Pauline Jaricot

Aimer et servir

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En 1800, Pie VII est élu Pape. Les relations de la France bonapartiste avec Rome sont tendues et les activités de Propaganda Fide (l’organisme chargé de l’œuvre d’évangélisation) sont bloquées. Avec la largeur d’esprit si caractéristique des « Lumières » (sic), il devient impossible d’aller vers les pays de mission. C’est alors qu’un laïcat catholique prend forme. Il affirme sa foi d’un côté, par le rejet du gallicanisme ; de l’autre, par des œuvres de charité, en particulier envers les nouveaux pauvres nés des ruines de l’Empire napoléonien, et enfin par un engagement missionnaire dynamique empreint d’une grande audace.

Dans ce contexte, au sein de cette église de Lyon si foisonnante,  émerge la figure d’une jeune fille, Pauline Jaricot, dont les pas vont ouvrir des perspectives missionnaires insoupçonnées pour l’Église universelle. Pauline, se dévouera toute sa vie pour les missions, et fera preuve d’une charité inventive et ingénieuse de tous les instants. Malgré tout, elle mourra déconsidérée, spoliée de son œuvre. Quel destin !

L’Église de France vit aujourd’hui l’épreuve du manque de vocations, de la désaffection d’une bonne partie de la jeunesse, d’une certaine fatigue de ses communautés chrétiennes, et d’une déconsidération au sein de la société civile. Pour autant, coopérer à la mission universelle de l’Église serait pour elle une source de renouveau et de dynamisme. Plus on se montre généreux, plus le Seigneur nous comble de grâces. L’avenir de l’Église en France passe certainement par une ouverture toujours plus grande et généreuse à la «coopération missionnaire», plutôt que par le « pillage » des vocations des pays africains ou sud-américains.

Paul Claudel met sur les lèvres de l’aveugle une question qui doit nous interpeller fortement : «Vous qui voyez, que faites-vous de votre lumière ?». Nous qui avons reçu gratuitement la lumière de la foi, que faisons-nous de cette foi? Comme saint Jean-Paul II s’était écrié : « France qu’as-tu fait de ton baptême », nous pouvons demander : « Église de France, qu’as-tu fait de ta mission? » La figure et l’œuvre de Pauline Marie Jaricot sont un modèle de réponse simple, décisive et actuelle.

Chronique parue dans Parole et Prière de décembre 2018

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Honorer ceux de 14-18 pour mieux servir aujourd’hui notre Patrie

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Défendre sa patrie est pour le chrétien une œuvre de charité. Honorer les combattants morts à la guerre est non seulement un devoir de piété filiale, mais plus encore une manière d’accepter avec courage de reprendre le flambeau qu’ils nous ont transmis.

 

article paru sur le site :  https://fr.aleteia.org/

 

 

Ces vers de Charles Péguy (Eve, 1913) semblent appartenir à un monde révolu, et ce n’est pas le spectacle désolant des controverses venues émailler le centenaire de l’armistice de 1918 qui démentira cette impression. 

« Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.»

Il est vrai que l’effroyable massacre de la Première guerre mondiale a poussé les intellectuels européens vers des philosophies pacifistes et antimilitaristes, au point que la défense de la patrie a pu, jusqu’à une période très récente, apparaître comme une valeur réactionnaire, sinon « fascisante », à tout le moins définitivement dépassée.

 

Le chrétien défend sa patrie

Pour les fidèles, le Catéchisme de l’Église catholique (n°2239) est pourtant clair : «L’amour et le service de la Patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité.» Ces lignes n’induisent pas que la Foi catholique serait en elle-même porteuse de valeurs bellicistes ; bien au contraire : on le voit ainsi dans la manière dont, aujourd’hui, les théologiens évitent l’utilisation sémantique de la « guerre juste », les principes en étant saufs. De nombreux auteurs, ethnologues, paléontologues, philosophes, écrivains ou juristes ont cherché à comprendre si la guerre et la violence étaient inscrites au cœur même de l’être humain, et de la société. Pour nous chrétiens, cet état est la conséquence terrible du péché de nos premiers parents, de la destruction de l’harmonie voulue aux origines par le Créateur. Au travers de tant et tant de lettres et de témoignages des poilus de 14-18, on entend la lutte intérieure entre leur volonté de défendre la Patrie et leur aspiration à la paix. Leurs expériences décrivent tout à la fois ce désir de paix, de retour au foyer, l’absurdité de la guerre, mais aussi, la ferme décision de remplir leur devoir de Français, quoi qu’il en puisse coûter. Le saint prêtre Daniel Brottier disait : « Si j’ai fait quelque chose de bien dans ma vie, c’est sur les champs de batailles.» Jésus lui-même, dans sa vie terrestre, exprime l’un de ses plus beaux compliments à un officier de l’armée romaine… d’occupation ! « Je vous le dis en vérité, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi », dit-il à son sujet à ceux qui le suivaient à Capharnaüm (Mt 8.10). La défense de la Cité, par la force armée, n’est pas contradictoire avec le désir de paix universelle que porte le message évangélique. Ainsi poursuit le Catéchisme (n°2310) : « Les pouvoirs publics ont dans ce cas le droit et le devoir d’imposer aux citoyens les obligations nécessaires à la défense nationale. Ceux qui se vouent au service de la patrie dans la vie militaire, sont des serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples. S’ils s’acquittent correctement de leur tâche, ils concourent vraiment au bien commun de la nation et au maintien de la paix.»

