Louis Lochet

Sacerdos in aeternum

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Au moment même où je découvre, avec bonheur, la très belle figure de l’abbé Louis Lochet, deux affaires, concernant des prêtres, agitent le monde catholique : le départ avec une femme d’un médiatique curé de Lyon, et l’ouverture d’un procès canonique pénal pour un non moins médiatique prélat psychanalyste de Paris… Grand écart de la vie sacerdotale, grand écart au final de la vie de chaque baptisé, tiraillés entre les tentations de ce monde et l’idéal de la sainteté. Ce paradoxe chrétien prend une dimension particulière pour le prêtre, consacré à Dieu et à l’Eglise, par le sacrement de l’Ordre, et chargé, comme pasteur du troupeau de lui indiquer les chemin à suivre et de lui en conférer les moyens par la dispensation de la Parole de Dieu et des sacrements de vie.

Le prêtre est choisi, par Dieu, dans son peuple. C’est un choix gratuit, qui ne doit rien aux qualités propres de l’individu – rappelons que Judas lui-même fut choisi par Jésus et ordonné prêtre, comme les autres apôtres, le soir de la Cène ! Par ce choix, médiatisé au sein de l’Eglise par la reconnaissance épiscopale de la vocation, Dieu dépose de manière irrévocable, au jour de l’ordination, un trésor inestimable… dans un vase d’argile. Deux écueils marquent souvent la vision du monde et des catholiques du sacerdoce : le trop ou le pas assez ! Trop de déférence qui semble oublier que le prêtre est un homme – oui un homme !- et un pécheur, et qui voudrait en faire une espèce d’ange. Pas assez, qui tenterait de ne voir dans le prêtre qu’un animateur social, une espèce de psychologue engagé.

L’abbé Louis Lochet par sa vie montre l’exemple d’un prêtre hautement spirituel – il suffit pour s’en convaincre de voir l’ensemble de ses livres – et, dans le même temps, plongé dans les difficultés de son temps et dans les exigences concrètes de l’annonce de l’Evangile dans ce XXe siècle marqué par l’athéisme matérialiste.

Chronique parue dans Parole et Prière, mai 2017

Ste Catherine de Sienne

Se sanctifier dans et pour l’Eglise

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Le pèlerin à Rome qui entre dans l’église Santa Maria sopra Minerva est tout d’abord surpris, au milieu de tant et tant d’édifices baroques, de se trouver plongé dans une église gothique d’une grande pureté. Son étonnement passé, il sera comme attiré, aimanté pour ainsi dire, par le maître autel et le reliquaire en dessous, dans lequel il découvrira le corps d’une des plus grande sainte du moyen-âge, mystique stigmatisée, femme politique, patronne de l’Italie, dominicaine, première femme déclarée docteur de l’Eglise, sainte Catherine de Sienne.

En regardant la vie de sainte Catherine, comme avec tant de saints l’on est époustouflé de tout ce qu’elle a pu réaliser en trente-trois ans seulement, et avec une santé fragile de plus ! C’est dire si l’on y admire, une fois de plus, l’action même de Dieu. Ses écrits spirituels – qu’elle dictait car elle ne savais pas écrire – sont d’une incroyable richesse. N’hésitons pas à nous les procurer et à les lire : notre âme en tirera grand profit. En ces temps, parfois difficiles, son action pour la défense de la papauté et de l’Eglise, paraît exemplaire. Son attachement profond à l’Eglise de Rome – elle fera tout pour que le pape installé en Avignon revienne dans La Ville -, son indéfectible fidélité à l’Eglise, pourtant ravagée par les mauvaises mœurs de ses ministres, nous sont un exemple à suivre. Elle établit un lien direct entre les difficultés rencontrées par l’Eglise, et le manque de foi, de piété, de vertus des fidèles et spécialement des prêtres, des évêques et des cardinaux.

Les choses n’ont guère changées… au lieu de nous plaindre sans cesse de ceci ou de cela dans notre Eglise, sommes-nous prêts à nous convertir, à nous purifier, à nous sacrifier ? Pour cela, sainte Catherine nous livre  elle-même le chemin, plutôt que la critique stérile: « C’est la voie du Christ crucifié qui nous donnera toujours la lumière et la grâce. Mais si nous suivons une autre voie, nous marcherons de ténèbres en ténèbres et finalement à la mort éternelle« .

