Chrétiens : la voie étroite face aux réfugiés

Le chrétien d’Occident n’a pas le choix : il doit prendre sa part au nécessaire accueil des réfugiés en Europe, jugent un aumônier militaire et un théologien.

Publié le 18/09/2015 à 06:09 | Le Point.fr

Accueillir les réfugiés n'empêche pas de demander des comptes au personnel politique actuel quant à son incurie face à ces crises, estiment l'abbé Venard et le frère Venard. 
Accueillir les réfugiés n’empêche pas de demander des comptes au personnel politique actuel quant à son incurie face à ces crises, estiment l’abbé Venard et le frère Venard.  © ROBERT ATANASOVSKI
 

Il est bien difficile de répondre, comme chrétien, aux multiples questions que pose la crise actuelle autour de l’afflux massif de « réfugiés », « clandestins », « migrants », venus du Moyen-Orient vers l’Europe. Certains prônent une mâle fermeté pour les rejeter au nom d’une éventuelle islamisation de l’Europe et de la défense de nos valeurs chrétiennes. D’autres revendiquent une charité sans borne au nom même du Christ pour une ouverture sans limites de nos paroisses et de nos foyers. Comme souvent en foi chrétienne, une juste réponse ne serait-elle pas dans un équilibre exigeant ?

L’urgence du partage des richesses

Dieu a confié sa création à l’être humain. L’Église est très claire : toute la richesse de la création est faite pour toutes les créatures. Il est donc scandaleux aujourd’hui que moins de 10 % de l’humanité consomment 90 % de la richesse commune ! Derrière le pape François, mais avant lui Benoît XVI ou Jean-Paul II, et depuis des décennies, les catholiques appellent donc, en urgence, au partage des richesses, en particulier entre le Nord et le Sud. Si les puissants de ce monde ne s’organisent pas pour promouvoir ce partage sur toute la planète, en établissant des conditions de prospérité minimale, de sécurité, de paix, il est normal que les petits se déplacent et s’efforcent de trouver subsistance, là où il y en a.

Vers un « mieux vivre »

Or, de toute évidence les pays « modernes » – développés – continuent le pillage systématique des richesses des pays en voie de développement – aux économies émergentes comme l’on dit pudiquement – au lieu d’organiser la coopération. Pire encore, ils les pillent en se cachant derrière le noble idéal de la démocratie – destruction de l’Irak, de la Libye, déstabilisation de la Syrie, ne parlons pas de certains conflits africains, etc. – le plus souvent pour de sordides intérêts financiers, énergétiques ou politiques. Dans cette injuste conjoncture, les « petits », les « faibles » émigrent en masse pour trouver refuge et conditions de vie décente. C’est logique, compréhensible et tout simplement normal. La mondialisation qui aurait dû leur apporter un « mieux vivre », leur permet au moins une plus grande facilité de déplacement – c’est un minimum paradoxal !

Pour autant, cela ne veut pas dire que l’on puisse accueillir tout le monde, n’importe où et surtout n’importe comment. La politique est l’art du « possible ». Les principes chrétiens – humanistes ? – précédents étant un repère ferme, il lui faudrait étudier comment faire au mieux pour :

– rétablir paix et prospérité là où c’est nécessaire (et surtout pas en cherchant à exporter, à coup de bombes, des grands principes moralisateurs démocratiques occidentaux, mais en visant au moindre mal : un dictateur « laïque » vaut sans doute un peu mieux qu’une anarchie ou une tyrannie islamiste) ;

– dans l’urgence, voir comment assister les réfugiés dans leur migration actuelle, avec comme objectif de leur permettre un retour décent sur la terre de leurs aïeux, dans ces pays qui leur appartiennent et qui ont été forgés par leurs ancêtres ;

– aider enfin ces réfugiés à rentrer chez eux dans des conditions permettant, à terme, leur réinstallation et une équitable collaboration « Nord-Sud ».

L’accueil, une nécessité morale

Oui, l’accueil est une nécessité morale : le Christ est dans les pauvres. Le chrétien n’a pas le droit de ne pas y participer, dans la mesure de ses moyens et autant que possible. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus. Nonobstant, il n’est pas interdit, même aux catholiques, d’être intelligent. Nos gouvernants occidentaux, dans leur immense majorité, sont composés d’hommes politiques irresponsables et inconséquents. Ils prônent l’accueil irréfléchi de la masse des réfugiés, sans prendre les moyens d’aider leurs pays d’origine. La France est à cet égard un véritable pompier-pyromane, en aidant des islamistes dits « modérés » sous prétexte de répandre la démocratie.

Accueillir, mais changer de politique étrangère

Le chrétien occidental n’a pas le choix. Il doit prendre sa part pour le nécessaire accueil des réfugiés en Europe. Mais il doit exiger politiquement que cet accueil s’accompagne d’une réforme complète de la politique étrangère européenne, plus réaliste et visant le bien concret des peuples et non l’expansion de nos idéologies républicaines inadaptées à ces pays – si tant est qu’elles le soient même chez nous ! Il lui reviendra aussi de demander des comptes au personnel politique actuel et à son incurie face à ces crises. Enfin, arme ultime dans toute démocratie qui se respecte, il se fera entendre par la voix des urnes. Et sa voix aura d’autant plus de poids qu’il aura su se faire « bon samaritain » pour ses frères les plus démunis et en déshérence.

