Présidentielle 2017 – entre deux tours

En bonne tactique, ne jamais désespérer

 

 

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Joseph Wresinski

Pauvreté, misère, dignité

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Rien n’est plus terrible que la pauvreté quand elle devient misère. Voilà ce qu’en dit Joseph Wresinski, qui a connu les deux, non seulement pour les avoir accompagnées toute sa vie de prêtre, mais pour les avoir vécues dans sa chair, dès son plus jeune âge. « La pauvreté, le dénuement matériel, l’oppression infligée par plus fort que soi, sont difficiles à supporter. Mais est proprement insoutenable le mépris, le rappel perpétuel d’être un inférieur et totalement inutile. Est intolérable d’être traité, même par ses proches, comme un homme sans dignité […] La différence entre la pauvreté et la misère est là. L’homme misérable est dans une situation insupportable, tenu pour quantité négligeable ou même pis : pour un être néfaste qui n’aurait jamais dû naître, alors qu’au plus profond de lui il sait qu’il est pourtant un homme. Vouloir la dignité, rêver d’être quelqu’un et se le voir refuser […] c’est cela la misère« .

Force est de constater, à la lumière de la sociologie, que le catholicisme français s’est « embourgeoisé », au cours des cinquante dernières années, et que les classes sociales économiquement les plus faibles, en ont quasiment disparu. Diverses raisons en sont la cause. Cela devrait pourtant nous poser de vraies questions. Certes, des mouvements catholiques ou chrétiens, dont ATD-Quart Monde fondé par le père Wresinski, ou le Secours catholique, et tant d’autres, œuvrent sur le terrain. Mais que faisons-nous tous pour tendre la main aux plus pauvres, aux miséreux ? Pour leur rendre cette dignité dont ils ont encore plus besoin que de notre aumône ? Sur ce chemin les intuitions du père Wresinski ne peuvent que nous aider. « Les plus pauvres que les hommes rejettent, dès qu’on leur fait confiance. Nous pouvons affirmer, sans risque de nous tromper, que les plus pauvres sont le levain au cœur du monde ».

Laissons donc nos cœurs s’émouvoir.

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2017

Pier Giorgio Frassati

Catholique de combat

 

Afficher l'image d'origineDans ces temps où, du fait du calendrier électoral, nous sommes plongés en permanence dans le débat politique, la figure de Pier Giorgio Frassati est bienvenue.

Ce catholique convaincu aurait pu se contenter d’une vie facile, procurée par la réussite professionnelle de son père – fondateur du groupe de presse La Stampa, ambassadeur, etc. Or, très tôt, il conçoit que c’est au nom même de sa foi qu’il doit s’engager dans la société. Il vivra cet engagement à un double niveau : dans l’humilité et la discrétion en servant chaque jour les plus pauvres ; sous la lumière en participant au combat politique. L’ancrage dans une vraie vie de prière, le service des plus pauvres au quotidien, voilà ce qui légitime et crédibilise l’engagement plus politique, plus partisan. C’est déjà une grande leçon pour chacun de nous !

Sur ces fondations, c’est d’un vrai courage politique dont fait preuve Pier Giorgio, qui n’a pas peur de monter au front. Dès septembre 1921, il manifeste avec des amis de la Jeunesse catholique italienne ; il se fait arrêter par la Police et, quand on apprend qu’il est fils d’ambassadeur, refuse d’être libéré de ce fait même. L’année suivante, il est profondément choqué de constater que le Parti populaire italien du démocrate chrétien De Gaspari,  auquel il adhère, s’allie – pour peu de temps en fait – aux fascistes de Mussolini. Et quand le journal auquel il participe finit par adhérer aux idées fascistes, il n’hésite pas et en démissionne.

En quelques mots il nous livre ce qui pourrait nous servir de programme pour nos propres engagements en cette période cruciale pour notre pays :  « Chaque jour, je comprends davantage quelle grande grâce c’est d’être catholique. Malheureux, oui malheureux, ceux qui n’ont pas la foi ! Vivre sans la foi, sans ce patrimoine à défendre, sans soutenir par une lutte de tous les instants la vérité, ce n’est pas vivre sa vie, c’est la gâcher. A nous, il n’est pas permis de vivoter. Nous devons vivre et nous souvenir que, même au milieu de toutes les désillusions de l’existence, nous sommes les seuls qui possédions la vérité. Nous avons une foi à défendre, une espérance, celle de la Patrie pour nous soutenir. Trêve donc à toute mélancolie […] En avant pour le triomphe du Christ dans la société !« 

Chronique parue dans Parole et Prière, janvier 2017

 

Henri Caffarel

Des vertus familiales

 

 

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Le 2 août 1903, Henri Caffarel était baptisé par l’un de ses oncles, l’abbé Louis Venard ; un de mes arrière-grands-oncles ! Lors du colloque qui lui a été consacré – en décembre 2010 aux Bernardins à Paris – l’importance de son milieu familial a été souligné avec netteté, devant plusieurs de ses petits neveux, devenus prêtres à leur tour !

