la Révolution présente, les puissances des ténèbres, ainsi que les agents en chef dont elles se servent pour l’opérer, cependant c’est avec le soin de ne pas montrer au grand jour cette intention perverse. »

Avec ces quelques lignes, on ne peut pas dire le père de Clorivière, soit un grand soutien de la révolution française ! Déjà dans la période prérévolutionnaire, il a vu son ordre (les Jésuites) expulsé de France par le roi, puis interdit d’exister par le pape lui même. Quand la révolution éclate, il en discerne avec clarté les objectifs anti chrétiens. Pourtant, loin de fuir, malgré même les propositions du premier évêque américain de rejoindre le nouveau monde, c’est en France qu’il veut combattre, au risque de sa vie.

Il devra vivre caché, recherché. Il subira même la prison pendant cinq années sous le Consulat. Malgré ce qu’il perçoit des fondements anti catholique de la révolution, il se consacre à l’organisation de groupes de vie religieuse adaptés aux circonstances révolutionnaires de son époque. Ce seront des « religieux dans le monde » ne vivant pas en communauté et ne portant pas d’habit distinctif. Ainsi, avec quelques prêtres, il forme la Société du Cœur de Jésus, ou Prêtres du Coeur de Jésus et, avec la collaboration de Adélaïde-Marie Champion de Cicé, il fonde la Société du Cœur de Marie, ou Filles du Cœur de Marie en 1790.

Son attitude au cours de la révolution est exemplaire pour nous. Le régime politique dans lequel nous vivons se réclame des « valeurs » révolutionnaires, sans avoir jamais eu le courage de la repentance pour ce qu’elles avaient pu engendrer d’horreurs, de persécutions contre la religion et une part importante de la population. Sachons néanmoins, avec intelligence et espérance, à l’image du Père de Clorivière, nous mettre toujours au service de notre pays.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2018

 

Vous reprendrez bien un peu de Bernardins ?

Chronique pour A la source sur KTO.TV du 12 avril 2018

 

Jerzy Popielusko

Le courage de l’amour et de la vérité

 

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« Seule une nation libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut durer et créer pour l’avenir », cette citation de Jerzy Popielusko pourrait, à elle seule, nous servir de guide dans notre propre vie : seule une âme libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut construire son avenir ! La liberté spirituelle c’est de nous savoir attachés à un seul être, par dessus tous les autres amours, Jésus – celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… -. Difficile détachement des nos amours terrestres pour mettre Dieu au-dessus de tout et Lui obéir en tout, quoi qu’il puisse nous en coûter.

Etre amoureux de la vérité n’est pas moins exigeant, surtout dans notre société occidentale où règne en maître un relativisme dogmatique, qui arrive à s’insinuer même dans les intelligences chrétiennes. Etre amoureux de la vérité, c’est comme Jerzy Popielusko accepter de se mettre en danger par amour de Celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». Sommes-nous encore capables d’une telle exigence, nous qui restons si habitués aux accommodements et aux compromissions ? Il est sans doute temps de nous secouer et d’appeler à l’aide saint Jerzy qui sut, lui, donner sa vie pour ceux qu’ils aimaient par amour de la vérité, du Christ.

Il en va, non seulement de notre vie spirituelle intime, mais aussi de celle de notre Patrie: « Malheur à la société dont les citoyens ne sont pas guidés par le courage ! Ils cessent alors d’être des citoyens pour devenir de simples esclaves. Si le citoyen renonce à la vertu du courage, il devient esclave et se cause le plus grand des torts, à lui-même, à sa personne, mais aussi à sa famille, à son groupe professionnel, à la Nation, à l’Etat et à l’Eglise ; même si la peur et la crainte lui font facilement obtenir du pain et des avantages secondaires… »

On ne saurait mieux dire.

 

Paru dans Parole et Prière, septembre 2017

 

 

Pier Giorgio Frassati

Catholique de combat

 

Afficher l'image d'origineDans ces temps où, du fait du calendrier électoral, nous sommes plongés en permanence dans le débat politique, la figure de Pier Giorgio Frassati est bienvenue.

Ce catholique convaincu aurait pu se contenter d’une vie facile, procurée par la réussite professionnelle de son père – fondateur du groupe de presse La Stampa, ambassadeur, etc. Or, très tôt, il conçoit que c’est au nom même de sa foi qu’il doit s’engager dans la société. Il vivra cet engagement à un double niveau : dans l’humilité et la discrétion en servant chaque jour les plus pauvres ; sous la lumière en participant au combat politique. L’ancrage dans une vraie vie de prière, le service des plus pauvres au quotidien, voilà ce qui légitime et crédibilise l’engagement plus politique, plus partisan. C’est déjà une grande leçon pour chacun de nous !

Sur ces fondations, c’est d’un vrai courage politique dont fait preuve Pier Giorgio, qui n’a pas peur de monter au front. Dès septembre 1921, il manifeste avec des amis de la Jeunesse catholique italienne ; il se fait arrêter par la Police et, quand on apprend qu’il est fils d’ambassadeur, refuse d’être libéré de ce fait même. L’année suivante, il est profondément choqué de constater que le Parti populaire italien du démocrate chrétien De Gaspari,  auquel il adhère, s’allie – pour peu de temps en fait – aux fascistes de Mussolini. Et quand le journal auquel il participe finit par adhérer aux idées fascistes, il n’hésite pas et en démissionne.

En quelques mots il nous livre ce qui pourrait nous servir de programme pour nos propres engagements en cette période cruciale pour notre pays :  « Chaque jour, je comprends davantage quelle grande grâce c’est d’être catholique. Malheureux, oui malheureux, ceux qui n’ont pas la foi ! Vivre sans la foi, sans ce patrimoine à défendre, sans soutenir par une lutte de tous les instants la vérité, ce n’est pas vivre sa vie, c’est la gâcher. A nous, il n’est pas permis de vivoter. Nous devons vivre et nous souvenir que, même au milieu de toutes les désillusions de l’existence, nous sommes les seuls qui possédions la vérité. Nous avons une foi à défendre, une espérance, celle de la Patrie pour nous soutenir. Trêve donc à toute mélancolie […] En avant pour le triomphe du Christ dans la société !« 

Chronique parue dans Parole et Prière, janvier 2017