Père Jérôme

Un phare dans la nuit

 

Image associéeLa découverte, tout jeune homme, des premiers écrits du Père Jérôme, publiés par son disciple le Père Nicolas, fut un éblouissement et contribua beaucoup à la fortification de ma vocation sacerdotale.C’est donc peu, de dire à quel point je recommande la lecture de ce grand maître de la vie spirituelle. La biographie, fort réussie, que lui a consacrée Anne Bernet (éditions du Cerf) permet de suivre, pas à pas, la consécration d’un jeune homme suisse, puis d’un moine trappiste, à une unique aventure : celle de la prière, de l’amitié avec le seul Ami, Jésus.

Plus encore, la lecture, des écrits de Père Jérôme nous entraîne, à sa suite, dans cette œuvre laborieuse de toute vie chrétienne : bâtir son intimité spirituelle, dans le silence, la prière et la contemplation.  Père Jérôme ne se paye pas de mot, et dans les sages conseils qu’il prodigue au jeune père Nicolas, le premier de tous est de lui apprendre l’âpreté de la vie spirituelle et de prière. Vivre un « cœur à cœur » avec le Christ, c’est vouloir tenir dans ses bras Celui qui est insaisissable – Car toujours dure longtemps, 1986. Pas de mensonge sous la plume de celui qui en sait le prix et en avertit son jeune ami. Deuxième leçon, sur ce rude chemin, il est nécessaire de trouver un père, des maîtres et des amis ; on ne peut s’y aventurer seul et sans guide, comme dans les montagnes qui furent chères au jeune suisse – L’art d’être disciple, 1988. Seul un homme qui accepte la solitude du silence et les combats les plus concrets qu’elle exige, peut entrer dans la paix de l’intimité divine – Vigilant dan la nuit, 1995.

Pas un jour je n’ai regretté la rencontre, par les livres,  de Père Jérôme, il est devenu au fil des ans un véritable père, un premier de cordée, bien souvent dans les moments de doute un phare qui éclaire mes propres nuits, et dont les rayons chassent en partie les peurs et les découragements. Merci à Dieu d’avoir placé en ce siècle un tel témoin. Merci à ses frères trappistes de nous en conserver et livrer l’héritage.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, septembre 2018

Publicités

Père Marie-Antoine de Lavaur

L’apôtre du Midi

Résultat de recherche d'images pour "Marie antoine de lavaur"

Découvrir la vie et la personnalité de Léon Clergue, en religion père Marie-Antoine de Lavaur, c’est partir à la découverte de plusieurs vies dans une seule vie d’homme, tant il se donna sans réserve, et dès son plus jeune âge, à l’apostolat. Déjà prêtre, c’est à Saint-Gaudens qu’il entend l’appel de saint François. Il revêt l’habit de l’ordre des Frères mineurs capucins au noviciat de Marseille le 13 juin 1855, et l’année suivante prononce ses vœux solennels. Presque aussitôt, les supérieurs lui confient le ministère de la prédication. Il est envoyé à Toulouse dès 1857. Il parviendra à y édifier, en 1861, un couvent de capucins. Natif d’une famille très religieuse de Lavaur, il manifeste un tel charisme qu’on lui attribue toutes sortes de  miracles ! Les nombreuses missions -plus de 700 répertoriées – qu’il prêche le font nommer « l’Apôtre du Midi ». Ses prédications puissantes produisent des fruits extraordinaires, attirent les foules dans les églises.

Mais ce qui marque sans doute le plus, ce sera sa conviction profonde, dès les débuts, de la véracité des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette à la grotte de Lourdes. Le père Marie-Antoine va soutenir Bernadette Soubirous, qui affrontait l’incrédulité en racontant les apparitions de la Vierge ! Très tôt, il organisa aussi des processions dans la cité mariale – il est ainsi à l’origine des processions aux flambeaux, des processions du Saint-Sacrement avec les malades.

