Le Coeur Sacré de Jésus et le sacerdoce

 Le sacerdoce don d’amour du Cœur sacré de Jésus

 IMG_20170623_073129

« Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus ». C’est ainsi que le saint Curé d’Ars définissait le sacerdoce. En cette année du sacerdoce, et en ce mois où, avec l’Église, nous honorons tout particulièrement le Cœur sacré de Jésus, il nous est utile de méditer sur ce lien profond entre ce Cœur sacré et le sacerdoce.

Beaucoup savent que la dévotion au Sacré Cœur a été, dans notre pays au XVIIIe siècle un moyen efficace de lutte contre une dérive théologique appelée le Jansénisme. Cette dérive avait pour conséquence de diminuer chez le chrétien l’espérance dans la miséricorde infinie de Dieu. Miséricorde de Dieu ! Un cœur qui se fait proche de nos misères ! Pas n’importe quel Cœur : celui d’un Dieu infini, tout-puissant, qui se fait cœur de chair, fini et blessé à mort sur la Croix, pour nous sauver. Un Cœur immense, qui accepte de se faire cœur de souffrances avec nos souffrances.

Et ce Cœur de Dieu, dans sa bonté qui est folie à nos yeux, veut s’adjoindre des cœurs humains : c’est exactement l’image du cœur du prêtre ! Un cœur d’homme, élevé à la dimension du cœur de Dieu, par la dignité du sacerdoce. Un pauvre cœur d’homme, tout déformé par ses passions, ses petitesses, ses peurs, ses limites, transcendé par l’amour de Dieu en un autre cœur où Jésus peut battre pour le salut du monde. Comme pour celui de Jésus, le cœur du prêtre sera alors blessé à mort, blessé d’amour pour ses frères. Pensons-nous assez souvent à tous les sacrifices consentis par le prêtre (à commencer de fait par la solitude du célibat consacré) pour nous porter la Parole de Dieu et les Sacrements de la vraie Vie ? C’est de cette blessure, librement acceptée, que jailliront les flots de la grâce pour ses frères humains.

Aimer le prêtre, ce n’est pas seulement aimer la personne avec ses qualités et ses défauts, c’est reconnaître en lui ce cœur dilaté par la Cœur de Jésus. Oh oui, aimons mieux nos prêtres : non dans un culte trop humain de la personnalité, mais bien dans le respect affectueux du don d’amour du Cœur de Jésus qu’ils sont devenus par leur consécration.

Paru dans Parole et Prière de juin 2010

Publicités

Marguerite-Marie Alacoque

Un cœur aimant à l’image du Cœur de Jésus

 

 Avec sainte Marguerite-Marie, nous accédons au Cœur très miséricordieux de Jésus. A son Sacré Cœur. En plein XVIIe siècle – rappelons-nous qu’elle transmit à Louis XIV les demandes de Jésus pour lui consacrer la France -, c’est un peu comme une anticipation de toute la spiritualité de sainte Faustine sur la Miséricorde.
Il y en avait besoin, dans une église de France qui était marquée par le jansénisme (mouvement à la fois religieux et politique, assez rigoriste dans sa vision du Salut des âmes). Aujourd’hui, et avec encore plus d’acuité au vu de l’évolution dramatique de notre société française, la dévotion au Cœur de Jésus et son développement avec celle de la Miséricorde divine, nous sont bien nécessaires. Car se plonger dans ce Cœur très aimant, c’est sûrement éviter tous les excès.
Pas « d’intégrisme » spirituel ou moral : Jésus aime à la folie chacun de ceux que nous rencontrons, à commencer par nous-mêmes. Il veut déverser sur nous les trésors de son amour. Pas de « laxisme », car ce Cœur nous invite à l’aimer, par-dessus toute chose, au-delà de tout ce que nous imaginons. Et cela est exigeant ! Ce Cœur de Jésus est notre modèle, mais ne voyons pas là une expression spirituelle doucereuse et lénifiante. Ce Cœur a été transpercé. Ultime violence, post mortem, de la Passion. De ce Cœur ont coulé du sang et de l’eau.
Nos cœurs à nous aussi, ne seront jamais aussi proches de Jésus, que s’ils acceptent d’être blessés, transpercés, par amour. Il nous en coûtera du sang – celui de nos renoncements, de nos sacrifices, de nos humiliations. Il en coulera de l’eau – de l’eau vive pour nos frères, de cette eau qui désaltère et donne la joie, de cette eau qui purifie.
Publié dans Parole et Prière de juillet 2013

Pierre Julien Eymard

Des prêtres incendiaires ! Vite !

C’est avec saint Pierre Julien Eymard que nous cheminons au long de ce mois d’octobre, mois du Rosaire, dans la tradition de l’Eglise. Les débuts de la vie ecclésiastique de « notre » saint  – père s’opposant à sa vocation, problèmes de santé au séminaire, prêtre de Grenoble, puis père Mariste… – ne sont pas sans faire penser aux difficultés rencontrées bien souvent, par les jeunes gens d’aujourd’hui qui veulent se donner au Seigneur dans le sacerdoce.

Pour eux c’est l’occasion de demander la grâce de la persévérance et celle de comprendre que l’important est de se donner à Dieu là où Lui nous attend et non pas là où nos sentiments du moment nous conduisent… Pour nous tous, invoquons ce saint pour les vocations sacerdotales dont notre pays, et l’Église, ont tant besoin.

Le prêtre est essentiellement ordonné à l’Eucharistie a rappelé, avec force, le Deuxième Concile du Vatican. Sur ce chemin aussi, Pierre Julien Eymard nous guide, lui dont la vie sacerdotale a été toujours plus marquée par la dévotion au Saint-Sacrement. « Pour se faire homme, Jésus a voulu avoir une mère, fille d’Adam… Marie est le fruit de quatre mille ans de préparation, la fleur de Jessé… Pour inaugurer sa vie dans l’Eucharistie, Jésus se sert d’un homme dont il fait son prêtre… Jésus fait du prêtre un autre lui-même, et c’est par le prêtre qu’il sauve les hommes et règne ans le monde. Le prêtre a donc été la fin du ministère évangélique de Jésus… »

Oui, par l’intercession de saint Pierre Julien Eymard et de Notre Dame du Rosaire, que le Seigneur  nous accorde ces prêtres dont nous avons tant besoin : « des incendiaires de ce feu divin que  (le Christ) a apporté du ciel et qu’ils trouveront allumé au saint Tabernacle. Il faut que l’univers soit incendié par ce feu d’amour… »

Publié dans Parole et Prière d’octobre 2012