Ste Catherine de Sienne

Se sanctifier dans et pour l’Eglise

Résultat de recherche d'images pour "santa maria sopra minerva santa caterina"

Le pèlerin à Rome qui entre dans l’église Santa Maria sopra Minerva est tout d’abord surpris, au milieu de tant et tant d’édifices baroques, de se trouver plongé dans une église gothique d’une grande pureté. Son étonnement passé, il sera comme attiré, aimanté pour ainsi dire, par le maître autel et le reliquaire en dessous, dans lequel il découvrira le corps d’une des plus grande sainte du moyen-âge, mystique stigmatisée, femme politique, patronne de l’Italie, dominicaine, première femme déclarée docteur de l’Eglise, sainte Catherine de Sienne.

En regardant la vie de sainte Catherine, comme avec tant de saints l’on est époustouflé de tout ce qu’elle a pu réaliser en trente-trois ans seulement, et avec une santé fragile de plus ! C’est dire si l’on y admire, une fois de plus, l’action même de Dieu. Ses écrits spirituels – qu’elle dictait car elle ne savais pas écrire – sont d’une incroyable richesse. N’hésitons pas à nous les procurer et à les lire : notre âme en tirera grand profit. En ces temps, parfois difficiles, son action pour la défense de la papauté et de l’Eglise, paraît exemplaire. Son attachement profond à l’Eglise de Rome – elle fera tout pour que le pape installé en Avignon revienne dans La Ville -, son indéfectible fidélité à l’Eglise, pourtant ravagée par les mauvaises mœurs de ses ministres, nous sont un exemple à suivre. Elle établit un lien direct entre les difficultés rencontrées par l’Eglise, et le manque de foi, de piété, de vertus des fidèles et spécialement des prêtres, des évêques et des cardinaux.

Les choses n’ont guère changées… au lieu de nous plaindre sans cesse de ceci ou de cela dans notre Eglise, sommes-nous prêts à nous convertir, à nous purifier, à nous sacrifier ? Pour cela, sainte Catherine nous livre  elle-même le chemin, plutôt que la critique stérile: « C’est la voie du Christ crucifié qui nous donnera toujours la lumière et la grâce. Mais si nous suivons une autre voie, nous marcherons de ténèbres en ténèbres et finalement à la mort éternelle« .

Paru dans Parole et Prière, avril 2017

Pédophilie, gestion de crise et hiérarchie catholique

Précisions importantes : 1. – cet article n’entend en rien relativiser l’extrême gravité de la pédophilie, crime abominable que le pape François a même comparé à un culte rendu à Satan. Il s’agit de chercher à comprendre quels sont, au-delà des responsabilités personnelles des individus coupables de ces agissements,  les fondements institutionnels de cette grave crise qui secoue l’Eglise catholique.  2. – Il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont l’Eglise catholique « pratique » les médias (non sans difficultés comme toutes les grandes institutions) ; j’ai volontairement mis de côté cet aspect du problème afin de ne pas allonger cet article et user la patience de mes lecteurs !

Résultat de recherche d'images pour "cash investigation"

L’émission Cash investigation relance le débat autours de la pédophilie dans l’Eglise – à charge si j’ai bien compris, ne l’ayant pas encore vue à l’heure où j’écris ; mais ayant lu avec attention les documents diffusés par les auteurs et les critiques déjà formulées par les autorités ecclésiales -. L’Eglise catholique en France a pris en compte cette terrible et difficile question, depuis les années 2000 et, en particulier en 2010, à la suite des demandes du pape Benoît XVI. Essentiellement sur un plan technique : dénonciation des prêtres ou des laïcs  – des écoles catholiques ou des mouvement de jeunesse – commettant ce genre de crimes, mise en place d’une cellule de veille, accueil des victimes, meilleur discernement pour les candidats au sacerdoce… Je ne veux pas entrer ici dans le débat des méthodes journalistiques utilisées – on en connaît le genre littéraire – mais je voudrais essayer de comprendre les fondements de cette crise que traverse l’Eglise.