 

Un devoir de piété filiale

Laissons donc les controverses benoîtement pacifistes aux oubliettes de l’histoire contemporaine et aux vieilles lunes soixante-huitardes. Un journaliste écrivait il y a quelques jours : « Ne pas placer les commémorations du 11 Novembre sous le signe de la victoire revient à nier la motivation patriotique des soldats français d’alors et à laisser entendre qu’ils sont morts pour rien. » Se pose néanmoins, au moment où nous commémorons la victoire de 1918 la question du pourquoi. Pourquoi commémorer tant de sacrifices consentis ? La première réponse semble évidente : par sens de l’honneur et par respect pour l’héritage reçu. Ainsi le père Doncoeur, célèbre aumônier des tranchées, s’écriait aux lendemain de la Grande Guerre : « Nos morts ont des droits sur nous. Ils exigent autre chose qu’une démarche : un engagement et un don […] Une main vigoureuse nous entraîne au sacrifice, en des modes différents mais également impérieux, et –qui sait ?- peut-être demain à une mort analogue. » Oui c’est un devoir de piété filiale vis-à-vis de ceux qui sont morts, qui ont été blessés dans leur chair et très souvent dans leur âme. Comme le fit Judas Maccabées pour les soldats d’Israël morts au combat : « Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. Mais il jugeait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent avec piété : c’était là une pensée religieuse et sainte. Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés.» (2M 12, 44-45).

 

Reprendre le flambeau

La deuxième réponse est tout aussi impérieuse. À l’heure où nos pays européens, et la France notre patrie, sont confrontés à une nouvelle guerre totalitaire, face à l’islamisme combattant, il est du devoir de chacun d’entretenir la mémoire des héros passés, mais plus encore de relever les défis à venir. Or, pour ce faire, il importe que chaque citoyen sache quelles valeurs, quelles vertus, quelle société valent la peine d’y sacrifier son bien le plus cher : sa propre vie. Commémorer n’est donc pas seulement regarder avec respect et émotion le passé glorieux des soldats de 14-18, mais plus encore, accepter avec courage de prendre le flambeau transmis, de retrouver le sens de la transcendance dans une société qui en manque tant. Cela nécessite ce courage dont parlait si bien le père Jerzy Popielusko : « Malheur à la société dont les citoyens ne sont pas guidés par le courage ! Ils cessent alors d’être des citoyens pour devenir de simples esclaves. Si le citoyen renonce à la vertu du courage, il devient esclave et se cause le plus grand des torts, à lui-même, à sa personne, mais aussi à sa famille, à son groupe professionnel, à la Nation, à l’État et à l’Église ; même si la peur et la crainte lui font facilement obtenir du pain et des avantages secondaires… ».

Lettre à un ami évêque

Résultat de recherche d'images pour "bishops in rome"Mon ami évêque,

mon frère dans la Foi, mon père dans l’Église (Cf. S. Augustin : « avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque »), mais surtout j’insiste, mon ami ; te voilà rendu à Lourdes pour votre assemblée plénière de novembre, avec un temps d’automne mélancolique et tempétueux – et je ne parle pas que de la météo… Ces quelques mots voudraient t’encourager, au sens premier : te donner le courage, d’affronter, en vérité et en liberté, les difficultés rencontrées aujourd’hui par notre institution ecclésiale en France.

