Raymond Halter

Reconstruire nos âmes

 

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Comme pour un saint Ignace de Loyola blessé et obligé de garder le lit, le père Raymond Halter voit sa vie spirituelle basculer, après un accident de voiture en 1972. Entré chez les Marianistes, prêtre depuis 1957, il était alors aumônier d’étudiants à Bordeaux. Bien souvent, dans nos propres vies, Dieu agit ainsi. Par les méandres mystérieux des événements, parfois dramatiques, Dieu nous invite à le rencontrer plus intimement, à prendre plus au sérieux son appel d’amour.

Ainsi, après cet accident, Raymond Halter redécouvre la prière intérieure et, au même moment, rencontre le Renouveau charismatique. Il en devient même une des grandes figures et sera ainsi désigné en 1983 comme expert auprès de la Conférence des Évêques de France sur les sujets touchant aux mouvements charismatiques. En ce sens, la figure du Père Raymond Halter est assez emblématique de cette Église de France des années 80-90, dans laquelle beaucoup de fidèles catholiques trouvèrent refuge auprès des mouvements charismatiques pour asseoir une vie spirituelle qui leur semblait, trop souvent négligée par le clergé diocésain, lancé dans de nombreuses expériences apostoliques activistes.

La vie spirituelle du père Raymond a toujours été marquée, dès ses débuts, par une grande dévotion à la Vierge Marie. Assez naturellement, en 1989, à la demande du cardinal archevêque d’Abidjan, il rejoint la Côte d’Ivoire, pour créer un grand sanctuaire marial avec l’aide du Renouveau charismatique. Il exercera alors une profonde influence sur le catholicisme ivoirien, par ses enseignements, mais plus encore par sa disponibilité à exercer les charismes de délivrance et de consolation des âmes. Dans notre période vouée au chaos et au matérialisme, la réponse qu’il fit au grand écrivain Marek Halter résonne prophétiquement : « – Pourquoi prêtre ? – Parce que j’ai compris que le désastre n’était pas seulement physique, mais moral. Qu’il fallait reconstruire le monde, certes, mais aussi l’âme de l’homme.»

 

Paru dans Parole et Prière, mars 2019

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Bx Guillaume-Joseph Chaminade

Un exemple à suivre

 

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Me permettrez-vous ici quelques mots plus personnels ? C’est que notre saint, le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade, est né – en 1761 – dans ces  vieux quartiers qui entourent la cathédrale Saint-Front de Périgueux, tout comme mon grand-père maternel ! Ce Périgord vous façonne des hommes solidement implantés dans une histoire, qui remonte… à l’Homme de Cro-Magnon ; des hommes de culture et d’esprit, marqués par des paysages multiséculaires, imprégnés d’esprit celte, tout enchâssés dans de magnifiques vallées ombrageuses, et des causses calcaires désertiques ; des hommes souriant, à la faconde méridionale – car nous sommes bien du duché d’Aquitaine -, un brin tentés par l’esprit de fronde et de dérision.

La révolution française, dans tous ses aspects violemment anticatholiques, trouvera notre saint en pleine force de l’âge, religieux de vingt-neuf ans. Il voit alors toutes les congrégations dissoutes, et découvre atterré, la promulgation de la Constitution civile du Clergé, qui entend soumettre au pouvoir civil, la religion catholique. Ce sera alors pour lui l’exil et la souffrance. Dès qu’il le peut, après cette période de persécution affreuse – il rentre à Bordeaux en 1801 -, il retrousse ses bonnes manches de Périgourdin, et fonde la Société des Marianistes, afin d’aider à l’éducation de la jeunesse dans la foi et les vertus chrétiennes.

Ce que le père Chaminade a connu n’est peut-être pas si loin de ce que nous vivons. Nous-mêmes, catholiques français du XXIe siècle, ne sommes-nous pas tentés par la compromission et le désir d’entrer dans des formes de « constitution civile », d’autant plus pernicieuse, qu’elle ne dit pas son nom ? Nous voulons bien être catholique, mais que surtout cela ne dérange pas le voisin, et surtout ne mette pas en péril notre petit confort bourgeois ! Ainsi, toute position un peu claire de notre part, sera vite qualifiée – parfois même en interne – d’intégriste, d’intolérante, etc. Allez ! Oust ! Suivons l’exemple du bon père Chaminade : œuvrons avec courage, charité et persévérance à transmettre intégralement  le contenu de la foi et les vertus chrétiennes.

Chronique parue dans Parole et Prière,  octobre 2011