Tempête dans un bénitier

Chronique pour KTO TV de février

 

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Jean Chrysostome

Ni mondains, ni compromis…

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Jean Chrysostome, dit « Bouche d’Or ». Voilà un surnom qui nous invite dès l’abord à nous poser la question de notre propre bouche ! Que faisons-nous de cet organe essentiel dont nous a doté le Créateur ?
S. Jean s’en est servi pour mettre toute son éloquence au service de l’Église et de Dieu. A travers ses sermons et ses lettres, nous découvrons un monde extraordinairement vivant et tourmenté dont il donne en quelque sorte la vision chrétienne. Il faut l’écouter fulminer contre les fidèles séduits par l’éclat des fêtes juives et les émotions suscitées par les fêtes païennes, tonner en chaire contre les jeunes gens trop soucieux de leur apparence – la mode est aux cheveux longs et aux boucles d’oreille ! -, plaider la cause des pauvres ou débattre de la pudeur. Mais là où notre saint peut nous bousculer, c’est dans nos bonnes habitudes de cathos, bien rangés, d’user dans le monde la langue de bois, pardon, de la langue de buis. Sous le fallacieux prétexte de ne pas choquer, de rester « charitable », combien de fois préférons-nous le confort d’un discours aseptisé, dans lequel il devient bien difficile de discerner le souffle de l’Esprit !
Jean Chrysostome n’a pas eu peur, lui, de fâcher, même l’Empereur. Devenu évêque de la capitale, Jean découvre qu’on attend de lui qu’il se comporte comme un haut fonctionnaire soumis au pouvoir impérial. Tout se passe bien d’abord : son éloquence le rend si populaire qu’il réussit à faire interdire le dimanche les spectacles les plus courus sans susciter d’émeutes. Toutefois, Jean s’attaque à tous les domaines de la vie chrétienne, sans tenir compte du rang social de ceux qu’il fustige. Il entre ainsi en conflit avec la haute aristocratie, dont il dénonce le luxe. Il affronte même l’impératrice Eudoxie, trop impétueuse pour accepter qu’on lui tienne tête. Ce qui lui vaudra la déchéance et l’exil.
Que S. Jean « Bouche d’or »» nous aide à n’être jamais mondains et compromis dans nos discours.
Publié dans Parole et Prière d’août 2014