L’une d’elles me semble de nature à corrompre tout l’édifice, car elle tient aux rapports mêmes entre les évêques et les prêtres. Sans doute est-il temps de les rééquilibrer.  Cela veut dire déjà repenser le ministère de l’évêque dans l’humilité, après l’hubris qui a saisi ce corps épiscopal à la faveur d’un certain « hyper épiscopalisme », que l’on peut rencontrer dans les textes du concile Vatican II. La seule réception de l’épiscopat ne fait pas de vous des sur-hommes, et surtout des compétents en tout. Savoir accepter que de « simples » prêtres puissent être plus compétents en tel ou tel domaine n’entame en rien le ministère particulier de l’évêque. J’ai même le sentiment que cela rejoint le projet du Pape François quand il parle de la synodalité !  Sans doute faudrait-il aussi, pour vous aider, créer une véritable formation des évêques. On ne s’invente pas DRH, gestionnaire, chef, magistrat… du jour au lendemain. Il serait bien nécessaire enfin de repenser la place de la « parole épiscopale ».

voir aussi : L’Église  a-t-elle encore le droit à la parole ?

Mais cela veut dire aussi repenser la spécificité du prêtre diocésain comme collaborateur. Pas au sens où l’entendent les hommes politiques ou les « managers ». Le prêtre diocésain est, en quelque sorte, la présence « réelle » de l’évêque sur une portion de territoire donnée. Il est comme envoyé, donné, à tout un peuple, y compris les non baptisés d’un territoire. C’est de cette spécificité qu’il tire sa joie et plus encore son dynamisme missionnaire. Ce  peuple devient alors sa communauté naturelle (et non, ce n’est pas le presbyterium). Obliger les prêtres diocésains à vivre en communauté est une absurdité qui voudrait  reproduire le « système séminaire » (trop souvent un  système de pouvoirs et de violences), ou bien singer les véritable vies communautaires de nos frères religieux. Encore une fois : le prêtre diocésain trouve sa joie dans son intimité avec Jésus, dans la fraternité avec ses confrères, dans sa filiation avec son évêque… mais surtout dans ses liens profonds avec le peuple auquel il est envoyé et totalement donné.

voir aussi : Joie et spécificité du prêtre diocésain

Une réforme de la manière de vivre l’épiscopat nécessiterait aussi des formes de « contre  pouvoirs » qui n’existent plus, mais aussi belles et simples que pouvaient l’être les chapitres de chanoines. Dans le domaine du judiciaire, il y aurait urgence à recréer des juridictions indépendantes des évêques, tout particulièrement en matière de droit pénal. Contrairement à ce que semblent penser beaucoup d’évêques (qui voient là une diminution de leur pouvoir) cela les libérerait ! On ne peut pas, surtout en matière pénale, être à la fois celui qui condamne et celui qui accompagne la faiblesse d’un prêtre… Il n’est pas sain, même pour lui, que le simple fait d’être évêque donne tous les pouvoirs y compris dans le domaine des biens matériels qui ne sont évidemment pas sa propriété (ce que beaucoup de tes confrères évêques donnent l’impression de croire) mais celle d’une Église particulière dont ils sont serviteurs… temporaires.

Les évêques, réunis à Lourdes, poseraient un acte prophétique très fort en demandant pardon aux prêtres de la manière dont ils ont été traités par le pouvoir épiscopal, depuis la fin de Vatican II. Je pense, entre autres, aux innombrables prêtres qui ont été martyrisés par les curies  épiscopales, en particulier dans la mise en œuvre de « l’esprit du concile ». Il y a sur cette sombre page de l’histoire de l’Église de France une omerta. Seule la vérité rend libre. Demander pardon aussi pour n’avoir pas su gouverner convenablement le peuple de Dieu, n’avoir pas su écarter les brebis galeuses et donc faire porter aujourd’hui l’opprobre de la pédophilie sur tous les prêtres. Pardon des évêques car pas assez à l’écoute, ils alimentent sans le vouloir les soupçons. Cela veut dire aussi réfléchir sur le relâchement des mœurs du clergé (rien de nouveau sous le soleil) mais surtout la complaisance et le laxisme dont les curies épiscopales ont fait preuve en ce domaine. La crise pédophile n’est que l’arbre hideux qui cache (mal) la forêt des abus spirituels en tout genre et des mœurs relâchées d’une petite partie du clergé.

voir aussi : Église et pédophilie : les supérieurs aussi doivent rendre des comptes

