Marie-Étienne Vayssière o.p.

Une vie dépouillée pour enrichir les autres

 

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Quelques mots du père Serge-Thomas Bonino, dominicain de la province de Toulouse lui aussi, résument toute la vie du Père Vayssière : « L’homme propose, Dieu dispose. Et c’est tant mieux ! Le cœur du jeune frère Étienne Vayssière fourmillait d’excellents projets. Dans la ligne de sa vocation dominicaine, il se voyait déjà en théologien, scrutant les richesses du Mystère de Dieu pour en nourrir la vie des croyants. Ou encore en prédicateur ardent convertissant les foules. Et soudain — il a vingt-quatre ans — tout s’effondre. Maux de tête, fatigue permanente, impuissance. Le verdict tombe : incurable. Il est alors relégué dans des couvents où il végète, s’ennuie, tourne en rond. Il échoue enfin à la grotte de la Sainte-Baume. Enterré vivant. Il ne peut ni prêcher, ni lire, ni même prier… Il n’a plus rien. Ou plutôt, dépouillé qu’il est de l’accessoire, il n’a plus que l’essentiel : l’adhésion de chaque instant à la volonté de Dieu ».

La Providence, par des chemins escarpés et humainement peu compréhensibles, en plaçant le frère Vayssière comme gardien à la Sainte-Baume, le transforme en père spirituel d’une multitude de pèlerins, venus trouver en lui son exquise spontanéité et sa flamme surnaturelle, dominicaine, magdaléenne et mariale. « Il avait conscience que la Sainte-Baume est le centre spirituel de la Provence, un lieu de prière et de bénédiction. Il s’ingéniait à multiplier au maximum pour les âmes les possibilités de bénéficier des grâces de la célèbre grotte de pénitence » (P. Philippon op).

Cette épreuve de dépouillement, tôt venue dans sa vie, son attachement viscéral au Christ, ont fait du père Vayssière un maître spirituel véridique, dont nous pouvons suivre avec fruit les enseignements : « Vivons moins dans une activité impatiente, qui s’agite, que dans une filiale confiance, qui attend le bon plaisir divin, et ne veut vivre en tout que de lui seul. C’était l’attitude de Marie : “Je suis la servante du seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole.”  »

 

Chronique parue dans Parole et Prière, juillet 2018

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Père Marie-Antoine de Lavaur

L’apôtre du Midi

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Découvrir la vie et la personnalité de Léon Clergue, en religion père Marie-Antoine de Lavaur, c’est partir à la découverte de plusieurs vies dans une seule vie d’homme, tant il se donna sans réserve, et dès son plus jeune âge, à l’apostolat. Déjà prêtre, c’est à Saint-Gaudens qu’il entend l’appel de saint François. Il revêt l’habit de l’ordre des Frères mineurs capucins au noviciat de Marseille le 13 juin 1855, et l’année suivante prononce ses vœux solennels. Presque aussitôt, les supérieurs lui confient le ministère de la prédication. Il est envoyé à Toulouse dès 1857. Il parviendra à y édifier, en 1861, un couvent de capucins. Natif d’une famille très religieuse de Lavaur, il manifeste un tel charisme qu’on lui attribue toutes sortes de  miracles ! Les nombreuses missions -plus de 700 répertoriées – qu’il prêche le font nommer « l’Apôtre du Midi ». Ses prédications puissantes produisent des fruits extraordinaires, attirent les foules dans les églises.

Mais ce qui marque sans doute le plus, ce sera sa conviction profonde, dès les débuts, de la véracité des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette à la grotte de Lourdes. Le père Marie-Antoine va soutenir Bernadette Soubirous, qui affrontait l’incrédulité en racontant les apparitions de la Vierge ! Très tôt, il organisa aussi des processions dans la cité mariale – il est ainsi à l’origine des processions aux flambeaux, des processions du Saint-Sacrement avec les malades.

De lui on dit : « Pour parler de Marie, il lui suffisait d’ouvrir son cœur ». Écoutons-le donc :  « Je suis l’Immaculée-Conception. Cette grande parole est une parole de transfiguration, et c’est pour nous qu’elle a été prononcée. Pieux pèlerins, réjouissez-vous. En la prononçant, Marie a voulu dire : Mes enfants, soyez saintement fiers, ce privilège exceptionnel et si glorieux, votre Mère du ciel veut le partager avec vous ! L’enfant ne doit-il pas ressembler à sa mère ? Et tout ce que possède la mère ne devient-il pas son héritage ? Vous êtes venus les yeux pleins de larmes, vous étiez les fils d’Ève, la coupable, la malheureuse mère et, hélas ! vous portiez sa ressemblance, vous aviez pour héritage la douleur. Maintenant, plus de larmes, plus de deuil, plus de tristesse. Voici que tout est renouvelé, tout est transfiguré. Vous n’êtes plus les fils d’Ève, vous êtes les fils de l’Immaculée-Conception ! Vous êtes venus tristes de vos demeures, rentrez maintenant joyeux et triomphants.« 

 

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2017