Sainteté

Soyons de bons tuyaux !

 

 

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Avouons-le, la sainteté nous effraie : c’est très bien… pour les autres. Nous sommes si attachés à nos « petits » défauts, à toutes ces « petites » infractions que nous nous permettons et qui nous rendent -selon nous- si sympathiques, que partir, droit au but, vers la sainteté finirait même par nous rebuter.

C’est décidément oublier que le Seigneur nous veut saints et irréprochables devant Lui, et qu’Il s’est livré à la Croix, pour nous rendre tels. C’est sans doute que nous entretenons une image faussée de la sainteté : souvent,nous imaginons le saint, compassé, figure de carême, redresseur torts, donneur de leçon, ascétique et mystique… Les canonisations qui ont émaillé le règne de Jean-Paul II et celles que nous propose Benoît XVI, montrent bien au contraire, des saints de notre temps, pas tristes du tout.

Ne prenons qu’un seul exemple, celui de Mère Teresa, qui décrétait qu’elle était la meilleure du monde… pour nettoyer les toilettes ! Je suggère, si vous voulez côtoyer quelques heures cette sainte de notre temps, l’excellent ouvrage de Mgr Léo Massburg – Fioretti de Mère Teresa, paru aux éditions de l’Emmanuel-.

Un court extrait : « Nous devons être comme des tuyaux. C’était là une des attitudes de base que Mère Teresa nous conseillait d’adopter. Elle disait que ce n’est pas important du tout que ces tuyaux soient en or, en argent ou en plastique, ce qui était important c’est ce qu’ils laissaient passer. Une fois elle a dit à ses sœurs : ‘ vous et moi, nous ne sommes rien, c’est à cela que l’on reconnaît l’Humilité fantastique de Dieu. Il est si grand et si merveilleux, qu’Il utilise ce qui n’est rien pour montrer son être grand. C’est pour cela qu’Il nous utilise. Tout ce que nous devons faire, c’est comme des tuyaux, laisser passer la grâce de Dieu.« 

Soyons donc de bons tuyaux… ça fait moins peur que de se dire « soyons des saints » ! N’est-ce pas ?

Chronique parue dans Parole et Prière, novembre 2011

G.-K Chesterton

Bannir la paresse intellectuelle !

 

 

Afficher l'image d'origineSi Dieu est amour, Il est aussi humour ! Voilà un adage qui n’aurait certes pas déplu à Chesterton, dont nombre de saillies sont passées à la postérité, celle-ci l’illustrant à la perfection : « La vie est une chose trop importante pour être prise au sérieux ». On ne saurait cependant réduire son œuvre à d’aimables plaisanteries, sans se tromper lourdement.
Chesterton fut un penseur, un intellectuel catholique, un polémiste redouté et un défenseur de l’intelligence chrétienne hors pair. Son influence littéraire et politique est indéniable – il s’opposa ainsi avec vigueur à Winston Churchill au sujet d’une loi de stérilisation des handicapés mentaux… Certes la nature (ou Dieu) l’avait doté de rares talents, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est aussi par un travail acharné que Chesterton s’est hissé à la place des « grands » auteurs catholiques du siècle passé. C’est cela sans doute qui manque trop souvent à l’intelligence chrétienne.
Certains catholiques s’endorment sur les dogmes enseignés – or « Un dogme, ce n’est pas l’absence de réflexion, mais sa fin » écrit Chesterton ; d’autres au nom d’une charité mal comprise – qui confine souvent au relativisme ambiant -, se croient dispensés d’un véritable travail intellectuel, d’une authentique curiosité  – « Il n’existe pas de sujet peu intéressant, il n’y a que des personnes peu intéressées ! » Tous, par paresse d’héritiers essaient de se dispenser du labeur, parfois besogneux, toujours rude, de la recherche de la vérité. Cette vérité qui  » doit forcément être plus étrange que la fiction, car la fiction n’est qu’une création de l’esprit humain et, par conséquent, est à sa mesure. »
 Au travail !
Chronique parue dans Parole et Prière, mars 2014

Résurrection

« Gueules de ressuscités »

 

 

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Aurons-nous le dimanche matin de Pâques des « gueules de ressuscités »?

Oui, de vraies « gueules de ressuscités »! Finies les « faces de carêmes », les figures de « pisse-vinaigre » distillant à petites gouttes leur morale tristounette ; finis les airs faussement compassés dégoulinant de componction, les trombines chafouines de chrétiens « cul-serrés »!

Aurons nous enfin le courage de nous laisser soulever, transporter, déborder, exploser par la Joie de la Résurrection ? Allons-nous enfin partir en courant, en bondissant telles les collines à l’image des béliers, porter cette bonne nouvelle au monde : ce Jésus, Fils de l’Homme, il est mort mais aujourd’hui nous vous l’annonçons : IL EST RESSUCITÉ !

Pour y parvenir, aurons nous su nous laisser toucher par le Flagellé, le Transpercé, le Couronné, le Crucifié ? Aurons- nous pleuré amèrement nos péchés à ses pieds dans la longue attente du Triduum ? Aurons-nous vécu au plus profond de notre être la douleur de nous savoir responsables de Ses Souffrances – « C’était NOS péchés qu’Il portait ! » – ? C’est ce que nous pouvons nous souhaiter les uns les autres, afin de devenir en vérité ses témoins. Dans ce monde des ténèbres, que nous devenions, par la force même du Ressuscité des « porteurs de Lumière ».

Nous l’aurons célébré dans la nuit pascale, allumant notre petit cierge au Cierge Pascal. Nous l’aurons chanté par trois fois : « Lumen Christi« , nous l’aurons acclamé par nos alléluias, nous l’aurons entendu dans Sa Parole, nous l’aurons reçu Corps et Sang ! Alors, transfigurés, plongés une fois de plus dans sa mort et sa résurrection, recréés en icônes lumineuses de Son Visage nous pourrons nous écrier : oui, Seigneur, donne-moi une « gueule de ressuscité » !

Paru dans Parole et Prière en avril 2011