Pie XII

Le réformateur

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Pie XII… Trop souvent en France, le nom de ce grand pape semble associer à une prétendue collaboration avec le régime nazi en Allemagne, et, à tout le moins, suscite polémiques et disputes, même chez les catholiques, dont bon nombre pensent qu’il fut un pape rétrograde. Et pourtant ! Sait-on, par exemple, qu’après la Sainte Ecriture, ce sont les écrits du pape Pie XII qui sont le plus cités dans le concile Vatican II ? La pensée de Pie XII se révèle novatrice et prophétique dans au moins trois domaines essentiels de la foi catholique.

Il a été un pape réformateur de la liturgie avec l’encyclique Mediator Dei. Comme il le rappelle, « ceux qui entendent par liturgie uniquement la partie extérieure et visible du culte, ou un digne cérémonial, ignorent la vraie définition et le vrai sens de la sainte Liturgie « . Dans la continuité du mouvement liturgique de la fin du XIXe siècle, le pape s’attache à redonner à la liturgie sa dimension la plus profonde : don de Dieu et participation à l’éternelle liturgie de gloire qui s’offre à Dieu le Père, par le Fils et sous l’action de l’Esprit Saint. Pie XII réformera ainsi toute la semaine sainte.

Pie XII a aussi voulu faire évoluer en profondeur les études bibliques, avec l’encyclique Divino afflante Spiritu.  Il cherche à équilibrer le débat entre les tenants de l’historico-critique pure et dure et ceux des fermes condamnations de l’exégèse moderne. Il propose une vision renouvelée des études bibliques sur la base des « quatre sens » possibles et concomitants de la Bible pour une lecture spirituelle et littérale.

Enfin Pie XII est le pape du renouveau de l’ecclésiologie avec l’encyclique Divini mystici corporis. Avec cette encyclique, le pape insiste sur l’Eglise comme « Corps mystique du Christ ». Il cherche à lutter contre une vision purement juridique et hiérarchique de l’Eglise. Le pape tente un difficile équilibre entre la vision christocentrique et spirituelle de l’Eglise et sa nécessaire visibilité, d’origine divine car instituée par le Christ, de sa hiérarchie.

Certes il reviendra au saint pape Jean XXIII d’ouvrir le Concile Vatican II, mais l’on peut dire sans se tromper, que son véritable initiateur et inspirateur fut le pape Pie XII. Sachons lui en être reconnaissants.

Chronique parue dans Parole et prière mars 2017

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Karl Leisner

Vivre en chrétien dans un monde païen

 

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Avec Karl Laisner nous retrouvons un chrétien résistant, résistant au nom de son amour pour Jésus – le jeune Karl, pour se démarquer du « Heil Hitler« , écrira « Le Christ est ma passion, Heil !« . Alors que les voix officielles et médiatiques ne cessent de jeter l’opprobre sur notre Eglise catholique et sa prétendue collusion avec le pire du XXe siècle, le nazisme – ces mêmes voix oubliant bien  vite le communisme toujours actif -, nous rencontrons tant et tant de figures chrétiennes qui ont su, au risque de leur vie, combattre ces deux idéologies athées. Qu’elles nous servent de modèles !

Certes, nous ne sommes plus placés face au nazisme, mais comme l’a récemment rappelé le cardinal Francis George : « Le communisme a imposé un mode de vie global fondé sur la croyance que Dieu n’existe pas. Le laïcisme est le compagnon de lit le plus présentable du communisme… » C’est bien face à ce laïcisme militant que nous sommes confrontés. Ne nous laissons pas avoir par les bêlements faiblards des partisans permanents des compromis qui mènent souvent aux compromissions. A l’exemple de Karl, entrons en résistance, par amour de la Vérité, c’est-à-dire du Christ !

Ainsi, que sa persévérance, contre toute espérance, à devenir prêtre, nous édifie. Déjà, il a dû combattre contre lui-même – il était très attiré par le mariage avec un de ses camarades. Comme quoi, malgré l’idée souvent répandue, même dans mes milieux catholiques, on ne devient pas prêtre parce qu’on ne voudrait pas se marier ! -. Puis, malgré toutes les difficultés, c’est dans un camp de concentration nazi, par un évêque français lui aussi incarcéré, qu’il sera ordonné prêtre.

Sa courte vie sacerdotale – il meurt en 1945 alors qu’il avait été ordonné en décembre 44 – pourrait, à bien des yeux, paraître dénuée de sens. C’est un rappel pour nous, que les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres. A tout le moins, que tant de courage et de persévérance nous invitent à vive plus pleinement notre vie chrétienne, nos engagements comme témoins du Christ, dans un monde païen. Quoi qu’il puisse nous en coûter.

