Les martyrs romains

Premiers témoins de notre foi

Afficher l'image d'origine

Les premiers témoins de la foi, pour nous catholiques d’Occident, sont ces innombrables martyrs romains, dont le sang a ensemencé les fondations de notre Eglise. Une lecture superficielle pourrait nous laisser penser qu’ils furent tuer par haine de Jésus-Christ. Si, en effet, leurs persécuteurs, sans en être conscients, furent les collaborateurs des forces de Satan, ils ne connaissaient rien à la foi en Jésus, et même, la plupart d’entre eux étaient des personnes que nous qualifierions aujourd’hui de « très ouvertes, très tolérantes ». Agrippa, au cœur même Rome, n’a-t-il pas fait ériger un temple en l’honneur de tous les dieux que l’on aurait pu oublier – le fameux Panthéon – ?

Alors, pourquoi tant de haine ? Relisons les Actes des martyrs. Parce que nos premiers pères dans la foi refusaient de sacrifier à l’empereur.  » Mais quoi, dit le juge, crois ce que tu veux de ton Jésus, je te demande seulement, au nom de l’ordre public, de brûler quelques bâtonnets d’encens pour l’empereur ! » Et le martyr de répondre : « Nul ne peut se déclarer dieu, hormis Jésus-Christ. Je refuse de reconnaître une quelconque divinité à l’empereur ! »

Ces premiers témoins de la foi sont tombés par amour de Jésus, et plus précisément, pour défendre les droits de l’Homme-Dieu sur eux. J’appartiens à Jésus, et l’Etat -représenté par l’empereur- doit accepter les limites de son pouvoir sur moi. Belle leçon pour nous autres, vingt siècles après, vivant dans ce monde occidental hyper sécularisé et laïciste. Soyons à notre tour des témoins de la foi. La voix des papes contemporains ne nous dit pas autre chose ! Oserons-nous témoigner de notre différence au milieu du monde ? « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » nous a prévenu ce même Jésus.

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2011

Publicités

O Crux ave, spes unica

Afficher l'image d'origine
Le chrétien occidental l’avait presque oubliée… cette Croix que pourtant le Seigneur nous recommande de porter avec Lui, si nous voulons L’aimer. Pris que nous sommes dans le tumulte d’un monde matérialiste et hédoniste, nous l’avions presque oubliée…
Il est vrai que les progrès matériels de nos sociétés nous y invitaient. Là où nos ancêtres savaient qu’ils traversaient en ce monde une « vallée de larmes » (Salve Regina), nous avons cru que nous pourrions vivre dans la ouate (« C’est la ouate qu’elle préfère »). La peur d’un Au-delà incertain, marquée par un jansénisme-jacobin, avait été remplacée par la chanson « On ira tous au Paradis »… Paradis artificiels, crées de toute pièce par les Trente glorieuses, l’idéologie libertaire de 68, et le vétéro-bobo-friqué des années 80 – ah… Sarkozy, archétype du bling-bling décomplexé et vulgaire.
Il est vrai que ces sirènes « modernes » avaient touché même l’Église en son for interne. La liturgie, réformée après le Concile Vatican II, se faisait fort – au moins pour ceux qui l’appliquaient selon les modes du temps – de gommer les aspects jugés trop rugueux de notre Foi. Il ne fallait plus parler que joie, bonheur, Alléluia, Résurrection, et passer sous silence sacrifices, pénitences et passion.
« Celui qui m’aime, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Que dire de plus ? prêcher un réalisme humain et spirituel : pas de vie sans difficulté (« Life is difficult », premiers mots du best-seller du docteur Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté), pas de vie sans combats, pas de vie sans tourments, pas de vie sans efforts… Mais pas de vie spirituelle non plus sans les mêmes ingrédients, sans ce piquant paradoxe que, seule la Croix nous mène à la Joie !
Alors dolorisme : la croix pour la croix ? Bien sûr que non ! Mais réalisme : oui Seigneur, je sais que ma vie ne pourra s’écouler dans un long fleuve tranquille. Oui, je sais que je serai confronté aux difficultés, aux incompréhensions, à l’injure, aux moqueries, à la maladie, à l’injustice, que sais-je… Mais en tout cela, Seigneur, je veux reconnaître une marque de ton Amour. Je veux croire qu’en tout cela Tu me soutiendras. Je veux adhérer à ces passages de souffrances qui conduisent à la vraie liberté, c’est-à-dire à Toi-même. Tu es ce Chemin, Tu es cette Vérité, Tu es la Vie, et si je veux te suivre, seule la Croix m’y fera parvenir.
A l’heure où tant de nos frères à travers le monde sont persécutés pour le Nom de Jésus, à l’heure où en Occident même, certains fondements de notre Foi et de notre société sont remis en question, ce réalisme chrétien nous évitera sans doute bien des interrogations stériles, bien des indignations oiseuses, bien des paroles inutiles.
Pas de vie chrétienne sans la Croix, et donc sans vivre des croix.
O Crux ave, spes unica
Hoc Passiónis tempore
Auge piis justítiam,
Reísque dona veniam

Salut ô Croix, unique espérance. En ces temps difficiles [de Passion], augmente la droiture des gens de bien et accorde le pardon aux pécheurs

Résurrection

« Gueules de ressuscités »

 

 

Afficher l'image d'origine

Aurons-nous le dimanche matin de Pâques des « gueules de ressuscités »?

Oui, de vraies « gueules de ressuscités »! Finies les « faces de carêmes », les figures de « pisse-vinaigre » distillant à petites gouttes leur morale tristounette ; finis les airs faussement compassés dégoulinant de componction, les trombines chafouines de chrétiens « cul-serrés »!

Aurons nous enfin le courage de nous laisser soulever, transporter, déborder, exploser par la Joie de la Résurrection ? Allons-nous enfin partir en courant, en bondissant telles les collines à l’image des béliers, porter cette bonne nouvelle au monde : ce Jésus, Fils de l’Homme, il est mort mais aujourd’hui nous vous l’annonçons : IL EST RESSUCITÉ !

Pour y parvenir, aurons nous su nous laisser toucher par le Flagellé, le Transpercé, le Couronné, le Crucifié ? Aurons- nous pleuré amèrement nos péchés à ses pieds dans la longue attente du Triduum ? Aurons-nous vécu au plus profond de notre être la douleur de nous savoir responsables de Ses Souffrances – « C’était NOS péchés qu’Il portait ! » – ? C’est ce que nous pouvons nous souhaiter les uns les autres, afin de devenir en vérité ses témoins. Dans ce monde des ténèbres, que nous devenions, par la force même du Ressuscité des « porteurs de Lumière ».

Nous l’aurons célébré dans la nuit pascale, allumant notre petit cierge au Cierge Pascal. Nous l’aurons chanté par trois fois : « Lumen Christi« , nous l’aurons acclamé par nos alléluias, nous l’aurons entendu dans Sa Parole, nous l’aurons reçu Corps et Sang ! Alors, transfigurés, plongés une fois de plus dans sa mort et sa résurrection, recréés en icônes lumineuses de Son Visage nous pourrons nous écrier : oui, Seigneur, donne-moi une « gueule de ressuscité » !

Paru dans Parole et Prière en avril 2011