Père Christian Venard, aumônier militaire, auteur de Un prêtre à la guerre, Tallandier, 2012

Frère Olivier-Thomas Venard, dominicain et théologien à Jérusalem, auteur de Terre de Dieu, terre des hommes, Artège, 2012

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Sainte Claire d’Assise

Source d’eau fraîche

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Claire ! Un prénom qui résonne comme une source d’eau fraîche, comme la promesse d’une matinée printanière radieuse ! Quoi de plus opportun, en ce mois de mars, annonciateur du printemps, mais plus encore des joies pascales ?

Claire ! Un programme aussi pour la vie de l’Eglise, jeune malgré ses vingt siècles. C’est ce que le pape Benoît XVI a rappelé en parlant de sainte Claire : « Son témoignage nous montre combien l’Eglise tout entière possède une dette envers les femmes courageuses et riches de foi comme elle, capables d’apporter une impulsion décisive au renouveau de l’Eglise » Ne nous laissons pas aller, avec les voix internes ou externes à l’Eglise, qui ne veulent voir en elle que les visages ridés par le péché de ceux qui la composent ! Œuvrons joyeusement à ce renouveau, en commençant par notre propre conversion.

Claire ! Un programme pour chacune de nos vies : plus de simplicité, plus de gaieté, d’émerveillement, de pauvreté, de tendresse et de Charité.

Claire ! Un modèle d’amitié avec saint François d’Assise. Puissions-nous trouver, à notre tour, quelque ami sur nos chemins, pour vivre, comme le soulignait encore notre pape, « l’un des sentiments humains les plus nobles et élevés que la grâce divine purifie et transfigure. Comme saint François et sainte Claire, d’autres saints également ont vécu une profonde amitié vers la perfection chrétienne, comme saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Et précisément, saint François de Sales écrit : ‘ Il est beau de pouvoir aimer sur terre comme on aime au Ciel, et d’apprendre à s’aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement dans l’autre. Je ne parle pas ici du simple amour de charité, car nous devons avoir celui-ci pour tous les hommes ; je parle de l’amitié spirituelle, dans le cadre de laquelle, deux, trois ou plusieurs personnes s’échangent les dévotions, les affections spirituelles et deviennent réellement un seul esprit’. » [Benoit XVI, audience générale du 15 septembre 2010]

Chronique parue dans Parole et Prière mars 2012

Maximilien Kolbe

Catholiques dans le monde… pas du monde 

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14 août… fête de saint Maximilien Kolbe, jour de son entrée au Ciel… Et déjà pointe le mois de septembre, mois des rentrées… après la joie, pour nombre d’entre nous, des semaines de vacances, ou, à tout le moins, de changement de rythme. En peu de temps, nous allons être repris par le brouhaha incessant de la vie moderne ; et le contexte de crise internationale, allié aux échéances électorales à venir ne nous aiderons pas à garder longtemps le peu de calme et de sérénité que nous avions essayé d’emmagasiner durant l’été !
Maximilien Kolbe nous montre trois bons moyens pour lutter contre le totalitarisme de notre société ultralibérale et meurtrière des consciences : l’enracinement dans la prière et tout spécialement la prière mariale ; l’intransigeance face à toutes les formes de dictatures (surtout les dictatures morales) ; le don de soi jusqu’au bout. Septembre, encore une de ces occasions de prendre quelques résolutions !
–         Luttons contre la morosité ambiante et la tentation de la désespérance par un don joyeux de nous-mêmes, renouvelé chaque matin dans la prière : don au Seigneur, notre seul Maître et (le l’oublions pas au risque d’être des pharisiens), don aux autres de notre vie, de notre sourire, de nos facultés, de notre temps…
–         Ne nous laissons pas envahir par les idéologies à la mode qui, pernicieusement, par toutes sortes de médias, s’insinuent dans nos vies et nous proposent de vivre « comme tout le monde ». Soyons des « résistants », mais des vrais (pas comme tous ces pseudos révoltés de carton-pâte que nous proposent les tenants de la pensée unique !). C’est-à-dire, tout simplement des catholiques dans le monde… sans être du monde !
–         Enfin, fortifions en nous la confiance envers la Vierge Marie : « Immaculée, Reine du ciel et de la terre, refuge des pécheurs et Mère très aimante à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la miséricorde, me voici à tes pieds ; et moi pauvre pécheur, je t’en supplie, accepte mon être tout entier comme ton bien et ta propriété, agis en moi selon ta volonté, en mon âme et en mon corps, en toute ma vie, ma mort et mon éternité. » (Maximilien Kolbe)
Paru dans Parole et Prière, 2011