Les armées, « laboratoire de la laïcité »

Chronique enregistrée à l’occasion du 60e PMI (Pèlerinage Militaire International) de Lourdes.

 

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Vous reprendrez bien un peu de Bernardins ?

Chronique pour A la source sur KTO.TV du 12 avril 2018

 

#Ploërmel, et après ?

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La statue de Jean-Paul II surmontée de la fameuse croix  ©Google Street

 

« Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie de Magdala » (Jn 19, 25). Voilà, en comptant le jeune saint Jean, cela fait juste quatre « like », quatre « j’aime », quatre pauvre petits « retweet », pour l’événement essentiel au salut du monde, pour la croix de Jésus. On est loin des déferlements de « like » et de « retweet » sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #MontreTaCroix ! Tout le monde – ou presque – s’y est mis : des politiques aux juristes, du « jeune patriote identitaire et / ou athée » au prêtre militant, chacun y est allé de sa croix : « Touche pas à mes racines chrétiennes » semblait hurler un pays qui culmine glorieusement (sic) avec un taux de pratique religieuse catholique à… 4,5 % !

L’instrument du salut

La croix du Christ ne saurait se résumer à un facteur identitaire et culturel ; moins encore à un symbole brandi face à la peur de l’islam ou du monde moderne. Elle est, pour nous chrétiens, d’abord l’instrument du salut par lequel, lors de notre baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection de Jésus. Elle est cet unique chemin que nous pouvons admirer sur la splendide mosaïque de l’arbre de vie dans l’abside de la basilique Saint-Clément de Rome. Elle est cette porte par laquelle, comme l’a rappelé Benoît XVI, il nous faut passer pour entrer dans la vie éternelle : « Car, sur cette croix, Jésus […] a porté les humiliations et les discriminations, les tortures subies en de nombreuses régions du monde par tant de nos frères et de nos sœurs par amour du Christ. » (1)

Brandir la croix dans un pays où le taux de la pratique catholique culmine à… 4,5 % ? Commençons par vivre la croix dans nos vies.

Soyons clairs : il est inutile pour les baptisés de brandir la croix – y compris avec de bonnes intentions – si nous ne sommes pas d’abord prêts à vivre la croix dans nos vies. Or cette vie avec la croix de Jésus fait très rarement bon ménage avec le succès du monde. La croix de Jésus dans nos vies, c’est l’acceptation de la souffrance, de l’incompréhension, de la maladie, des trahisons, de nos faiblesses, des faiblesses des autres, de la persécution parfois, de la contradiction sûrement, de l’apparente inutilité de nos combats intérieurs et extérieurs. La croix, c’est l’acceptation humble, sans tambour ni trompette, confiante et amoureuse, au nom même de l’Amour, de « tout ce qui ne va pas ».

Mais ce n’est pas la dés-espérance des « post-modernes ». C’est aussi la somme d’efforts que nous faisons, de persécutions que nous endurons, en ne nous résignant jamais, en repartant au « combat » (spirituel avant tout) chaque matin, avec la grâce qui nous est offerte, toute neuve, à chaque aurore.

En union avec le Christ

 « Le Christ Jésus […], devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, s’est abaissé Lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2, 7 et ss). On est bien loin des hashtags racoleurs, vengeurs et populistes. On est loin aussi et faut-il en perpétuer le regret au risque de rester visser sur le rétroviseur ? de la chrétienté médiévale, dans une Europe désormais en pleine apostasie.

Certes, d’une manière éminente, il nous revient, comme catholiques français, d’honorer et de défendre un héritage culturel ancré si profondément dans notre religion. Mais nous ne saurions le faire mieux qu’en vivant avec plus d’intensité notre union spirituelle et humaine à la croix du Sauveur.

 

 

 

Tribune libre parue dans Famille chrétienne, 11 novembre 2017

Jerzy Popielusko

Le courage de l’amour et de la vérité

 

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« Seule une nation libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut durer et créer pour l’avenir », cette citation de Jerzy Popielusko pourrait, à elle seule, nous servir de guide dans notre propre vie : seule une âme libre spirituellement et amoureuse de la vérité peut construire son avenir ! La liberté spirituelle c’est de nous savoir attachés à un seul être, par dessus tous les autres amours, Jésus – celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… -. Difficile détachement des nos amours terrestres pour mettre Dieu au-dessus de tout et Lui obéir en tout, quoi qu’il puisse nous en coûter.

Etre amoureux de la vérité n’est pas moins exigeant, surtout dans notre société occidentale où règne en maître un relativisme dogmatique, qui arrive à s’insinuer même dans les intelligences chrétiennes. Etre amoureux de la vérité, c’est comme Jerzy Popielusko accepter de se mettre en danger par amour de Celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». Sommes-nous encore capables d’une telle exigence, nous qui restons si habitués aux accommodements et aux compromissions ? Il est sans doute temps de nous secouer et d’appeler à l’aide saint Jerzy qui sut, lui, donner sa vie pour ceux qu’ils aimaient par amour de la vérité, du Christ.

Il en va, non seulement de notre vie spirituelle intime, mais aussi de celle de notre Patrie: « Malheur à la société dont les citoyens ne sont pas guidés par le courage ! Ils cessent alors d’être des citoyens pour devenir de simples esclaves. Si le citoyen renonce à la vertu du courage, il devient esclave et se cause le plus grand des torts, à lui-même, à sa personne, mais aussi à sa famille, à son groupe professionnel, à la Nation, à l’Etat et à l’Eglise ; même si la peur et la crainte lui font facilement obtenir du pain et des avantages secondaires… »

On ne saurait mieux dire.

 

Paru dans Parole et Prière, septembre 2017