Paru dans Parole et Prière, avril 2017

Nouvelle année

Un an pour le Seigneur

 

 

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Et voilà… nouvelle année commence. Nous lirons, ici ou là, dans les médias, de belles considérations sur les résolutions à prendre – du régime physique au ressourcement spirituel -, sur le fait de ne surtout pas prendre de résolutions, etc.

Et si nous profitions de ce changement d’année pour réfléchir sur ce temps qui nous est donné par Dieu ? Dieu, maître du temps. Oui, dans le fond, je ne suis pas propriétaire de mon temps, je n’en suis en fait que le locataire… et je devrai, un jour, rendre compte de l’utilisation de mon temps, au seul à qui il appartient, le Seigneur Dieu qui m’en a fait le don.

Voilà peut-être une bonne façon de considérer cette nouvelle année. Dans l’humilité de celui qui sait que Dieu connaît déjà de quoi seront remplis ces 365 jours ; dans la confiance envers le Berger puissant qui nous guidera, jour après jour ; dans l’espérance, car, si le chemin sera parfois rude, chaque jour nous rapprochera du but : Jésus lui-même ; dans la force de l’Esprit, pour remplir ces semaines et ces mois du poids d’amour que le Seigneur attend de nous pour Lui et notre prochain.

Si pour Dieu tout est éternel présent, nous devons, quant à nous, nous inscrire dans le temps – comme Lui-même l’a assumé dans son humanité en Jésus-Christ -. Il nous revient, sans passivité, d’inscrire nos pas dans sa sainte volonté : ne serait-ce pas là une bonne définition de notre liberté chrétienne ?

Ayons donc de l’ambition pour vivre une bonne année, une grande année, une excellente année, une sainte année… de Foi, d’Espérance, de Charité, où toutes nos activités seraient ordonnées à leur fin ultime : aimer et rencontrer Dieu.

Comme l’avait si bien prêché le cher abbé Jean-Paul Hyvernat (1), quelques jours avant sa mort : « L’important ce n’est pas de vivre vingt ans, cinquante ans ou cent ans. C’est de vivre pleinement l’instant présent, où Dieu est blotti« .

(1) prêtre rayonnant du diocèse de Versailles. Décédé accidentellement en montagne à l’âge de 34 ans.

Chronique parue dans Parole et Prière,  janvier 2011

Pier Giorgio Frassati

Catholique de combat

 

Afficher l'image d'origineDans ces temps où, du fait du calendrier électoral, nous sommes plongés en permanence dans le débat politique, la figure de Pier Giorgio Frassati est bienvenue.

Ce catholique convaincu aurait pu se contenter d’une vie facile, procurée par la réussite professionnelle de son père – fondateur du groupe de presse La Stampa, ambassadeur, etc. Or, très tôt, il conçoit que c’est au nom même de sa foi qu’il doit s’engager dans la société. Il vivra cet engagement à un double niveau : dans l’humilité et la discrétion en servant chaque jour les plus pauvre ; sous la lumière en participant au combat politique. L’ancrage dans une vraie vie de prière, le service des plus pauvres au quotidien, voilà ce qui légitime et crédibilise l’engagement plus politique, plus partisan. C’est déjà une grande leçon pour chacun de nous !

Sur ces fondations, c’est d’un vrai courage politique dont fait preuve Pier Giorgio, qui n’a pas peur de monter au front. Dès septembre 1921, il manifeste avec des amis de la Jeunesse catholique italienne ; il se fait arrêter par la Police et, quand on apprend qu’il est fils d’ambassadeur, refuse d’être libéré de ce fait même. L’année suivante, il est profondément choqué de constater que le Parti populaire italien du démocrate chrétien De Gaspari,  auquel il adhère, s’allie – pour peu de temps en fait – aux fascistes de Mussolini. Et quand le journal auquel il participe finit par adhérer aux idées fascistes, il n’hésite pas et en démissionne.

En quelques mots il nous livre ce qui pourrait nous servir de programme pour nos propres engagements en cette période cruciale pour notre pays :  « Chaque jour, je comprends davantage quelle grande grâce c’est d’être catholique. Malheureux, oui malheureux, ceux qui n’ont pas la foi ! Vivre sans la foi, sans ce patrimoine à défendre, sans soutenir par une lutte de tous les instants la vérité, ce n’est pas vivre sa vie, c’est la gâcher. A nous, il n’est pas permis de vivoter. Nous devons vivre et nous souvenir que, même au milieu de toutes les désillusions de l’existence, nous sommes les seuls qui possédions la vérité. Nous avons une foi à défendre, une espérance, celle de la Patrie pour nous soutenir. Trêve donc à toute mélancolie […] En avant pour le triomphe du Christ dans la société !« 

Chronique parue dans Parole et Prière, janvier 2017

 

Sainteté

Soyons de bons tuyaux !