Pédophilie, gestion de crise et hiérarchie catholique

II faut dès maintenant (et dans 10 ans encore plus) repenser notre territorialité. Sur les 15.000 prêtres que comptaient encore la France en 2010, plus de la moitié avaient plus de 75 ans. Ce qui veut dire (nous sommes en 2018) que dans 5-6 ans, sans vouloir les enterrer trop vite, nous serons 5.000. On ne peut plus avancer comme ça.  Les prêtres sont écartelés ! Sans doute faudra-t-il accepter que l’on  « abandonne » une partie du territoire pour revenir aux fondamentaux : les sacrements. Nul n’ignore que les prêtres font trop souvent tout, sauf exercer leur sacerdoce. Il y a des aumôniers laïcs en hôpitaux (donc pas de sacrement des malades ou presque) ; plus beaucoup de funérailles célébrées et de rencontre avec les périphéries (baptêmes et mariage délégués aux diacres permanents pour la célébration et aux laïcs pour la préparation ; catéchèse déconnectée des prêtres par manque de temps et par soupçon exagéré de pédophilie…). on déconnecte de plus en plus le prêtre de son sacerdoce. L’accompagnement spirituel est souvent délaissé par manque de temps ! Il est temps de sortir des années 70-80… C’est-à-dire de revenir aux fondamentaux : nous sommes faits pour porter le Christ aux autres et annoncer la vérité du Salut en Jésus. Prêcher sur le Salut éternel. Prêcher sur les vertus théologales. Enseigner la Foi. Dispenser les sacrements. Et comme prêtres diocésains, par la réception même du sacrement de l’ordre, être porteurs, en notre faible humanité, du Christ auprès de nos frères humains, chrétiens ou non.

voir aussi : Pédophilie dans l’Église : la désacralisation en cause

Mon ami évêque, vous semblez tous si paralysés par la peur ! Peur de vous mêmes,  peur de vos prêtres, peur du peuple, peur des journalistes… et sans doute peur de vous confronter au monde moderne. Avez-vous collectivement réalisé que 98% des Français vivent sans vous connaître, sans connaître l’Église et le Christ… à part pour ânonner l’amalgame médiatique terrible « pédophilie = prêtre » ? Il est temps de sortir de la peur. Sortir des schémas préconçus, sortir des petits cercles choisis, sortir du confort des assemblées filtrées par les soins des services de la CEF, sortir de « l’ecclésio-polico-culturellement correct » (ça s’appelle juste la langue de buis !), sortir de vos évêchés, de vos réunions, de l’entre-soi confortable. Aller à la rencontre du monde… prendre des coups, en donner, ouvrir le dialogue, savoir le fermer, ouvrir sa gueule, savoir aussi la fermer, bouffer et boire avec les gens (les 98% qui ne viennent pas…. pas seulement les 2% habituels, qu’on aime bien aussi pourtant). Bref, vivez ! Respirez la joie de vivre : faire un bon repas, raconter des blagues, éclater de rire, ne pas se prendre au sérieux, mais faire ce qui le mérite avec sérieux…

Mon ami évêque, les temps sont durs. Je te connais et je sais aussi tous les doutes qui t’assaillent. Ta détresse humaine ou spirituelle parfois. Ton amertume quand des prêtres, comme moi, te semblent trop exigeants, ingrats, enfants gâtés. Ces quelques mots, dont tu as bien compris qu’ils se voulaient volontairement provocants,  ne sont là que pour exprimer à quel point l’on compte sur vous, à quel point l’on vous aime bien malgré tout : parce que sans vous, le service du Christ, de son Église et du peuple ne serait tout simplement pas possible.

« Duc in altum » !

 

+ Dimanche 4 novembre 2018

« oui, le célibat consacré est une croix »

Article paru sur le site de La Croix, le mercredi 17 octobre 2018 – https://www.la-croix.com/

 

Refuser d’évoquer dans l’Église la frustration affective et sexuelle qu’implique le célibat consacré est un véritable déni du réel. Ce n’est qu’en nommant les choses et en acceptant librement cette croix, que les consacrés pourront rendre ce sacrifice pleinement fécond.

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L’actualité a remis au premier plan la question du rapport de l’Église avec la sexualité. D’abord d’une manière désastreuse avec la multiplication des affaires de pédophilie sur fond d’homosexualité en son sein ; ensuite d’une façon marginale certes, mais plus heureuse, dans les débats qui se déroulent ces jours-ci au Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, réuni à Rome à la demande du Pape François. Se pose ainsi avec acuité le problème des vocations religieuses et sacerdotales et celle du célibat consacré. Or, en interne, à l’exception de louables efforts, le discours généralement tenu reste trop souvent encore, de l’ordre du mystico-gélatineux, de l’à-peu-près psychologique, et un déni de la dure réalité que constitue l’appel à la continence parfaite et à la chasteté.