De lui on dit : « Pour parler de Marie, il lui suffisait d’ouvrir son cœur ». Écoutons-le donc :  « Je suis l’Immaculée-Conception. Cette grande parole est une parole de transfiguration, et c’est pour nous qu’elle a été prononcée. Pieux pèlerins, réjouissez-vous. En la prononçant, Marie a voulu dire : Mes enfants, soyez saintement fiers, ce privilège exceptionnel et si glorieux, votre Mère du ciel veut le partager avec vous ! L’enfant ne doit-il pas ressembler à sa mère ? Et tout ce que possède la mère ne devient-il pas son héritage ? Vous êtes venus les yeux pleins de larmes, vous étiez les fils d’Ève, la coupable, la malheureuse mère et, hélas ! vous portiez sa ressemblance, vous aviez pour héritage la douleur. Maintenant, plus de larmes, plus de deuil, plus de tristesse. Voici que tout est renouvelé, tout est transfiguré. Vous n’êtes plus les fils d’Ève, vous êtes les fils de l’Immaculée-Conception ! Vous êtes venus tristes de vos demeures, rentrez maintenant joyeux et triomphants.« 

 

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2017

Marcel Van

Une simple prière du cœur

 

 

 

Afficher l'image d'origine

Combien de fois, comme prêtre, ai-je entendu des fidèles me confier leur difficulté à prier ou, du moins, à avoir le sentiment qu’ils priaient. Il est vrai que, trop souvent, nous confondons le sentiment de la prière, avec la vraie prière. Or, dans le fond, peu importe notre « affect », notre « ressenti » : cela reste encore du nombrilisme et un retour sur nous-même ; tout le contraire de la prière qui, précisément, est une ouverture du cœur et de l’âme vers Dieu, à Dieu !

Sur ce sujet, Marcel Van a écrit ce texte bien éclairant pour nous : « Je n’avais jamais entendu personne me parler d’une intimité toute spontanée dans les rapports avec Dieu. Cependant au fond de mon cœur, je pensais que l’âme peut être intime avec Dieu en utilisant toutes les manières de lui exprimer son amour, qu’elle peut s’entretenir avec lui en employant n’importe quelles paroles ordinaires selon ses besoins et les circonstances. Naturellement, il n’est pas inutile de réciter des prières ; cependant il arrive que ce ne soit pas aussi profitable qu’une conversation de l’âme s’entretenant doucement avec Dieu en des termes jaillis tout spontanément de son cœur.« 

J’aime conseiller d’instituer en nous ce dialogue intime de tous les instants avec Jésus, avec Marie. C’est finalement si simple : leur parler comme à des amis vivants près de nous, s’intéressant àç tout ce que nous faisons. Laissons-nous donc  happer ainsi par l’esprit d’enfance qui animait, avec tant de fruits spirituels, Marcel Van et sa sœur spirituelle, Thérèse de Lisieux.

Chronique parue dans Parole et Prière, avril 2012

 

 

Le temps de la mission

Afficher l'image d'origine

Les dimanches « en vert » sont de retour ! En effet, après toutes les fêtes pascales, la Pentecôte, toutes ces belles solennités, nous voilà revenus, dans le calendrier liturgique, à ce fameux temps dit ordinaire, avec sa couleur liturgique verte. Pas si ordinaire pourtant, puisque le latin dit Tempus Ecclesiae : temps de l’Eglise ! C’est le temps de la mission, le temps confié par le Christ à son Eglise, pour répandre dans le temps et dans l’espace, la Bonne Nouvelle du Salut. Il est vrai pourtant, que ce temps nous confronte à une certaine quotidienneté de la vie chrétienne.

Toute notre existence ne peut se consumer en continuels « moments forts ». Le Christ et son Eglise nous invitent à vivre dans la persévérance et dans l’humilité du « jour-après-jour », notre foi, notre espérance, notre charité. Pour nombre d’entre nous, le mois de juillet marque le début des vacances ou, à tout le moins, de la période estivale. C’est le moment ou jamais, de vivre cette expérience de la présence, au quotidien, de Dieu et de son amour dans notre vie : prendre enfin du temps avec Lui, dans une vie moins trépidante, plus équilibrée.

