Vêpres de Pâques

Cathédrale de Monaco – Pâques 2017

 

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Un exemple pour les éducateurs

Saint Jean Bosco

Saint Jean Bosco nous accompagne en ce mois d’août. Voilà un choix doublement heureux. D’abord à cause de l’actualité des affaires de pédophilie qui entachent l’église catholique de France. Or Jean Bosco est un modèle d’éducateur et démontre que l’on peut être prêtre, consacré au Seigneur dans le célibat, et œuvrer toute sa vie dans la proximité et en faveur de jeunes gens. Allons plus loin, Don Bosco fut même un précurseur en ce domaine, et d’influents politiques italiens, plutôt hostiles à cette époque à la religion, seront de fervents défenseurs de Jean Bosco, de ses œuvres et de ses intuitions pour l’éducation de la jeunesse. Don Bosco n’est pas le seul, mais sa personnalité, son engagement particulier en faveur des enfants et des adolescents, en font un modèle éminent pour tous les éducateurs chrétiens, et de manière spécifique pour les prêtres. En contrepoint, sa passion pour les jeunes âmes, son dévouement pour les amener à la vertu et à l’amour du Christ, nous démontrent, s’il le fallait, l’horreur criminelle commise par ces consacrés dévoyés qui cherchent à abuser des jeunes âmes, en se parant de l’autorité morale que leur confère le sacerdoce. Que la prière de Don Bosco vienne réconforter tous ceux qui cherchent, avec un vrai zèle apostolique, à éduquer les jeunes et à les conduire vers la Foi.

Cette éducation revient en premier lieu aux parents. C’est notre deuxième raison de réjouissance. En cette période estivale, combien de parents s’arrachent les cheveux avec leurs enfants, pour maintenir une vraie vie de Foi, malgré toutes les tentations propres au temps des vacances. Le bréviaire offre, chaque année pour la fête de Don Bosco, une magistrale lettre de lui, écrite à ses confrères.  » Il est toujours plus facile de s’irriter que de patienter, de menacer un enfant que de le persuader ! Je dirai même qu’il est plus facile pour notre impatience et pour notre orgueil, de châtier les récalcitrants, que de les former en les supportant (…) Dans les cas très graves, il vaut mieux vous recommander à Dieu, lui adresser un acte d’humilité, que de vous laisser aller à un ouragan de paroles qui ne font que du mal à ceux qui les entendent, et d’autre part ne procurent aucun bénéfice à ceux qui les méritent ».  Que la prière de saint Jean Bosco vienne en aide à tous les parents chrétiens en ces temps de vacances !

 

article paru dans la revue mensuelle Parole et Prières

Modèle pour les prêtres

Saint Jean-Marie Vianney

L’anecdote est réelle et se déroule dans les années 1980. Des fidèles scandalisés par les comportements de certains de leurs prêtres, s’en ouvrent à leur cardinal archevêque, et finissent leur discours en prenant l’exemple du saint curé d’Ars pour montrer à quel point leurs pasteurs s’en éloignaient. La réponse du cardinal fuse : « oh vous savez, le Curé d’Ars, c’était pour le XIXe siècle ! »

Quelques jours seulement après, le Pape Jean Paul II publiait sa lettre du jeudi saint, toute centrée sur la figure du… Curé d’Ars, modèle toujours actuel pour les prêtres de notre temps ! « Nous avons plus que jamais besoin de son témoignage, de son intercession, pour affronter les situations de notre temps où, malgré un certain nombre de signes d’espérance, l’évangélisation est contrariée par une laïcisation croissante, où l’on néglige l’ascèse surnaturelle, où beaucoup perdent de vue les perspectives du Royaume de Dieu, où souvent, même dans la pastorale, on se préoccupe trop exclusivement de l’aspect social, des objectifs temporels. » (Jean-Paul II, Lettre aux prêtres, jeudi saint 1986).

En méditant la vie de Jean-Marie Vianney, chaque prêtre peut trouver des raisons d’espérer et de progresser ; chaque fidèle des motifs pour s’émerveiller de la grandeur du sacerdoce catholique et pour prier en faveur de ceux qui en sont porteurs, ô combien fragiles dans leur humanité. « Saint Jean-Marie Vianney apporte une réponse éloquente à certaines remises en question de l’identité du prêtre (…) Le prêtre trouve toujours, et de façon immuable, la source de son identité dans le Christ Prêtre. Ce n’est pas le monde qui fixe son statut, au gré des besoins ou des conceptions des rôles sociaux. Le prêtre est marqué du sceau du sacerdoce du Christ, pour participer à sa fonction d’unique Médiateur et Rédempteur. Alors, à cause de ce lien fondamental, s’ouvre au prêtre le champ immense du service des âmes, pour leur salut dans le Christ et dans l’Église. » (op.cit.)