« C’est trop cool ! Quand on est prêtre ou religieux on n’est surtout pas coincé et encore moins frustré ! Oui, tu rencontreras des difficultés, mais plus tu aimeras Jésus et ton prochain et plus tu seras porté dans le célibat. Ta vie sera un long cœur à cœur affectif avec Jésus…» Ces propos lénifiants de l’institution ecclésiale visent à ne pas effrayer les candidats éventuels. Pourtant, ils ne sont pas à la hauteur de la gravité extrême de la crise pédophile, arbre hideux qui cache la forêt des mœurs relâchées d’une partie du clergé facilitées par le laxisme de l’autorité ecclésiale. Ils ne sont pas dignes non plus du respect dû aux intelligences et aux âmes des jeunes qui réfléchissent à un éventuel engagement religieux ou sacerdotal. L’expérience bimillénaire des saints, les écrits des théologiens et des mystiques, enseignent le contraire de cette séduisante thèse d’une conciliation possible entre la satisfaction affective et sexuelle, entre l’épanouissement humain total et le célibat consacré. A l’évidence, ce dernier reste une écharde, un objet de scandale pour le monde, une souffrance pour celui qui le vit, mais aussi un appel à voir plus haut vers le Royaume des Cieux. Les paroles mêmes du Christ l’attestent (Mt 19,12) : « Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne.» On ne sache pas que l’eunuchisme fût un état désirable. Même dans l’antiquité !

C’est ce que rappelle, avec grande force, le jésuite Albert Chapelle, dans un livre peu égalé, Sexualité et sainteté (1977). « Qui n’accepte pas de ressentir le célibat de manière douloureuse ne sait pas ce qu’est le célibat. Le célibat appauvrit au niveau pulsionnel ; le célibat est renoncement au complément d’humanité qu’un partenaire de vie peut apporter. L’eunuchisme est centré sur le mystère pascal : y ressuscite qui en est mort », souligne le théologien. Renoncement volontaire à un complément d’humanité, le célibat consacré entraîne qui veut y vivre à une véritable mort de la sensualité, ô combien exigeante pour la sexualité masculine, et à une mort de l’affectivité, que ressentent  sans doute davantage les femmes en renonçant à la maternité. Qu’on ne cherche surtout pas en ce domaine à minimiser la frustration profonde qui en découle. « Dans le célibat volontaire (…) la sexualité est vécue comme une plénitude et comme une frustration. Une frustration douloureuse, car c’est en vain (frustra) que l’affectivité surprise par le désir, éprise de solitude ou de communion voudrait avoir prise sur cette transcendance qui l’encombre et la travaille », note encore le père Chapelle.

Il est de notre devoir de dire, avec courage, la vérité du prix à payer, aux jeunes qui voudraient s’engager, sur l’appel du Seigneur, dans le célibat consacré.  A moins de chercher soi-même à se leurrer… et pire encore à entraîner dès lors des âmes dans un choix intenable. L’acceptation volontaire de cette frustration nécessite précisément qu’elle soit perçue, nommée, étudiée et surtout pas récusée ou ignorée. La frustration ainsi vécue est à l’opposé de l’aliénation ; elle devient alors, dans un complexe paradoxe, source de souffrance et de vie, car elle est un appel au dépassement, un élan de vitalité vers un « ailleurs ». C’est ainsi que, depuis notre naissance, la frustration de la complétude intra utérine est à la fois source de souffrances, mais aussi capacité de dépassement et d’aller de l’avant dans notre vie. Oui, le célibat consacré est une croix, plus encore, c’est une passion et une mort choisies avec Jésus, pour pouvoir, un jour, ressusciter avec Lui. Dans l’incarnation et dans le quotidien, il est bien sûr source de frustrations et de désirs inassouvis. Il est aussi porteur de fécondité, de vie et d’élan. Dès ici-bas, une forme de résurrection est ainsi déjà promise au consacré par le Christ, au cœur de cette mort ; mais à l’image de celle de Lazare (Jn 11, 1-57), ce n’est pas encore la résurrection définitive. Par cette ré-animation, le Christ invite le consacré à sortir du tombeau de ses passions, à ôter les bandelettes de ses péchés de luxure et à avancer vers la Lumière et la Vie.