La décadence générale des mœurs ne saurait justifier les carences du gouvernement ecclésial

Bien souvent, ce sont souvent d’anciennes affaires qui remontent à  la surface, parfois de plus récentes. Mais comment expliquer que ces personnes exercent toujours des responsabilités, soient encore en charge de paroisse, et même tout simplement prêtres ? Sans doute à cause d’une forme d’incurie de la part de certains évêques et de leurs conseils. Ne sous-estimons pas, cependant, les dégâts que le relativisme moral des années 1970 a provoqué, même au sein de l’Eglise. Faut-il rappeler que certains people, encore très en vue aujourd’hui, et jamais mis en cause dans les grands médias, ont soutenu ouvertement la pédophilie dans ces années-là ? Ce contexte ne justifie pas, bien sûr, le maintient de prêtres « non sûrs » dans des fonctions paroissiales. S’il l’explique en partie, il ne l’excuse pas. Par ailleurs, la longévité des « carrières » ecclésiales est à prendre en compte. Ainsi certains ont pu commettre des actes répréhensibles vers la trentaine et être toujours en possibilité de travailler au sein de l’Eglise plus de quarante ans après ! Les décisions prises sous Jean-Paul II par le cardinal Ratzinger – futur Benoît XVI – devraient interdire désormais l’accès au sacerdoce à des candidats ne présentant pas une affectivité et une sexualité matures. Quant aux cas déjà présents, ce qui est incompréhensible c’est que l’on ait laissé ces prêtres en position de commettre de nouveaux dégâts, pire, on les a parfois promus. C’est incompréhensible et il est normal qu’on nous en fasse le reproche. Le Vatican a mis en place, sous Benoît XVI, des procédures de réduction à l’état laïc pour les prêtres qui deviennent, par la gravité de leur inconduite, incapables de mener une vie sacerdotale. Il ne s’agit pas, comme je l’ai lu ici ou là, de les jeter tels des malpropres, mais dans un accompagnement, judiciaire et s’il y a lieu, médical et humain, de les décharger du sacerdoce qu’ils ne peuvent objectivement plus réaliser, et de les mener vers une nouvelle vie laïque.

La faillite des « ressources humaines » dans l’Eglise de France à la base des difficultés de gestion de crise

Il existe aussi, sans doute depuis fort longtemps, dans l’épiscopat français un amateurisme quasi criminel en matière de gestion des ressources humaines. Ce qui est intéressant est de chercher à comprendre le pourquoi, alors que la plupart des personnes en charge sont plutôt intelligentes et compétentes par ailleurs. Nous héritons, des années 60-70, d’un système d’organisation ecclésiale en France d’ordre « marxiste » ! Avec une « langue de buis » effroyable, incompréhensible d’ailleurs d’une large partie de la population. Les prêtres et les évêques en responsabilité ont été formés – déformés trop souvent !- dans un cadre de pensée hégélien ou kantien, dans le diktat de la lutte des classes, souvent incompatible avec les réalités de la Foi et la recherche du réel. Ce n’est pas pour rien si, avec justesse et a contrario, l’Eglise continue de promouvoir la philosophie aristotélicienne et le thomisme, comme base de sa réflexion. Plus lointainement, l’histoire particulière de l’Eglise de France depuis le Concordat avec Bonaparte, l’adossement à la mentalité bourgeoise du XIXe siècle, la crise du ralliement à la République, a poussé l’Eglise dans des positions ultra « légitimistes ». Elle souffre d’une gestion de ses cadres où, bien souvent, seuls les gens sans odeur, sans couleur ni saveur peuvent parvenir au sommet, tant les autres font peur ! Bien sûr, je caricature en quelques lignes des éléments qui nécessiteraient bien des nuances ; mais au fond, il y a là une base qui explique humainement bien des dérives, bien des incapacités à réagir sainement face aux crises.

Au-delà de la pédophilie, c’est la crédibilité du discours moral de l’Eglise qui est en jeu

