Pauline Jaricot

Aimer et servir

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En 1800, Pie VII est élu Pape. Les relations de la France bonapartiste avec Rome sont tendues et les activités de Propaganda Fide (l’organisme chargé de l’œuvre d’évangélisation) sont bloquées. Avec la largeur d’esprit si caractéristique des « Lumières » (sic), il devient impossible d’aller vers les pays de mission. C’est alors qu’un laïcat catholique prend forme. Il affirme sa foi d’un côté, par le rejet du gallicanisme ; de l’autre, par des œuvres de charité, en particulier envers les nouveaux pauvres nés des ruines de l’Empire napoléonien, et enfin par un engagement missionnaire dynamique empreint d’une grande audace.

Dans ce contexte, au sein de cette église de Lyon si foisonnante,  émerge la figure d’une jeune fille, Pauline Jaricot, dont les pas vont ouvrir des perspectives missionnaires insoupçonnées pour l’Église universelle. Pauline, se dévouera toute sa vie pour les missions, et fera preuve d’une charité inventive et ingénieuse de tous les instants. Malgré tout, elle mourra déconsidérée, spoliée de son œuvre. Quel destin !

L’Église de France vit aujourd’hui l’épreuve du manque de vocations, de la désaffection d’une bonne partie de la jeunesse, d’une certaine fatigue de ses communautés chrétiennes, et d’une déconsidération au sein de la société civile. Pour autant, coopérer à la mission universelle de l’Église serait pour elle une source de renouveau et de dynamisme. Plus on se montre généreux, plus le Seigneur nous comble de grâces. L’avenir de l’Église en France passe certainement par une ouverture toujours plus grande et généreuse à la «coopération missionnaire», plutôt que par le « pillage » des vocations des pays africains ou sud-américains.

Paul Claudel met sur les lèvres de l’aveugle une question qui doit nous interpeller fortement : «Vous qui voyez, que faites-vous de votre lumière ?». Nous qui avons reçu gratuitement la lumière de la foi, que faisons-nous de cette foi? Comme saint Jean-Paul II s’était écrié : « France qu’as-tu fait de ton baptême », nous pouvons demander : « Église de France, qu’as-tu fait de ta mission? » La figure et l’œuvre de Pauline Marie Jaricot sont un modèle de réponse simple, décisive et actuelle.

Chronique parue dans Parole et Prière de décembre 2018

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Pierre-Joseph de Clorivière

Un Jésuite face à la révolution

 

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« Quoique la destruction totale de la religion chrétienne soit le but principal que se proposent, dans la Révolution présente, les puissances des ténèbres, ainsi que les agents en chef dont elles se servent pour l’opérer, cependant c’est avec le soin de ne pas montrer au grand jour cette intention perverse. »

Avec ces quelques lignes, on ne peut pas dire le père de Clorivière, soit un grand soutien de la révolution française ! Déjà dans la période prérévolutionnaire, il a vu son ordre (les Jésuites) expulsé de France par le roi, puis interdit d’exister par le pape lui même. Quand la révolution éclate, il en discerne avec clarté les objectifs anti chrétiens. Pourtant, loin de fuir, malgré même les propositions du premier évêque américain de rejoindre le nouveau monde, c’est en France qu’il veut combattre, au risque de sa vie.

Il devra vivre caché, recherché. Il subira même la prison pendant cinq années sous le Consulat. Malgré ce qu’il perçoit des fondements anti catholique de la révolution, il se consacre à l’organisation de groupes de vie religieuse adaptés aux circonstances révolutionnaires de son époque. Ce seront des « religieux dans le monde » ne vivant pas en communauté et ne portant pas d’habit distinctif. Ainsi, avec quelques prêtres, il forme la Société du Cœur de Jésus, ou Prêtres du Coeur de Jésus et, avec la collaboration de Adélaïde-Marie Champion de Cicé, il fonde la Société du Cœur de Marie, ou Filles du Cœur de Marie en 1790.

Son attitude au cours de la révolution est exemplaire pour nous. Le régime politique dans lequel nous vivons se réclame des « valeurs » révolutionnaires, sans avoir jamais eu le courage de la repentance pour ce qu’elles avaient pu engendrer d’horreurs, de persécutions contre la religion et une part importante de la population. Sachons néanmoins, avec intelligence et espérance, à l’image du Père de Clorivière, nous mettre toujours au service de notre pays.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, août 2018

 

Bx Guillaume-Joseph Chaminade

Un exemple à suivre

 

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Me permettrez-vous ici quelques mots plus personnels ? C’est que notre saint, le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade, est né – en 1761 – dans ces  vieux quartiers qui entourent la cathédrale Saint-Front de Périgueux, tout comme mon grand-père maternel ! Ce Périgord vous façonne des hommes solidement implantés dans une histoire, qui remonte… à l’Homme de Cro-Magnon ; des hommes de culture et d’esprit, marqués par des paysages multiséculaires, imprégnés d’esprit celte, tout enchâssés dans de magnifiques vallées ombrageuses, et des causses calcaires désertiques ; des hommes souriant, à la faconde méridionale – car nous sommes bien du duché d’Aquitaine -, un brin tentés par l’esprit de fronde et de dérision.

La révolution française, dans tous ses aspects violemment anticatholiques, trouvera notre saint en pleine force de l’âge, religieux de vingt-neuf ans. Il voit alors toutes les congrégations dissoutes, et découvre atterré, la promulgation de la Constitution civile du Clergé, qui entend soumettre au pouvoir civil, la religion catholique. Ce sera alors pour lui l’exil et la souffrance. Dès qu’il le peut, après cette période de persécution affreuse – il rentre à Bordeaux en 1801 -, il retrousse ses bonnes manches de Périgourdin, et fonde la Société des Marianistes, afin d’aider à l’éducation de la jeunesse dans la foi et les vertus chrétiennes.

Ce que le père Chaminade a connu n’est peut-être pas si loin de ce que nous vivons. Nous-mêmes, catholiques français du XXIe siècle, ne sommes-nous pas tentés par la compromission et le désir d’entrer dans des formes de « constitution civile », d’autant plus pernicieuse, qu’elle ne dit pas son nom ? Nous voulons bien être catholique, mais que surtout cela ne dérange pas le voisin, et surtout ne mette pas en péril notre petit confort bourgeois ! Ainsi, toute position un peu claire de notre part, sera vite qualifiée – parfois même en interne – d’intégriste, d’intolérante, etc. Allez ! Oust ! Suivons l’exemple du bon père Chaminade : œuvrons avec courage, charité et persévérance à transmettre intégralement  le contenu de la foi et les vertus chrétiennes.

Chronique parue dans Parole et Prière,  octobre 2011