Si tel est l’appel reçu de Dieu vers le célibat consacré, les paroles de l’Ecclésiastique (Eccl. 2, 1-5) résonnent alors d’une manière particulière : « Mon fils, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve. Fais-toi un cœur droit, arme-toi de courage, ne te laisse pas entraîner, au temps de l’adversité. Attache-toi à lui, ne t’éloigne pas, afin d’être exalté à ton dernier jour. Tout ce qui t’advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l’or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l’humiliation ». Car le célibat consacré, par la  frustration sexuelle qu’il implique, est bien à vue humaine, une forme d’humiliation. Beaucoup de jeunes hommes le pressentent : seront-ils encore considérés comme de vrais hommes ? Et combien plus les jeunes femmes qui n’auront pas d’enfants ? Sur ce chemin, les tentations ne manqueront pas, dans un monde où l’érotisme règne en maître et où le dévergondage est devenu la règle. Les chutes seront possibles. Voilà ce qu’il convient d’enseigner à de jeunes âmes. Finalement, comme l’écrit Albert Chapelle, « il importe relativement peu que le célibat soit au fil des années vécu dans la tranquillité ou le trouble  sexuel. Il importe absolument qu’il soit vécu dans le Christ Jésus, dans la vérité et l’humilité spirituelles, dans l’union au Dieu de l’espérance et des miséricordes (…). Le célibat trouve sa solidité là où l’homme, humble et pauvre, s’en est remis à Dieu dans les respect de ses propres énergies, de ses déficiences psychiques et spirituelles. A cette heure, l’homme touche Dieu, parce que touché par Lui en son corps et en son cœur : il est transfiguré ».

Le célibat consacré ne peut être réduit à une conséquence disciplinaire de la vocation. Il est un appel spécifique lancé par Dieu à mener une vie prophétique, dans l’Église et pour le monde. Il est condition et nécessité pour construire une relation libre avec autrui. Dans la réponse généreuse à cet appel reçu, le consacré trouve, au cœur de la croix perçue, vécue, acceptée, la source de la fécondité apostolique, et plus encore une véritable joie. Non pas une joie émotionnelle, sentimentale, purement humaine ; mais cette joie des Béatitudes que promet le Seigneur Jésus (Mt 5): « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! (…) Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous ». C’est donc en partant d’une juste et courageuse anthropologie du célibat consacré, dans un appel eschatologique plein d’espérance, avec la confiance en l’infinie Miséricorde de Dieu, que, porté par cette dimension prophétique, le consacré vivra pleinement de la joie de son Maître, passant comme Lui de mort à Résurrection. Puisqu’il permet ainsi le don de soi à Dieu, à l’Église, au monde et à autrui, le célibat demeure certes une croix… mais surtout pas un calvaire.

Père Jérôme

Un phare dans la nuit

 

Image associéeLa découverte, tout jeune homme, des premiers écrits du Père Jérôme, publiés par son disciple le Père Nicolas, fut un éblouissement et contribua beaucoup à la fortification de ma vocation sacerdotale.C’est donc peu, de dire à quel point je recommande la lecture de ce grand maître de la vie spirituelle. La biographie, fort réussie, que lui a consacrée Anne Bernet (éditions du Cerf) permet de suivre, pas à pas, la consécration d’un jeune homme suisse, puis d’un moine trappiste, à une unique aventure : celle de la prière, de l’amitié avec le seul Ami, Jésus.

Plus encore, la lecture, des écrits de Père Jérôme nous entraîne, à sa suite, dans cette œuvre laborieuse de toute vie chrétienne : bâtir son intimité spirituelle, dans le silence, la prière et la contemplation.  Père Jérôme ne se paye pas de mot, et dans les sages conseils qu’il prodigue au jeune père Nicolas, le premier de tous est de lui apprendre l’âpreté de la vie spirituelle et de prière. Vivre un « cœur à cœur » avec le Christ, c’est vouloir tenir dans ses bras Celui qui est insaisissable – Car toujours dure longtemps, 1986. Pas de mensonge sous la plume de celui qui en sait le prix et en avertit son jeune ami. Deuxième leçon, sur ce rude chemin, il est nécessaire de trouver un père, des maîtres et des amis ; on ne peut s’y aventurer seul et sans guide, comme dans les montagnes qui furent chères au jeune suisse – L’art d’être disciple, 1988. Seul un homme qui accepte la solitude du silence et les combats les plus concrets qu’elle exige, peut entrer dans la paix de l’intimité divine – Vigilant dan la nuit, 1995.