Que le bienheureux Karl nous y aide.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2013

Benoît XVI

Pape, prophète et père

 

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Benoît XVI est un pape prophète, et comme tout prophète il a rencontré une hostilité dans son propre peuple. Dès son élection, une frange « progressiste » de l’Eglise a voulu voir en lui un « conservateur » obscurantiste. Et ne parlons pas du monde médiatique qui l’a aussitôt qualifié d’ancien « panzer cardinal » ou même, en dépit de la vérité historique, essayé de l’amalgamer au régime hitlérien ! Prophète il l’a été dans son fameux discours de Ratisbone, ayant eu le courage d’aborder la question de la violence dans l’islam, alors que la planète entière s’enflammait contre lui. Or c’est bien un sujet central aujourd’hui dans nos relations avec le monde musulman. Prophète encore dans les relations ad intra avec le monde « traditionaliste ». Là aussi, que de levées de boucliers ! Mais aujourd’hui, à part quelques extrémistes des deux bords, on constate un apaisement autour des questions liturgiques. Prophète quand, dans le motu proprio rétablissant la liberté d’usage de la forme extraordinaire du rit romain, il redonne au curé de paroisse sa vraie charge de pasteur, gouvernant la portion du peuple de Dieu qui lui est confiée.

Benoît XVI restera une des grandes intelligences européennes du XXe siècle, mais surtout un intellectuel d’un  rare courage. C’est aussi un père. La jeunesse qui l’a accompagné lors des JMJ ne s’y est pas trompée. Un père qui reconnaît qu’il a pu se tromper dans sa propre jeunesse. Un père qui sait aussi se faire discret pour que les fils puissent prendre leur essor, puissent exister. Sa manière d’incarner le personnage public du pape a frappé par sa volonté d’effacer, en quelques sortes, sa propre personnalité devant ce qu’il représentait. Enfin, un père, humble, travailleur dans les vignes du Seigneur, qui prend la décision de se retirer dans la prière et l’attente de la mort. Sachons rendre grâce à Dieu de nous envoyer de tes Serviteurs des serviteurs de Dieu.

 

 

Chronique parue dans Parole et Prière, juillet 2015

Maximilien Kolbe

Catholiques dans le monde… pas du monde 

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Septembre, mois des rentrées… après la joie, pour nombre d’entre nous, des semaines de vacances, ou, à tout le moins, de changement de rythme. En peu de temps, nous allons être repris par le brouhaha incessant de la vie moderne ; et le contexte de crise internationale, allié aux échéances électorales à venir ne nous aiderons pas à garder longtemps le peu de calme et de sérénité que nous avions essayé d’emmagasiner durant l’été ! Maximilien Kolbe nous montre trois bons moyens pour lutter contre le totalitarisme de notre société ultralibérale et meurtrière des consciences : l’enracinement dans la prière et tout spécialement la prière mariale ; l’intransigeance face à toutes les formes de dictatures (surtout les dictatures morales) ; le don de soi jusqu’au bout. Septembre, encore une de ces occasions de prendre quelques résolutions !
–         Luttons contre la morosité ambiante et la tentation de la désespérance par un don joyeux de nous-mêmes, renouvelé chaque matin dans la prière : don au Seigneur, notre seul Maître et (le l’oublions pas au risque d’être des pharisiens), don aux autres de notre vie, de notre sourire, de nos facultés, de notre temps…
–         Ne nous laissons pas envahir par les idéologies à la mode qui, pernicieusement, par toutes sortes de medias, s’insinuent dans nos vies et nous proposent de vivre « comme tout le monde ». Soyons des « résistants », mais des vrais (pas comme tous ces pseudos révoltés de carton-pâte que nous proposent les tenants de la pensée unique !). C’est-à-dire, tout simplement des catholiques dans le monde… sans être du monde !
–         Enfin, fortifions en nous la confiance envers la Vierge Marie : « Immaculée, Reine du ciel et de la terre, refuge des pécheurs et Mère très aimante à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la miséricorde, me voici à tes pieds ; et moi pauvre pécheur, je t’en supplie, accepte mon être tout entier comme ton bien et ta propriété, agis en moi selon ta volonté, en mon âme et en mon corps, en toute ma vie, ma mort et mon éternité » (Maximilien Kolbe)
Paru dans Parole et Prière, 2011

Edith Stein

Devenir des âmes ardentes

 

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Avec Edith Stein, nous voilà dramatiquement plongés dans une des périodes les plus affreuses de notre histoire européenne.
Edith naît dans une famille juive, attirée par les études de philosophie, elle passe par l’athéisme, avant de découvrir, au terme d’un cheminement courageux, la foi catholique. Et non seulement elle se convertit, mais elle entre au Carmel.
Malgré les iniques lois nazies, elle décide de rentrer en Allemagne pour vivre la persécution avec ses frères juifs. Internés à Auschwitz, elle y partage jusqu’à la mort leur sort. C’est le Pape Jean-Paul II qui la canonisera.
A travers ce parcours, c’est toute notre histoire européenne contemporaine qui prend un éclairage de Salut. Je ne voudrais cependant pas que nous en restions à quelque considération « intellectuelle » ! Plongez-vous dans les écrits d’Edith, et vous y découvrirez une âme ardente. Une âme comme Jésus les aime : palpitante, pleine de vie, qui affronte avec courage toutes les difficultés inhérentes à chaque vie humaine.
Pour ma part, c’est sans doute le récit autobiographique de sa vie qui me touche le plus : entrer dans l’intimité d’une famille juive… qui a donné une sainte catholique ! Découvrir, à travers la simple quotidienneté, l’amour enveloppant d’un Dieu très aimant qui « forge » une âme de sainte.

 

Edith Stein, Vie d’une famille juive (1891-1942), éditions Ad Solem, 2001
 
Publié dans Parole et Prière de juillet 2012