C’est la richesse chrétienne de la vie familiale lyonnaise qui a fortement influencé la pensée d’Henri Caffarel, et son engagement, dès les années 1940, dans la pastorale des couples chrétiens – d’où surgira la fondation des Equipes Notre-Dame. Une famille enracinée dans les devoirs que constitue un riche héritage chrétien – plusieurs ancêtres, prêtres ou non, tués an haine de la Foi, sous la révolution française -. Une famille marquée aussi par l’accueil de la vie et la joie de voir grandir de nombreux enfants en son sein.Une famille où la foi chrétienne est reçue comme le lait maternel, où l’éducation de l’intelligence et de la sensibilité se réalise dans la lumière de l’Eglise, où l’on n’aime guère se payer de mot – jusqu’à manquer parfois, en apparence, de savoir montrer sa tendresse – , mais plutôt de l’exemple des vertus humaines et spirituelles vécues au quotidien. Une famille où l’amour de la Vierge Marie et du Pape reste le fil conducteur, évitant ainsi les écueils du jansénisme, du gallicanisme ou du modernisme. Une famille profondément catholique, avec ses qualités réelles, mais aussi ses parts de difficultés, d’ombres, d’amertumes, de croix, mais toujours relevée par la vertu d’espérance, ancrée, chevillée au corps.

Dans cette période où nous fêtons le Prince de la Paix, venu en notre chair, dans une famille humaine, prions pour que toutes nos familles s’enracinent dans la joie de Noël et témoignent devant toute la société du bonheur profond et durable de vivre en baptisés, selon la loi du Christ.

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2011

Louis & Zélie Martin

La Croix au cœur du couple

 

 

 La vie d’un couple chrétien pourrait-elle être un « long fleuve tranquille », bénéficiant de la protection, quasi magique, du sacrement de mariage ?
Non. Et pourtant, parfois, en écoutant les couples qui se préparent au mariage chrétien, on a l’impression que c’est l’idée dominante. Il est vrai que les sirènes de notre société les y poussent.
Nous devrions tous « avoir droit » au bonheur, à une vie facile, qui ne serait remplie que de joies et de prospérité. C’est déjà se tromper lourdement et ne pas voir l’expérience accumulée par tant et tant de couples : la vie est difficile ; la vie à deux est compliquée ; la vie d’une famille est un chef-d’œuvre fragile qui réclame sans cesse des sacrifices.
Comme tout sacrement, le sacrement du mariage n’est pas un talisman protecteur ! Il est signe d’une alliance entre les mariés et Dieu, une alliance dont le sceau sacré est la Croix. C’est ce qu’ont vécu, au plus intime de leur vie de couple, Louis et Zélie Martin. Qu’on y regarde de près : humainement ce sont des vies dures qui furent les leurs. C’est que dans l’ordre mystérieux de la Grâce divine, dans les replis cachés où germent les semences du Royaume, les calculs et les espoirs trop humains n’ont pas de place. Le Seigneur ne nous invite pas à la souffrance pour la souffrance : Il demande au Père que sa Joie demeure en nous ; mais dans le même temps, Il nous marque de sa Croix et Il fait d’elle le principe même de la Vie nouvelle.
C’est au cœur du sacrement de mariage, au cœur de leur vie de couple et de famille, que les époux chrétiens découvriront l’Amour absolu dont le cachet d’authenticité est toujours la Croix. Mais les fruits qui seront portés dépasseront de loin toutes les imaginations, toutes les espérances. C’est à ce prix, fou aux yeux des hommes, sage à ceux de Dieu, qu’un Louis et une Zélie ont donné à l’Église toute entière une sainte, un docteur : Thérèse.
Paru dans Parole et Prière de janvier 2014

Edith Stein

Devenir des âmes ardentes

 

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Avec Edith Stein, nous voilà dramatiquement plongés dans une des périodes les plus affreuses de notre histoire européenne.
Edith naît dans une famille juive, attirée par les études de philosophie, elle passe par l’athéisme, avant de découvrir, au terme d’un cheminement courageux, la foi catholique. Et non seulement elle se convertit, mais elle entre au Carmel.
Malgré les iniques lois nazies, elle décide de rentrer en Allemagne pour vivre la persécution avec ses frères juifs. Internés à Auschwitz, elle y partage jusqu’à la mort leur sort. C’est le Pape Jean-Paul II qui la canonisera.
A travers ce parcours, c’est toute notre histoire européenne contemporaine qui prend un éclairage de Salut. Je ne voudrais cependant pas que nous en restions à quelque considération « intellectuelle » ! Plongez-vous dans les écrits d’Edith, et vous y découvrirez une âme ardente. Une âme comme Jésus les aime : palpitante, pleine de vie, qui affronte avec courage toutes les difficultés inhérentes à chaque vie humaine.
Pour ma part, c’est sans doute le récit autobiographique de sa vie qui me touche le plus : entrer dans l’intimité d’une famille juive… qui a donné une sainte catholique ! Découvrir, à travers la simple quotidienneté, l’amour enveloppant d’un Dieu très aimant qui « forge » une âme de sainte.

 

Edith Stein, Vie d’une famille juive (1891-1942), éditions Ad Solem, 2001
 
Publié dans Parole et Prière de juillet 2012