Pas un jour je n’ai regretté la rencontre, par les livres,  de Père Jérôme, il est devenu au fil des ans un véritable père, un premier de cordée, bien souvent dans les moments de doute un phare qui éclaire mes propres nuits, et dont les rayons chassent en partie les peurs et les découragements. Merci à Dieu d’avoir placé en ce siècle un tel témoin. Merci à ses frères trappistes de nous en conserver et livrer l’héritage.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, septembre 2018

Église et pédophilie : les supérieurs aussi doivent rendre des comptes

Entretien pour le site Boulevard Voltaire

 

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Boulevard Voltaire :

Sur votre blog[1] ou dans votre chronique mensuelle pour la télévision KTO[2], vous avez fait partie des quelques prêtres qui ont eu une voix forte pour dénoncer non seulement la pédophilie mais la mauvaise gestion de celle-ci dans l’Église. Que pensez-vous de la toute récente lettre[3] du Pape François adressée à tous les fidèles ?

CV

A mon sens, il s’agit d’abord, au sens technique, d’une communication de crise. L’affaire épouvantable de l’Église catholique en Pennsylvanie (plus de trois cents prêtres incriminés aux États-Unis) exigeait une réponse forte. Le Pape avait déjà écrit une lettre – pas assez commentée malheureusement – aux fidèles chiliens [4]. Dans cette dernière lettre le Pape insiste sur le fait que les fautes de quelques-uns rejaillissent sur tous, et que les souffrances des victimes font souffrir aussi tout le corps de l’Église. Pour le Pape, la réponse n’est pas que l’affaire des autorités mais de toute le Peuple de Dieu :  » L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. » Comme beaucoup de prêtres, je reste pourtant encore déçu. Au-delà des paroles et des lettres, nous voudrions enfin des actes forts, à la hauteur des enjeux, non seulement dans l’accompagnement des victimes, mais aussi dans la justice, c’est-à-dire des sanctions sévères pour les coupables et pour les supérieurs qui n’ont pas su, ou pas voulu, prendre leur responsabilité.

BV

Pourtant beaucoup a été fait ? Ne craignez-vous pas de jeter l’opprobre sur tous les évêques avec de tels propos ?

CV

S’il y a, dès aujourd’hui, amalgame affreux et opprobre, ce ne sont pas les évêques qui en souffrent, mais les simples prêtres. C’est une triste réalité objective : dans l’opinion publique, désormais, tout prêtre est considéré comme un pédophile en puissance. C’est atroce. Ce sont les supérieurs qui sont responsables, par leur manque de clarté, de vigilance et de courage, de cette situation. Il est donc normal qu’ils en portent leur part de responsabilité. Une partie de la défiance actuelle dans l’Église vient de ce que, trop souvent, ces supérieurs ne rendent pas de comptes, qu’ils semblent intouchables et irresponsables.

BV

Mais y aurait-il des solutions efficaces à mettre en œuvre ?

 CV

Je ne suis qu’un simple prêtre – qui plus est aumônier militaire !- ; mais cela dit deux éléments me semblent de nature à être mis en œuvre rapidement. Tout d’abord que le Pape crée une instance indépendante, chargée de juger les évêques et les supérieurs religieux, dotée de larges pouvoirs et capable d’entrer en relation aussi avec les autorités judiciaires civiles. La composition de cette instance doit être telle, qu’aucune influence cléricale ne puisse s’y faire sentir pour camoufler, minimiser, les faits. Cette instance, rendant compte directement au Pape, devrait rendre ses conclusions publiques. Il existe déjà aujourd’hui des procédures spécifiques romaines pour juger les clercs auteurs d’actes pédophiles. Il s’agit désormais de juger ceux qui n’ont pas pris les bonnes décisions et ont ainsi mis en danger des innocents et plus largement la vie de l’institution. Cela doit se traduire, dans les faits, par des démissions et des peines canoniques publiques. Par ailleurs, plus en amont, il y a sans doute à réformer en profondeur la procédure de choix (trop souvent de cooptation) des évêques. On ne peut continuer à choisir des évêques avec des procédures qui remontent souvent au XVIIIe siècle ! Les progrès des sciences humaines devraient évidemment intervenir, comme cela se fait dans beaucoup de milieux professionnels, en particulier au travers de tests psychologiques très performants aujourd’hui.

BV

A ce propos, en France, un prêtre a lancé une pétition afin de demander au Cardinal Barbarin de démissionner.