Au-delà de la question pédophile, la question qui se pose à l’Eglise catholique en France, c’est celle, plus générale, des prêtres ou des religieux dont le mode de vie n’est pas conforme aux exigences de leur état – prêtres concubinaires ou pratiquant une sexualité active hétéro ou homosexuelle. Or, sur ce point, dans de nombreux diocèses, fidèles et prêtres, constatent trop souvent, de véritables carences de gouvernement au sein de l’Eglise en France. On a l’impression dérangeante que l’autorité épiscopale ne veut pas, ne peut pas, s’exercer contre ces prêtres immoraux. Du coup, les prêtres pédophiles ont pu avoir le sentiment, en se mêlant aux autres cas, de pouvoir bénéficier de cette « largeur de vue » (sic). C’est destructeur à plus d’un titre. D’abord en externe, parce que l’Eglise est, dans une époque vouée au relativisme moral, l’une des dernières institutions à oser prêcher une « morale », des normes affectives et sexuelles. Or si l’on découvre qu’en son sein évoluent des prêtres, des religieux, des responsables laïcs qui ne respectent pas, de manière grave, ces fondements moraux et qu’ils semblent avoir bénéficier d’une connivence – au moins passive -, c’est une très grave crise de crédibilité de la parole de l’Eglise qui s’ouvre. Pour être très direct, on ne peut pas prendre de manière médiatique les positions que nous avons tenues sur le « mariage pour tous » et se montrer incapable de balayer devant notre porte ! Ensuite, en interne, c’est une injustice grave qui est faite à tous les prêtres – l’immense, l’écrasante majorité – qui se donnent à fond et avec sérieux dans la mission d’évangélisation. C’est ce qu’a d’ailleurs développé Mgr Centène, évêque de Vannes, dans un éditorial de sa revue diocésaine. (http://www.vannes.catholique.fr/9329-2/)

Une voie de sortie : le courage

 Comment pourrions-nous sortir de cette terrible crise de confiance ? Il ne faut pas avoir peur et prendre nos responsabilités. De toute évidence, il y a eu, il y a encore, des carences dans la gestion d’un nombre non négligeable de dossiers de prêtres pédophiles et/ou menant des vies non conformes à l’enseignement de l’Eglise. Osons le dire et surtout agissons, pour ne pas donner l’impression qu’au-delà des paroles, l’omerta se poursuit. Bien sûr, il ne s’agit pas de lancer des chasses aux sorcières dans tous les diocèses. Mais ici ou là, de vrais scandales durent parfois depuis de nombreuses années, plus ou moins camouflés : il est temps encore d’y mettre de l’ordre. Dire cela ce n’est pas s’attaquer à l’Eglise. Benoît XVI lui même a écrit : « Nous devons accueillir cette humiliation comme une exhortation à la vérité et un appel au renouvellement. Seule la vérité sauve. Nous devons nous interroger sur ce que nous pouvons faire pour réparer le plus possible l’injustice qui a eu lieu. Nous devons nous demander ce qui était erroné dans notre annonce, dans notre façon tout entière de configurer l’être chrétien, pour qu’une telle chose ait pu arriver. » Trop de catholiques, et ne parlons pas des autres, confondent encore la « structure » humaine et faillible de l’institution ecclésiale avec l’Eglise elle-même, une, sainte, catholique, apostolique et romaine. Seule une véritable opération « mani pulite » serait à même de restaurer la confiance des chrétiens envers leur hiérarchie et au-delà, de la population française avec l’Eglise catholique. Oui avoir le courage, avec la mise en place par exemple d’une commission indépendante, d’une enquête approfondie sur tous les diocèses de France et dont les résultats, tous les résultats, seraient rendus publiques.

Nouvelle année

Un an pour le Seigneur

 

 

Afficher l'image d'origine

Et voilà… nouvelle année commence. Nous lirons, ici ou là, dans les médias, de belles considérations sur les résolutions à prendre – du régime physique au ressourcement spirituel -, sur le fait de ne surtout pas prendre de résolutions, etc.

Et si nous profitions de ce changement d’année pour réfléchir sur ce temps qui nous est donné par Dieu ? Dieu, maître du temps. Oui, dans le fond, je ne suis pas propriétaire de mon temps, je n’en suis en fait que le locataire… et je devrai, un jour, rendre compte de l’utilisation de mon temps, au seul à qui il appartient, le Seigneur Dieu qui m’en a fait le don.

Voilà peut-être une bonne façon de considérer cette nouvelle année. Dans l’humilité de celui qui sait que Dieu connaît déjà de quoi seront remplis ces 365 jours ; dans la confiance envers le Berger puissant qui nous guidera, jour après jour ; dans l’espérance, car, si le chemin sera parfois rude, chaque jour nous rapprochera du but : Jésus lui-même ; dans la force de l’Esprit, pour remplir ces semaines et ces mois du poids d’amour que le Seigneur attend de nous pour Lui et notre prochain.

Si pour Dieu tout est éternel présent, nous devons, quant à nous, nous inscrire dans le temps – comme Lui-même l’a assumé dans son humanité en Jésus-Christ -. Il nous revient, sans passivité, d’inscrire nos pas dans sa sainte volonté : ne serait-ce pas là une bonne définition de notre liberté chrétienne ?