Notre revue s’inspire plus spécialement de saint Bonaventure pour ce mois. Je ne retiendrai que son nom : Bonne Aventure ! Et si nous faisions de notre vie vie une aventure spirituelle, toute tendue vers l’union mystique de paix et d’amour avec Dieu – cf. s. Bonaventure dans L’itinéraire de l’âme vers Dieu – ? Cherchons sans relâche notre Amour, ce Jésus qui se découvre dans l’humilité de chaque jour, comme l’a écrit Christian Bobin dans L’éloignement du monde, « cet art éblouissant qui est le plus grand art : jouir de l’éternel en prenant soin de l’éphémère« .

 

Parue dans Parole et Prière, juillet 2011

11 novembre: « nous devons nous mettre à la hauteur du sacrifice de nos anciens » explique l’abbé Christian Venard

Vendredi, la France commémore la fin de la première guerre mondiale. L’un des conflits les plus meurtriers qu’ait connu l’Hexagone dans son histoire avec 1,4 million de morts.

Source : 11 novembre: « nous devons nous mettre à la hauteur du sacrifice de nos anciens » explique l’abbé Christian Venard

Les saints anges

Faire aimer Dieu

Résultat de recherche d'images pour "anges médiévaux"

Comme il est curieux de noter combien , ces dernières années, le monde s’est préoccupé des anges, pendant que chez nombre de catholiques, la foi en leur existence allait s’affaiblissant. Et que dire de la prière d’intercession envers eux ! Pourtant, en professant le credo, nous proclamons bien un Dieu « Créateur du monde visible et invisible ». En lisant la Bible, nous rencontrons les anges sans cesse. La liturgie de l’Eglise leur fait référence en permanence et leur dédie une fête spéciale pour les Anges Gardiens, et une pour les trois Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël.

Le catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle qu’il s’agit d’une vérité de foi. Dieu a voulu ces êtres, purs esprits, pour peupler le monde invisible, pour Lui rendre gloire, pour chanter ses louanges et se réjouir de sa grandeur ; pour servir de messagers et de serviteurs entre le monde invisible et notre monde visible, comme le montre si bien l’art de la Contre-Réforme – voyez ces anges de pierre qui montent et descendent dans la basilique Saint-Pierre de Rome. A l’existence des anges, vient se joindre une deuxième vérité, c’est la chute, attestée par la Parole de Dieu, d’un grand nombre d’entre eux à la suite du premier de tous, Lucifer, dans une révolte infernale contre le Créateur. Soyons donc bien prudents quant aux esprits qui s’agitent dans les sphères étroites qui partage le visible de l’invisible. Saint Ignace de Loyola a donné l’une des meilleures méthodes de discernement, pour savoir si les inspirations que nous ressentons viennent de bons ou mauvais esprits.

Dans le courant de ce mois d’octobre, pourquoi n’en profiterions-nous pas  pour raviver en nous notre reconnaissance pour cet Ange Gardien que le Seigneur a placé près de nous, afin de nous guider vers son Royaume ? Nous pourrions songer à le prier quotidiennement. Il est pour nous un intercesseur majeur entre Ciel et terre – le saint pape Jean XXIII et tant d’autres saints ont témoigné des grâces reçues par l’intermédiaire de leur ange gardien. Dans ces temps de combats spirituels, où le monde occidental en particulier, semble être sous de bien sombres influences, renouvelons notre confiance envers le Prince de la Milice céleste, comme l’avait demandé Jean-Paul II, lors d’un angélus dominical, en reprenant la prière dite de Léon XIII : « Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat […] et précipitez en enfer Satan et les esprits mauvais qui errent dans le monde pour la perte des âmes.« 

Chronique parue dans Parole et Prière, octobre 2010