Les prêtres sont des hommes, pas des anges !

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Louis & Zélie Martin

La Croix au cœur du couple

 

 

 La vie d’un couple chrétien pourrait-elle être un « long fleuve tranquille », bénéficiant de la protection, quasi magique, du sacrement de mariage ?
Non. Et pourtant, parfois, en écoutant les couples qui se préparent au mariage chrétien, on a l’impression que c’est l’idée dominante. Il est vrai que les sirènes de notre société les y poussent.
Nous devrions tous « avoir droit » au bonheur, à une vie facile, qui ne serait remplie que de joies et de prospérité. C’est déjà se tromper lourdement et ne pas voir l’expérience accumulée par tant et tant de couples : la vie est difficile ; la vie à deux est compliquée ; la vie d’une famille est un chef-d’œuvre fragile qui réclame sans cesse des sacrifices.
Comme tout sacrement, le sacrement du mariage n’est pas un talisman protecteur ! Il est signe d’une alliance entre les mariés et Dieu, une alliance dont le sceau sacré est la Croix. C’est ce qu’ont vécu, au plus intime de leur vie de couple, Louis et Zélie Martin. Qu’on y regarde de près : humainement ce sont des vies dures qui furent les leurs. C’est que dans l’ordre mystérieux de la Grâce divine, dans les replis cachés où germent les semences du Royaume, les calculs et les espoirs trop humains n’ont pas de place. Le Seigneur ne nous invite pas à la souffrance pour la souffrance : Il demande au Père que sa Joie demeure en nous ; mais dans le même temps, Il nous marque de sa Croix et Il fait d’elle le principe même de la Vie nouvelle.
C’est au cœur du sacrement de mariage, au cœur de leur vie de couple et de famille, que les époux chrétiens découvriront l’Amour absolu dont le cachet d’authenticité est toujours la Croix. Mais les fruits qui seront portés dépasseront de loin toutes les imaginations, toutes les espérances. C’est à ce prix, fou aux yeux des hommes, sage à ceux de Dieu, qu’un Louis et une Zélie ont donné à l’Église toute entière une sainte, un docteur : Thérèse.
Paru dans Parole et Prière de janvier 2014

Le Carême et le dentiste

Aïe, ça fait mal !

Avouons-le, nous entrons bien souvent en Carême, comme nous entrons dans la salle d’attente du dentiste – pardon pour ceux d’entre eux qui me lisent ! Certes nous avons mal et nous savons que la délivrance viendra de la main experte du praticien ; mais nous ne sommes pas très heureux d’être là !

Avec le mercredi des Cendres, il en va de même. Dès le début du Carême, nous savons bien que nous souffrons de nos péchés, de notre attachement trop grand aux biens de ce monde, de toutes sortes de lèpres qui nous gangrènent. Et l’appel même du Carême fait – heureusement – resurgir ces souffrances : « Mon Dieu que je suis loin de la sainteté ! » C’est notre première démarche qui est déjà une grâce prévenante du Seigneur : que nous sentions le poids de misère qui est le nôtre. Le psalmiste le dit très bien : malheur au pécheur qui ne voit plus son péché.

Reconnaître son état de pécheur est le passage obligé pour la conversion  -« Je ne suis pas venu pour les bien-portants… »-. Alors avec toute l’Église acceptons de franchir la porte du « cabinet médical » en ce mercredi des Cendres. Et nous voilà dans la salle d’attente du Carême, attendant avec un peu de crainte, mais aussi avec espoir, que ces quarante jours nous apportent délivrance, persévérance, conversion, guérison et résurrection !

Nous le savons, les instruments du dentiste nous ferons un peu mal. Les moyens de conversion mis à notre disposition par notre Mère l’Église doivent aussi nous violenter quelque peu : aumône, partage, jeûne, prière et pénitence doivent nous coûter. C’est le prix de notre guérison intérieur. C’est bien ce cheminement ardu auquel nous in vite l’Église durant quarante jours. Courage. En marche !

Chronique parue dans Parole et Prière de mars 2011