Une usine à fabriquer des saints !

 

Entretien sur le livre La sainteté de A à ZDopez votre spiritualité, avec Jean-Pierre Maugendre pour « TV-Libertés »

 

 

Liens :

https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/la-saintete-de-a-a-z-9791033607953

https://www.tvlibertes.com/

 

 

 

 

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Alphonse de Liguori

Des talents pour Dieu

 

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Un jeune noble napolitain, doué, fortuné, et promis à un avenir mondain et brillant. Voilà la première image qui nous apparaît de saint Alphonse de Liguori. Une grande déception -le jeune avocat perd pour la première fois un procès, dans des conditions iniques- et voilà le moyen dont Dieu se sert pour amener Alphonse vers sa vraie vocation : la prêtrise. Non sans mal, puisque son père commencera par s’y opposer avec force. Oui, contrairement à une idée trop souvent développée, même chez les catholiques, on ne devient pas prêtre parce qu’on n’aurait pas été capable de faire autre chose, ou parce que l’on serait un médiocre autrement…

Dieu veut aussi les meilleurs à son service. Combien de vocations aujourd’hui contrariées, car des familles, même chrétiennes, estiment que cette « profession » n’est pas assez honorable – voire pire, rentable – ? Combien de parents ne formulent-ils pas, à l’image du père de notre saint, cette prière inavouée : que mon fils, qui réussit si bien ses études, ne devienne surtout pas prêtre ?

Il faudra à Alphonse de Liguori abandonner entre les mains de Dieu, les talents que le Créateur avait disposés en lui. Et quels talents !  Homme de littérature, de musique, d’art, moraliste, prédicateur, fondateur… Toute la palette du jeune napolitain se trouve ainsi au service de Dieu, de l’Eglise et des pauvres. Et parmi ces œuvres, notons en particulier dans une époque marquée par le jansénisme, son oeuvre morale, qui lui vaudra de devenir saint patron des confesseurs. Une pensée riche et profonde qui veut d’abord appliquer la miséricorde de Dieu aux âmes pécheresses, et sa bonté par un accompagnement plein de douceur et de charité.

Demandons par l’intercession de saint Alphonse des prêtres « brillants » et des confesseurs plein de zèle et de patience !

Chronique parue dans Parole et Prière, mars 2015

Le Carême et le dentiste

Aïe, ça fait mal !

Avouons-le, nous entrons bien souvent en Carême, comme nous entrons dans la salle d’attente du dentiste – pardon pour ceux d’entre eux qui me lisent ! Certes nous avons mal et nous savons que la délivrance viendra de la main experte du praticien ; mais nous ne sommes pas très heureux d’être là !

Avec le mercredi des Cendres, il en va de même. Dès le début du Carême, nous savons bien que nous souffrons de nos péchés, de notre attachement trop grand aux biens de ce monde, de toutes sortes de lèpres qui nous gangrènent. Et l’appel même du Carême fait – heureusement – resurgir ces souffrances : « Mon Dieu que je suis loin de la sainteté ! » C’est notre première démarche qui est déjà une grâce prévenante du Seigneur : que nous sentions le poids de misère qui est le nôtre. Le psalmiste le dit très bien : malheur au pécheur qui ne voit plus son péché.

Reconnaître son état de pécheur est le passage obligé pour la conversion  -« Je ne suis pas venu pour les bien-portants…« -. Alors avec toute l’Église acceptons de franchir la porte du « cabinet médical » en ce mercredi des Cendres. Et nous voilà dans la salle d’attente du Carême, attendant avec un peu de crainte, mais aussi avec espoir, que ces quarante jours nous apportent délivrance, persévérance, conversion, guérison et résurrection !

Nous le savons, les instruments du dentiste nous ferons un peu mal. Les moyens de conversion mis à notre disposition par notre Mère l’Église doivent aussi nous violenter quelque peu : aumône, partage, jeûne, prière et pénitence doivent nous coûter. C’est le prix de notre guérison intérieur. C’est bien ce cheminement ardu auquel nous invite l’Église durant quarante jours. Courage. En marche !

Chronique parue dans Parole et Prière de mars 2011

Charles de Foucauld

Chercheur d’Absolu !

 

 

Dans la forte personnalité de Charles de Foucauld beaucoup d’aspects peuvent nous attirer et nous aider dans nos vies  chrétiennes. L’un d’entre eux me touche tout particulièrement : Charles a été, depuis sa petite enfance si marquée par le malheur et l’austérité, un chercheur d’absolu.

Le Bienheureux Charles de Foucauld vient secouer le « bon  catho estampillé » de sa torpeur, de ses tiédeurs. Certes, à l’image d’un saint Augustin, il s’est d’abord trompé dans sa quête d’absolu, le poursuivant dans une débauche esthétique et provocante. Cette vie de luxure le mènera, tel le fils prodigue, à un dégoût de lui-même et des autres… Il se lancera, éperdu, vers l’aventure extraordinaire de la découverte du Maroc interdit – comme quelques-uns de nos contemporains se lancent dans l’humanitaire ! -. Mais ce n’est qu’auprès de Dieu, grâce à une famille chrétienne et aimante, grâce à la présence providentielle du bon abbé Huvelin, qu’il parviendra à la seule et unique aventure, la plus prodigieuse qui nous soit proposée : devenir ami de Dieu !

Dans cette nouvelle équipée, c’est peu à peu l’appel du désert – géographique, physique, moral, spirituel – qui surgit. C’est le dépouillement du vieil homme, absolu, sans retour en arrière, dans la pauvreté d’une vie en apparence vouée à l’échec. Et c’est ce chemin désertique qui porte, des dizaines d’années après les fruits que nous savons. Mon ami, Charles, aide-moi je t’en prie, à me dépouiller chaque jour un peu plus, conduit-moi avec toi, dans ces déserts où l’on rencontre Dieu, donne-moi la force d’être un chrétien, un vrai, loin des tiédeurs nauséabondes du respect humain qui se cachent sous l’apparence de sagesse humaine, loin des compromis qui se transforment toujours en compromissions. Oui, mon ami Charles, dans ces temps troublés, prie le Seigneur pour que je sois, à mon tour, un chercheur d’Absolu !

Paru dans Parole et Prière, 2011