CV

Il ne m’appartient pas de juger le cardinal Barbarin. Le fait que ce prêtre – canoniste, c’est-à-dire spécialiste du droit de l’Église – lance cette pétition, montre l’ampleur du désarroi chez beaucoup de prêtres, face à ce qui apparaît comme mollesse ou inaction de nos prélats dans ce domaine. Pour ce que je sais de l’affaire Preynat/Barbarin, je peux comprendre que l’on estime incohérent de la part de l’évêque de Lyon de n’avoir pas, de lui-même, renoncé à sa charge après tant d’erreurs commises. Peut-être l’a-t-il proposé au Pape ? Peut-être celui l’a refusé. Cela pose quand même question.

BV

Une dernière question: pensez-vous que la crise sera durable et profonde ?

CV

Oui, je le crains…

Profonde certainement, car c’est la confiance du Peuple de Dieu envers ses pasteurs (les prêtres, les évêques) qui est remise en cause, sur des faits d’une ampleur et d’une gravité exceptionnelles. Toute forme de relativisation en la matière est d’ailleurs odieuse pour les victimes.

Durable. Cela pourrait l’être moins, si des mesures énergiques, concrètes, si des sanctions publiques et réelles (déplacer un clerc de poste n’est pas une sanction aux yeux du public, bien au contraire cela s’apparente à de la protection de coupable !) sont prises. C’est tout l’enjeux actuel.

Quand le Saint-Père nous invite aujourd’hui au jeûne et à la prière, c’est dans cet esprit : que par nos sacrifices, nous nous rendions proches des victimes et implorions la miséricorde de Dieu ; qu’à nos prières, Dieu donne à son Église courage et force pour accomplir les réformes nécessaires, quel qu’en soit le prix.  » La pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux (…). Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. » Il en va de la crédibilité de notre témoignage. Il y a urgence.

 

 

Notes :

[1] https://blogdupadrevenard.wordpress.com/2017/03/21/pedophilie-gestion-de-crise-et-hierarchie-catholique/

[2] https://blogdupadrevenard.wordpress.com/2017/03/31/pedophilie-de-quoi-parle-t-on/

[3] https://eglise.catholique.fr/vatican/messages-du-saint-pere/459286-lettre-pape-francois-peuple-de-dieu/

[4] https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Actes-du-pape/lettre-pape-Francois-catholiques-chiliens-2018-06-04-1200944296

article paru sur Boulevard Voltaire

http://www.bvoltaire.fr/abbe-christian-venard-au-dela-des-paroles-et-des-lettres-nous-voudrions-enfin-des-actes-forts/

Pierre-Joseph de Clorivière

Un Jésuite face à la révolution

 

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« Quoique la destruction totale de la religion chrétienne soit le but principal que se proposent, dans la Révolution présente, les puissances des ténèbres, ainsi que les agents en chef dont elles se servent pour l’opérer, cependant c’est avec le soin de ne pas montrer au grand jour cette intention perverse. »

Avec ces quelques lignes, on ne peut pas dire le père de Clorivière, soit un grand soutien de la révolution française ! Déjà dans la période prérévolutionnaire, il a vu son ordre (les Jésuites) expulsé de France par le roi, puis interdit d’exister par le pape lui même. Quand la révolution éclate, il en discerne avec clarté les objectifs anti chrétiens. Pourtant, loin de fuir, malgré même les propositions du premier évêque américain de rejoindre le nouveau monde, c’est en France qu’il veut combattre, au risque de sa vie.

Il devra vivre caché, recherché. Il subira même la prison pendant cinq années sous le Consulat. Malgré ce qu’il perçoit des fondements anti catholique de la révolution, il se consacre à l’organisation de groupes de vie religieuse adaptés aux circonstances révolutionnaires de son époque. Ce seront des « religieux dans le monde » ne vivant pas en communauté et ne portant pas d’habit distinctif. Ainsi, avec quelques prêtres, il forme la Société du Cœur de Jésus, ou Prêtres du Coeur de Jésus et, avec la collaboration de Adélaïde-Marie Champion de Cicé, il fonde la Société du Cœur de Marie, ou Filles du Cœur de Marie en 1790.

Son attitude au cours de la révolution est exemplaire pour nous. Le régime politique dans lequel nous vivons se réclame des « valeurs » révolutionnaires, sans avoir jamais eu le courage de la repentance pour ce qu’elles avaient pu engendrer d’horreurs, de persécutions contre la religion et une part importante de la population. Sachons néanmoins, avec intelligence et espérance, à l’image du Père de Clorivière, nous mettre toujours au service de notre pays.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2018