Un chemin tout simple

Sainte Térésa de Calcuta

 

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 » Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous les avez faites « . A elles seules, ces paroles du Christ résument toute la vie de Mère Térésa qui sera canonisée ce mois-ci.

Comment ce petit-bout-de-bonne-femme, issue de l’Albanie, un des pays les plus démunis de la planète, a pu devenir un géant de la charité au XXe siècle ? Dieu seul a le secret de telles aventures. Pendant les années de sa vie apostolique, et aujourd’hui encore, Mère Térésa interroge chacun de nous, de son regard profond et plein d’amour : et toi que fais-tu pour tes frères les plus démunis ?

La radicalité de son engagement, la force d’amour qui l’habitait, l’extrême humilité qui rayonnait en elle, tout en elle bouscule notre confort, nos habitudes, notre manière de concevoir les petits accommodements d’ une vie de foi qui ne nous dérangerait pas trop. Comme tant de saints que nous côtoyons, mois après mois, Mère Térésa nous enseigne que seule la prière quotidienne, persévérante et fidèle, fonde solidement l’action apostolique.

Le Pape Benoît XVI, lors de sa béatification dira :  » la bienheureuse Thérèse de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière, non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable « .

Pourtant l’on sait maintenant qu’elle vécut, cinquante ans, ce que les théologiens appellent la « nuit de la Foi », c’est-à-dire cette impression crucifiante de l’absence de Dieu. Quelle leçon pour nous autres, trop souvent demandeurs de « sentiments », de « ressenti » dans nos vies liturgiques et spirituelles. Comme tous les grands spirituels, Mère Térésa est en même temps ancrée dans le réel – on se rappellera toujours avec émotion et humour sa détermination à nettoyer les toilettes partout où elle passait, même dans les avions !

Elle nous a laissé, entre autres, en quelques lignes un modèle de vie chrétienne :

«  Le fruit du silence est la prière – Le fruit de la prière est la Foi.

Le fruit de la Foi est l’Amour. Le fruit de l’Amour est le service.

Le fruit du service est la paix « 

Nous savons donc ce qu’il nous reste à faire pour, à sa suite, œuvrer en ce monde à plus de paix.

Méditation pour La Neuvaine pour la France

 » France ô ma France très belle
Pour toi je ferais bataille
Je quitterai père et mère
Sans espoir de les revoir jamais « 
 
 
 
 
Le sens du patriotisme semble trop souvent s’être dissous – même chez les chrétiens parfois – dans un hédonisme pacifiste ou un vulgaire individualisme. Certes, comme catholiques, nous savons que notre Patrie céleste est ultime. Pour autant, la médiation de la Patrie terrestre, cette terre reçue de nos pères, est nécessaire dans notre chemin de foi. « L’amour et le service de la Patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité » (cf. CEC 2239). Nous sommes les héritiers d’une immense chaîne d’ancêtres, qui a façonné ces paysages, ces institutions, ces architectures, ces arts, de la cuisine à la littérature, de la musique à la peinture, des sciences à la théologie… La France, telle une cathédrale gothique, se dresse devant nous, s’élevant des profondeurs de la terre charnelle, et pointant vers le Ciel ses tours les plus hautes ; toute remplie et de lumières et d’ombres, elle est ce lieu naturel, où chacun de nous est appelé à faire fructifier les talents reçus, pour le service de la Patrie et pour la plus grande gloire de Dieu.
En ce jour de Pentecôte, implorons le Saint-Esprit pour nous-mêmes, pour nos dirigeants, afin de retrouver plus encore, le sens du bien commun et l’amour de notre pays, de tous ses héritages. Le don de la Sagesse – don par lequel, élevant notre esprit au-dessus des choses terrestres, nous contemplons les choses éternelles – nous permettra d’ordonner l’amour à porter à nos deux patries, la céleste et la terrestre. Le don d’Intelligence – don par lequel nous est facilitée l’intelligence de la Foi – facilitera notre compréhension du lien étroit entre nos deux patries. Le don de Conseil  –  don par lequel, dans les doutes et les incertitudes de la vie humaine, nous connaissons ce qui contribue le plus à la gloire de Dieu, à notre salut et à celui du prochain – nous fera discerner les actions à poser, les plus à même de rendre service à notre Patrie et à nos concitoyens dans le soucis du Salut éternel. Le don de Force – don qui nous inspire de l’énergie et du courage pour observer fidèlement la loi de Dieu et de l’Eglise – nous fera sortir de notre torpeur et de nos tiédeurs bourgeoises pour nous mettre au service de nos frères dans la Cité. Le don de Science – don par lequel nous apprécions sainement les choses créées, et connaissons la manière d’en bien user et de les diriger vers leur fin dernière qui est Dieu – sera particulièrement précieux, en ce domaine du patriotisme, pour discerner avec justesse les combats à mener. Le don de Piété – don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain – nous poussera à voir en chaque Français un frère à aimer et à aider. Enfin le don de la Crainte de Dieu – don qui nous fait respecter Dieu et qui nous détourne du mal en nous portant au bien – contribuera à nous conforter dans tous ces choix au service de Dieu et de la Patrie.
Pour reprendre les mots du père Doncoeur parlant des héros de 14-18, et en les appliquant à tous nos ancêtres qui nous ont légué ce si beau pays : « Nos morts ont des droits sur nous. Ils exigent autre chose qu’une démarche : un engagement et un don. Une main vigoureuse nous entraîne au sacrifice, en des modes différents mais également impérieux, et –qui sait ?- peut-être demain à une mort analogue. » Que la Vierge Marie, Reine de France, nous rende dociles aux inspirations du Consolateur, pour nous mettre, chaque jour un peu plus, au service de nos frères, de notre pays, de l’Eglise et de Dieu.