Ayons donc de l’ambition pour vivre une bonne année, une grande année, une excellente année, une sainte année… de Foi, d’Espérance, de Charité, où toutes nos activités seraient ordonnées à leur fin ultime : aimer et rencontrer Dieu.

Comme l’avait si bien prêché le cher abbé Jean-Paul Hyvernat (1), quelques jours avant sa mort : « L’important ce n’est pas de vivre vingt ans, cinquante ans ou cent ans. C’est de vivre pleinement l’instant présent, où Dieu est blotti« .

(1) prêtre rayonnant du diocèse de Versailles. Décédé accidentellement en montagne à l’âge de 34 ans.

Chronique parue dans Parole et Prière,  janvier 2011

Sainteté

Soyons de bons tuyaux !

 

 

Afficher l'image d'origine

Avouons-le, la sainteté nous effraie : c’est très bien… pour les autres. Nous sommes si attachés à nos « petits » défauts, à toutes ces « petites » infractions que nous nous permettons et qui nous rendent -selon nous- si sympathiques, que partir, droit au but, vers la sainteté finirait même par nous rebuter.

C’est décidément oublier que le Seigneur nous veut saints et irréprochables devant Lui, et qu’Il s’est livré à la Croix, pour nous rendre tels. C’est sans doute que nous entretenons une image faussée de la sainteté : souvent,nous imaginons le saint, compassé, figure de carême, redresseur torts, donneur de leçon, ascétique et mystique… Les canonisations qui ont émaillé le règne de Jean-Paul II et celles que nous propose Benoît XVI, montrent bien au contraire, des saints de notre temps, pas tristes du tout.

Ne prenons qu’un seul exemple, celui de Mère Teresa, qui décrétait qu’elle était la meilleure du monde… pour nettoyer les toilettes ! Je suggère, si vous voulez côtoyer quelques heures cette sainte de notre temps, l’excellent ouvrage de Mgr Léo Massburg – Fioretti de Mère Teresa, paru aux éditions de l’Emmanuel-.

Un court extrait : « Nous devons être comme des tuyaux. C’était là une des attitudes de base que Mère Teresa nous conseillait d’adopter. Elle disait que ce n’est pas important du tout que ces tuyaux soient en or, en argent ou en plastique, ce qui était important c’est ce qu’ils laissaient passer. Une fois elle a dit à ses sœurs : ‘ vous et moi, nous ne sommes rien, c’est à cela que l’on reconnaît l’Humilité fantastique de Dieu. Il est si grand et si merveilleux, qu’Il utilise ce qui n’est rien pour montrer son être grand. C’est pour cela qu’Il nous utilise. Tout ce que nous devons faire, c’est comme des tuyaux, laisser passer la grâce de Dieu.« 

Soyons donc de bons tuyaux… ça fait moins peur que de se dire « soyons des saints » ! N’est-ce pas ?

Chronique parue dans Parole et Prière, novembre 2011

Henri Caffarel

Des vertus familiales

 

 

Afficher l'image d'origine

Le 2 août 1903, Henri Caffarel était baptisé par l’un de ses oncles, l’abbé Louis Venard ; un de mes arrière-grands-oncles ! Lors du colloque qui lui a été consacré – en décembre 2010 aux Bernardins à Paris – l’importance de son milieu familial a été souligné avec netteté, devant plusieurs de ses petits neveux, devenus prêtres à leur tour !

C’est la richesse chrétienne de la vie familiale lyonnaise qui a fortement influencé la pensée d’Henri Caffarel, et son engagement, dès les années 1940, dans la pastorale des couples chrétiens – d’où surgira la fondation des Equipes Notre-Dame. Une famille enracinée dans les devoirs que constitue un riche héritage chrétien – plusieurs ancêtres, prêtres ou non, tués an haine de la Foi, sous la révolution française -. Une famille marquée aussi par l’accueil de la vie et la joie de voir grandir de nombreux enfants en son sein.Une famille où la foi chrétienne est reçue comme le lait maternel, où l’éducation de l’intelligence et de la sensibilité se réalise dans la lumière de l’Eglise, où l’on n’aime guère se payer de mot – jusqu’à manquer parfois, en apparence, de savoir montrer sa tendresse – , mais plutôt de l’exemple des vertus humaines et spirituelles vécues au quotidien. Une famille où l’amour de la Vierge Marie et du Pape reste le fil conducteur, évitant ainsi les écueils du jansénisme, du gallicanisme ou du modernisme. Une famille profondément catholique, avec ses qualités réelles, mais aussi ses parts de difficultés, d’ombres, d’amertumes, de croix, mais toujours relevée par la vertu d’espérance, ancrée, chevillée au corps.