 

 

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Avouons-le, la sainteté nous effraie : c’est très bien… pour les autres. Nous sommes si attachés à nos « petits » défauts, à toutes ces « petites » infractions que nous nous permettons et qui nous rendent -selon nous- si sympathiques, que partir, droit au but, vers la sainteté finirait même par nous rebuter.

C’est décidément oublier que le Seigneur nous veut saints et irréprochables devant Lui, et qu’Il s’est livré à la Croix, pour nous rendre tels. C’est sans doute que nous entretenons une image faussée de la sainteté : souvent,nous imaginons le saint, compassé, figure de carême, redresseur torts, donneur de leçon, ascétique et mystique… Les canonisations qui ont émaillé le règne de Jean-Paul II et celles que nous propose Benoît XVI, montrent bien au contraire, des saints de notre temps, pas tristes du tout.

Ne prenons qu’un seul exemple, celui de Mère Teresa, qui décrétait qu’elle était la meilleure du monde… pour nettoyer les toilettes ! Je suggère, si vous voulez côtoyer quelques heures cette sainte de notre temps, l’excellent ouvrage de Mgr Léo Massburg – Fioretti de Mère Teresa, paru aux éditions de l’Emmanuel-.

Un court extrait : « Nous devons être comme des tuyaux. C’était là une des attitudes de base que Mère Teresa nous conseillait d’adopter. Elle disait que ce n’est pas important du tout que ces tuyaux soient en or, en argent ou en plastique, ce qui était important c’est ce qu’ils laissaient passer. Une fois elle a dit à ses sœurs : ‘ vous et moi, nous ne sommes rien, c’est à cela que l’on reconnaît l’Humilité fantastique de Dieu. Il est si grand et si merveilleux, qu’Il utilise ce qui n’est rien pour montrer son être grand. C’est pour cela qu’Il nous utilise. Tout ce que nous devons faire, c’est comme des tuyaux, laisser passer la grâce de Dieu.« 

Soyons donc de bons tuyaux… ça fait moins peur que de se dire « soyons des saints » ! N’est-ce pas ?

Chronique parue dans Parole et Prière, novembre 2011

Henri Caffarel

Des vertus familiales

 

 

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Le 2 août 1903, Henri Caffarel était baptisé par l’un de ses oncles, l’abbé Louis Venard ; un de mes arrière-grands-oncles ! Lors du colloque qui lui a été consacré – en décembre 2010 aux Bernardins à Paris – l’importance de son milieu familial a été souligné avec netteté, devant plusieurs de ses petits neveux, devenus prêtres à leur tour !

C’est la richesse chrétienne de la vie familiale lyonnaise qui a fortement influencé la pensée d’Henri Caffarel, et son engagement, dès les années 1940, dans la pastorale des couples chrétiens – d’où surgira la fondation des Equipes Notre-Dame. Une famille enracinée dans les devoirs que constitue un riche héritage chrétien – plusieurs ancêtres, prêtres ou non, tués an haine de la Foi, sous la révolution française -. Une famille marquée aussi par l’accueil de la vie et la joie de voir grandir de nombreux enfants en son sein.Une famille où la foi chrétienne est reçue comme le lait maternel, où l’éducation de l’intelligence et de la sensibilité se réalise dans la lumière de l’Eglise, où l’on n’aime guère se payer de mot – jusqu’à manquer parfois, en apparence, de savoir montrer sa tendresse – , mais plutôt de l’exemple des vertus humaines et spirituelles vécues au quotidien. Une famille où l’amour de la Vierge Marie et du Pape reste le fil conducteur, évitant ainsi les écueils du jansénisme, du gallicanisme ou du modernisme. Une famille profondément catholique, avec ses qualités réelles, mais aussi ses parts de difficultés, d’ombres, d’amertumes, de croix, mais toujours relevée par la vertu d’espérance, ancrée, chevillée au corps.

Dans cette période où nous fêtons le Prince de la Paix, venu en notre chair, dans une famille humaine, prions pour que toutes nos familles s’enracinent dans la joie de Noël et témoignent devant toute la société du bonheur profond et durable de vivre en baptisés, selon la loi du Christ.

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2011