 

Vincent de Paul

Si nous connaissons l’Amour, c’est pour le répandre autour de nous


«Il est donc vrai que je suis envoyé non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer», ainsi s’exprimait saint Vincent de Paul [Conférence aux Prêtres de la Mission – Conférence 207].

Cette vision missionnaire de notre vocation baptismale a surement eu tendance à s’estomper un peu, dans notre société hyper laïcisé et individualiste. Combien de chrétiens eux-mêmes s’en tiennent-ils au slogan à la mode : « la foi est du domaine du privé et ne doit pas s’exprimer au-dehors pour ne pas ‘choquer’ ».

Ce n’est de toute évidence pas la pensée de Vincent de Paul. Certes, il n’est pas question d’écraser nos concitoyens par notre foi ou par son expression ; mais bien de témoigner avec courage de nos convictions. Nous devons « rendre compte » aux yeux du monde de « notre espérance » ! «Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime pas de même. Je dois aimer mon prochain, fait à l’image de Dieu et objet de son amour, et tout faire, pour qu’à leur tour, les hommes aiment leur Créateur qui les reconnaît et les considère comme ses frères, qu’il a sauvés; et faire en sorte que, par la charité réciproque, ils s’aiment les uns les autres par amour de Dieu, qui les a aimés jusqu’à abandonner à la mort son propre Fils pour eux. C’est cela mon devoir.», continue saint Vincent.

C’est bien là notre premier devoir : si nous avons connu l’Amour, c’est pour mieux Le faire connaître, pour Le répandre autour de nous. Quelle urgence pour nous, chrétiens ! Une urgence de tous les jours. Au moment où nous reprenons nos activités, après les périodes de vacances d’été, étudions comment nous allons, concrètement aimer nos frères – à l’école, à l’université, au travail, à la maison… Cet amour de charité du prochain nous pousse – avec l’aide de l’Esprit de Jésus lui-même – à l’aider à rencontrer le Christ et son Amour. Cela nous semble dur, difficile, exigeant… Écoutons à nouveau saint Vincent : « S’il est vrai que nous sommes appelés à porter au loin et à proximité l’amour de Dieu, que nous devons en enflammer les nations, si notre vocation est d’aller répandre ce feu divin dans le monde entier, s’il en est ainsi, dis-je, s’il en est vraiment ainsi, mes frères, combien me faut-il moi-même brûler de ce feu divin! ».

Oui, pas d’autres solutions : pour porter l’Amour à nos frères, osons vivre de l’Amour, donnons Lui tout, offrons Lui nos pauvres vies, abandonnons-nous à Lui, laissons Le nous façonner, comme Il le veut. Vivons de son Esprit qui nous pousse, chaque jour au-delà de nos petits calculs : « Duc in altum » ! Va vers les hauteurs !