Pierre-Joseph de Clorivière

Un Jésuite face à la révolution

 

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« Quoique la destruction totale de la religion chrétienne soit le but principal que se proposent, dans la Révolution présente, les puissances des ténèbres, ainsi que les agents en chef dont elles se servent pour l’opérer, cependant c’est avec le soin de ne pas montrer au grand jour cette intention perverse. »

Avec ces quelques lignes, on ne peut pas dire le père de Clorivière, soit un grand soutien de la révolution française ! Déjà dans la période prérévolutionnaire, il a vu son ordre (les Jésuites) expulsé de France par le roi, puis interdit d’exister par le pape lui même. Quand la révolution éclate, il en discerne avec clarté les objectifs anti chrétiens. Pourtant, loin de fuir, malgré même les propositions du premier évêque américain de rejoindre le nouveau monde, c’est en France qu’il veut combattre, au risque de sa vie.

Il devra vivre caché, recherché. Il subira même la prison pendant cinq années sous le Consulat. Malgré ce qu’il perçoit des fondements anti catholique de la révolution, il se consacre à l’organisation de groupes de vie religieuse adaptés aux circonstances révolutionnaires de son époque. Ce seront des « religieux dans le monde » ne vivant pas en communauté et ne portant pas d’habit distinctif. Ainsi, avec quelques prêtres, il forme la Société du Cœur de Jésus, ou Prêtres du Coeur de Jésus et, avec la collaboration de Adélaïde-Marie Champion de Cicé, il fonde la Société du Cœur de Marie, ou Filles du Cœur de Marie en 1790.

Son attitude au cours de la révolution est exemplaire pour nous. Le régime politique dans lequel nous vivons se réclame des « valeurs » révolutionnaires, sans avoir jamais eu le courage de la repentance pour ce qu’elles avaient pu engendrer d’horreurs, de persécutions contre la religion et une part importante de la population. Sachons néanmoins, avec intelligence et espérance, à l’image du Père de Clorivière, nous mettre toujours au service de notre pays.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2018

 

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Guillaume de Saint-Thierry

Amour et vérité se rencontrent

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« Guillaume naquit à Liège vers 1075. De famille noble, doté d’une intelligence vive et d’un amour inné pour l’étude, il fréquenta de célèbres écoles de l’époque, comme celle de sa ville natale et de Reims, en France. Il entra en contact personnel avec Abélard, le maître qui appliquait la philosophie à la théologie, de manière si originale, qu’il suscita de nombreuses perplexités et oppositions » (Benoit XVI).

Au-delà des leçons remarquables de vie spirituelle que Guillaume développe dans ses nombreuses œuvres, au-delà de sa vie monastique passionnée de Dieu, vouée au silence et à la prière, face aux dérives d’Abélard, il n’hésitera pas à entrer en lice.

Pourtant, en 1135, à cinquante ans, il s’était retiré comme simple moine en l’abbaye de Signy, une fondation de Cîteaux dans les Ardennes. L’idéal de cette maison le rapproche de son ami Bernard et lui permet, en le déchargeant de tout souci administratif, de se livrer, comme il écrit, au « fécond repos » de la contemplation. Durant quelques années, il peut vaquer librement aux recherches spirituelles, pour lesquelles il se sent fait. Mais son repos n’a qu’un temps. On parle beaucoup en France de Pierre Abélard, ce grand esprit qui inaugure, en théologie, une méthode assez neuve, vouée à un grand avenir, mais qui n’inspire alors que des craintes assez fondées.

Le sens théologique de Guillaume est heurté par la hardiesse et surtout la logomachie du novateur. Il relève dans ses écrits, puis réfute des propositions erronées ou des abus de langage. Sa Dispute contre Abélard communiquée à saint Bernard, est à l’origine du procès qui aboutit, en 1140, à la condamnation définitive du malheureux professeur. Cet incident nous révèle un Guillaume soucieux d’orthodoxie et nous vaut, de sa part, une vigoureuse apologie de la foi traditionnelle : le Miroir de la foi , l’Énigme de la foi  (traité de la Trinité), un Commentaire sur l’épître aux Romains.

Belle leçon, d’un contemplatif, amoureux de l’Amour, pour nous catholiques, si prompts parfois à nous satisfaire de demies vérités pour ne pas heurter nos amis ou nos relations…

 

Paru dans Parole et Prière, mars 2018

Densifions-nous !

 

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Couverture densification

John Newman

Conscience et obéissance

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Le bienheureux Cardinal Newman, lors du premier Concile œcuménique du Vatican (1869-1870) s’opposa à ce que l’on définisse le dogme de l’infaillibilité du Pape. Il ira même jusqu’à parler d’une « faction insolente et agressive » cherchant à imposer cette définition dogmatique. Et pourtant, faisant preuve d’un grand sens de l’Église, lors de la proclamation définitive de ce dogme, non seulement il ne s’y opposa plus, mais encore, il en prit la défense, à travers un livre, Lettre au duc de Norfolk. Newman indique une voie pour concilier liberté de conscience et obéissance catholique.

Pour lui, la conscience est le propre de la nature humaine. Elle « est une loi de notre esprit, mais qui dépasse à quelque titre notre esprit ; qui nous intime des injonctions« . « N’est-elle pas comme la voix de Dieu qui vient du fond de l’homme et parle à son cœur et qui est distincte en cela de la Voix de la Révélation. Elle est comme un témoin intérieur à nous-mêmes de l’existence de Dieu et de sa loi […] ? La conscience n’est pas qu’un ensemble de principes naturels […]. Elle est une loi de notre esprit qui nous fait des injonctions, qui signifie responsabilité et devoir, crainte et espérance. […] La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ ».

Voici pourquoi l’infaillibilité du pape ne fait nullement violence : « En droit comme en fait, l’autorité du pape repose sur l’autorité sacrée de la conscience« . L’humilité et l’obéissance à l’Église et à ses enseignements sont et resteront des vertus éminentes pour tout baptisé. Certes, j’ai absolument le droit de penser ce que je veux, mais j’ai tout autant le droit – ou le devoir –  d’indiquer à ma conscience que je souhaite néanmoins adhérer à ce que je ne saisi pas totalement ou même à ce qui me déplaît intellectuellement.

Au moment où j’écris ces lignes, nous accueillons un nouveau Pape. Le Pontife François sera différent de Benoit XVI. Il me plaira sur certains points et peut-être me heurtera sur d’autres. Mais c’est le Pape que Dieu s’est choisi pour gouverner son Église. Obéissons-lui. Mieux encore : aimons-le!

Publié dans Parole et Prière de juin 2013