Dans cette période où nous fêtons le Prince de la Paix, venu en notre chair, dans une famille humaine, prions pour que toutes nos familles s’enracinent dans la joie de Noël et témoignent devant toute la société du bonheur profond et durable de vivre en baptisés, selon la loi du Christ.

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2011

Rafael Arnaiz Baron

Si tu savais le don de Dieu

 

Afficher l'image d'origine« Comment être jeune et garder pur son chemin ? » interroge le psaume 119. La vie de Rafael Arnáiz Barón en est une illustration parfaite. Ce jeune homme, issu de la haute bourgeoisie  espagnole, dirige nos regards vers l’exigeante verticalité de nos vie chrétiennes, que, trop souvent, nous affadissons par nos compromissions. « La liberté est dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est en l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais à Dieu seul. »

Dieu seul. Un mot d’ordre venu du Carmel, mais que le jeune trappiste mettra en pratique tout au long de sa courte vie, même quand la maladie lui interdira d’accomplir comme il le souhaitait sa vocation. L’esthétique de la vie cistercienne lui va droit au cœur et sera déterminante dans son choix primordial ; mais le Seigneur le creusera au plus profond, le menant vers le détachement de toute chose pour s’attacher à Lui seul : « Ce qui se passe est très simple, et c’est que finalement Dieu m’aime beaucoup… A la Trappe, j’étais heureux, je me considérais comme le plus heureux des mortels, j’avais réussi à me détacher des créatures et je ne cherchais que Dieu… Mais il me restait une chose : mon amour de la Trappe, et Jésus, qui est très égoïste et jaloux de l’amour de ses fils, a voulu que je me détache de mon monastère bien-aimé, même temporairement. »

Quelle montée vers Dieu dans cette âme si jeune ! Ses écrits reflètent cet unique soucis : plaire à Jésus et donc, combien cela nous semble dur, entrer toujours plus dans la solitude : « Ce qui nous approche de Jésus, c’est la solitude du cœur détaché de ce monde, de ses créatures et de notre propre volonté« . Fulgurance de la sainteté qui saisit tout un être, Rafael finit par dire à sa propre mère : « Demande-Lui que je meure bientôt. Tu as toujours voulu mon bonheur, et mon bonheur est en Dieu… Ne me souhaite pas une longue vie à la Trappe… Tu ne peux pas savoir… »

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2016

Avent

Se préparer à Noël

 

 

Afficher l'image d'origine

Quatre toutes petites semaines… seulement quatre pour se préparer à la fête de Noël. Ce temps de l’Avent passe si vite, que bien souvent, nous nous retrouvons le 24 décembre midi, épuisés, vidés, par tant d’agitations stériles autour des cadeaux, des menus, des préparatifs de toute sorte. Or, bien  au contraire, le temps de l’Avent nous invite avec force, à mûrir dans le silence de nos cœurs, le mystère immense de l’Incarnation du Sauveur.

Comme le rappelle si bien la Collecte du 2e dimanche de l’Avent : « Seigneur, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais, éveille en nous cette intelligence du cœur, qui nous prépare à l’accueillir. » Cette intelligence du cœur peut s’ouvrir en nous par la lecture quotidienne des textes de la liturgie, cette pédagogie de Dieu et de l’Eglise pour nous faire entrer dans la longue attente par le Peuple élu d’un Messie, d’un Sauveur.

Quelles beautés que ces préfigurations vétérotestamentaires du Messie ! Méditons sur cette immense espérance du Salut, qui habitait le peuple Hébreu, et, à travers lui, l’humanité entière : l’accomplissement de la promesse divine, après l’horrible chute du péché des origines, d’envoyer un Messie. Qu’à l’approche de la solennité de l’Incarnation de Dieu, notre être tout entier réalise mieux l’invraisemblable plan d’amour de Dieu : devenir homme en toute chose excepté le péché, pour réconcilier l’homme avec Lui.

Folie de Dieu qui est sa vraie Sagesse !

Rentrons dans ce temps de l’Avent en demandant au Seigneur d’attiser en nous le désir de sa venue. Que tout notre être soit tendu dans l’espérance de son nouveau retour. Il est venu. Il reviendra. Amen ! Viens Seigneur Jésus !

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2010