L’Église face à la crise

 

Invité en ce lundi de Pâques par le journaliste Jean-Jacques Bourdin, dans son émission « Rien n’est impossible », pour parler de la crise de l’Église.

 

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Une usine à fabriquer des saints !

 

Entretien sur le livre La sainteté de A à ZDopez votre spiritualité, avec Jean-Pierre Maugendre pour « TV-Libertés »

 

 

Liens :

https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/la-saintete-de-a-a-z-9791033607953

https://www.tvlibertes.com/

 

 

 

 

Femmes… je vous aime !

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« Nous devons […] à saint Paul une plus ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Il part du principe fondamental selon lequel pour les baptisés, non seulement « il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre », mais également « il n’y a ni homme ni femme ». La raison est que « tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), c’est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, bien que chacun soit doté de fonctions spécifiques (cf. 1 Co 12, 27-30). » Ainsi s’exprimait le pape Benoît XVI, le 14 février 2007. Évoquer Georgette Blaquières, dont j’ai beaucoup utilisé le livre Oser vivre l’amour dans le cadre de préparations au mariage, permet une brève réflexion sur la place de la femme au sein de notre Église.

Tordons le cou à deux revendications « égalitaristes ». Il est du dépôt révélé que les femmes ne peuvent recevoir le sacrement de l’ordre : « Je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (…), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église » écrivait saint Jean-Paul II en 1994. Quant à offrir plus de postes de gouvernement au Vatican à des femmes, c’est un sujet de vastes discussions. La stricte parité homme-femme dans les gouvernements occidentaux ne semble pas, en tant que telle, porteuse d’une efficacité plus grande. Si le pape François nomme quelques femmes à des postes clefs, c’est pour aider l’Église à poser un regard renouvelé sur notre monde, aux côtés des ministres ordonnés devant la gouverner avec lui.

Le rôle et l’importance des femmes dans l’Église ne peut se satisfaire de mesures « à la mode ». En contemplant la Vierge Marie, aucune misogynie ne saurait tenir. Bien au contraire, l’apport des femmes, en particulier dans la transmission de la foi, dans l’action caritative et dans le domaine de la réflexion théologique est indispensable. Leur intériorité, leur capacité affective, leur sens de la maternité, doivent sans cesse être mis plus à l’honneur. Enfin, sans l’intimité priante de tant et tant de femmes à travers le monde, disciples des heures sombres, fidèles au delà de toute fidélité, mères et sœurs courage pour tant et tant de prêtres et de fidèles, notre Église ne saurait survivre. Mais cela, seul un regard surnaturel permet de le comprendre et d’en rendre grâce au Seigneur.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2018

John Newman

Conscience et obéissance

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Le bienheureux Cardinal Newman, lors du premier Concile œcuménique du Vatican (1869-1870) s’opposa à ce que l’on définisse le dogme de l’infaillibilité du Pape. Il ira même jusqu’à parler d’une « faction insolente et agressive » cherchant à imposer cette définition dogmatique. Et pourtant, faisant preuve d’un grand sens de l’Église, lors de la proclamation définitive de ce dogme, non seulement il ne s’y opposa plus, mais encore, il en prit la défense, à travers un livre, Lettre au duc de Norfolk. Newman indique une voie pour concilier liberté de conscience et obéissance catholique.

Pour lui, la conscience est le propre de la nature humaine. Elle « est une loi de notre esprit, mais qui dépasse à quelque titre notre esprit ; qui nous intime des injonctions« . « N’est-elle pas comme la voix de Dieu qui vient du fond de l’homme et parle à son cœur et qui est distincte en cela de la Voix de la Révélation. Elle est comme un témoin intérieur à nous-mêmes de l’existence de Dieu et de sa loi […] ? La conscience n’est pas qu’un ensemble de principes naturels […]. Elle est une loi de notre esprit qui nous fait des injonctions, qui signifie responsabilité et devoir, crainte et espérance. […] La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ ».

Voici pourquoi l’infaillibilité du pape ne fait nullement violence : « En droit comme en fait, l’autorité du pape repose sur l’autorité sacrée de la conscience« . L’humilité et l’obéissance à l’Église et à ses enseignements sont et resteront des vertus éminentes pour tout baptisé. Certes, j’ai absolument le droit de penser ce que je veux, mais j’ai tout autant le droit – ou le devoir –  d’indiquer à ma conscience que je souhaite néanmoins adhérer à ce que je ne saisi pas totalement ou même à ce qui me déplaît intellectuellement.

Au moment où j’écris ces lignes, nous accueillons un nouveau Pape. Le Pontife François sera différent de Benoit XVI. Il me plaira sur certains points et peut-être me heurtera sur d’autres. Mais c’est le Pape que Dieu s’est choisi pour gouverner son Église. Obéissons-lui. Mieux encore : aimons-le!

Publié dans Parole et Prière de juin 2013