Une usine à fabriquer des saints !

 

Entretien sur le livre La sainteté de A à ZDopez votre spiritualité, avec Jean-Pierre Maugendre pour « TV-Libertés »

 

 

Liens :

https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/la-saintete-de-a-a-z-9791033607953

https://www.tvlibertes.com/

 

 

 

 

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Marie-Étienne Vayssière o.p.

Une vie dépouillée pour enrichir les autres

 

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Quelques mots du père Serge-Thomas Bonino, dominicain de la province de Toulouse lui aussi, résument toute la vie du Père Vayssière : « L’homme propose, Dieu dispose. Et c’est tant mieux ! Le cœur du jeune frère Étienne Vayssière fourmillait d’excellents projets. Dans la ligne de sa vocation dominicaine, il se voyait déjà en théologien, scrutant les richesses du Mystère de Dieu pour en nourrir la vie des croyants. Ou encore en prédicateur ardent convertissant les foules. Et soudain — il a vingt-quatre ans — tout s’effondre. Maux de tête, fatigue permanente, impuissance. Le verdict tombe : incurable. Il est alors relégué dans des couvents où il végète, s’ennuie, tourne en rond. Il échoue enfin à la grotte de la Sainte-Baume. Enterré vivant. Il ne peut ni prêcher, ni lire, ni même prier… Il n’a plus rien. Ou plutôt, dépouillé qu’il est de l’accessoire, il n’a plus que l’essentiel : l’adhésion de chaque instant à la volonté de Dieu ».

La Providence, par des chemins escarpés et humainement peu compréhensibles, en plaçant le frère Vayssière comme gardien à la Sainte-Baume, le transforme en père spirituel d’une multitude de pèlerins, venus trouver en lui son exquise spontanéité et sa flamme surnaturelle, dominicaine, magdaléenne et mariale. « Il avait conscience que la Sainte-Baume est le centre spirituel de la Provence, un lieu de prière et de bénédiction. Il s’ingéniait à multiplier au maximum pour les âmes les possibilités de bénéficier des grâces de la célèbre grotte de pénitence » (P. Philippon op).

Cette épreuve de dépouillement, tôt venue dans sa vie, son attachement viscéral au Christ, ont fait du père Vayssière un maître spirituel véridique, dont nous pouvons suivre avec fruit les enseignements : « Vivons moins dans une activité impatiente, qui s’agite, que dans une filiale confiance, qui attend le bon plaisir divin, et ne veut vivre en tout que de lui seul. C’était l’attitude de Marie : “Je suis la servante du seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole.”  »

 

Chronique parue dans Parole et Prière, juillet 2018

Sainte Marie-Madeleine

Amoureux de l’Amour

 

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La belle figure de sainte Marie Madeleine, me donne l’occasion d’un éloge appuyé du Dictionnaire amoureux de Jésus, écrit par l’excellent historien Jean-Christian Petitfils. Ce livre mérite d’être sur la table de chevet de nombreux chrétiens, tant il permet de reprendre les fondamentaux historiques de notre Foi et de les transcender, à chaque entrée, par des réflexions spirituelles partagées par l’auteur.

Grâce à lui, nous ferons bien sûr la distinction, désormais admise par tous, entre les trois Marie : Marie de Magdala, Marie de Béthanie et Marie la pécheresse évoquée par saint Luc (7,36-50). La confusion séculaire entre ces trois-là a néanmoins donné naissance à un culte quasi universel dans l’Eglise, à une floraison d’œuvres d’art incomparable, et à une spiritualité de la conversion proposée même aux plus pécheurs, que l’on se saurait ignorer. « Marie-Madeleine est l’une des plus grandes saintes, dont on a fait un modèle de piété et de contemplation. La ferveur magdaléenne a envahi la chrétienté entière. Des centaines d’églises ont été construites sous son invocation. Saint Augustin Sévère d’Antioche, Odon de Cluny, Raban de Maur, abbé de Fulda, saint Bonaventure, Denys le Chartreux, sainte Thérèse d’Avila, le cardinal de Bérulle, beaucoup d’autres encore ont exalté sa figure et disserté sur elle. »

A la suite de Jean-Christian Petitfils, il me plaît de retenir de Marie Madeleine cette course effrénée au petit matin de Pâques vers le tombeau du Bien-aimé. Plus encore cette rencontre bouleversante avec le pseudo jardinier et cette exclamation : « Rabbouni » ! « Très cher Maître, ou Maître chéri« . Comme nous aimerions nous aussi rencontrer l’Amour, ce Jésus, nous jeter à ses pieds, le couvrir de baisers et l’appeler « Rabbouni« . Mais Jésus de nous répondre, comme à Marie de Magdala : « Noli me tangere ». Ne me retiens pas ! En ce bas monde, la sequela Christi, la poursuite du Christ, nous laissera toujours un goût d’inachevé, jusqu’à l’ultime rencontre au jour de notre mort. Mais soyons et restons toujours des amoureux de Jésus.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2017