Karl Leisner

Vivre en chrétien dans un monde païen

 

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Avec Karl Laisner nous retrouvons un chrétien résistant, résistant au nom de son amour pour Jésus – le jeune Karl, pour se démarquer du « Heil Hitler« , écrira « Le Christ est ma passion, Heil !« . Alors que les voix officielles et médiatiques ne cessent de jeter l’opprobre sur notre Eglise catholique et sa prétendue collusion avec le pire du XXe siècle, le nazisme – ces mêmes voix oubliant bien  vite le communisme toujours actif -, nous rencontrons tant et tant de figures chrétiennes qui ont su, au risque de leur vie, combattre ces deux idéologies athées. Qu’elles nous servent de modèles !

Certes, nous ne sommes plus placés face au nazisme, mais comme l’a récemment rappelé le cardinal Francis George : « Le communisme a imposé un mode de vie global fondé sur la croyance que Dieu n’existe pas. Le laïcisme est le compagnon de lit le plus présentable du communisme… » C’est bien face à ce laïcisme militant que nous sommes confrontés. Ne nous laissons pas avoir par les bêlements faiblards des partisans permanents des compromis qui mènent souvent aux compromissions. A l’exemple de Karl, entrons en résistance, par amour de la Vérité, c’est-à-dire du Christ !

Ainsi, que sa persévérance, contre toute espérance, à devenir prêtre, nous édifie. Déjà, il a dû combattre contre lui-même – il était très attiré par le mariage avec un de ses camarades. Comme quoi, malgré l’idée souvent répandue, même dans mes milieux catholiques, on ne devient pas prêtre parce qu’on ne voudrait pas se marier ! -. Puis, malgré toutes les difficultés, c’est dans un camp de concentration nazi, par un évêque français lui aussi incarcéré, qu’il sera ordonné prêtre.

Sa courte vie sacerdotale – il meurt en 1945 alors qu’il avait été ordonné en décembre 44 – pourrait, à bien des yeux, paraître dénuée de sens. C’est un rappel pour nous, que les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres. A tout le moins, que tant de courage et de persévérance nous invitent à vive plus pleinement notre vie chrétienne, nos engagements comme témoins du Christ, dans un monde païen. Quoi qu’il puisse nous en coûter.

Que le bienheureux Karl nous y aide.

 

Chronique parue dans Parole et Prière, février 2013

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Rafael Arnaiz Baron

Si tu savais le don de Dieu

 

Afficher l'image d'origine« Comment être jeune et garder pur son chemin ? » interroge le psaume 119. La vie de Rafael Arnáiz Barón en est une illustration parfaite. Ce jeune homme, issu de la haute bourgeoisie  espagnole, dirige nos regards vers l’exigeante verticalité de nos vie chrétiennes, que, trop souvent, nous affadissons par nos compromissions. « La liberté est dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est en l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais à Dieu seul. »

Dieu seul. Un mot d’ordre venu du Carmel, mais que le jeune trappiste mettra en pratique tout au long de sa courte vie, même quand la maladie lui interdira d’accomplir comme il le souhaitait sa vocation. L’esthétique de la vie cistercienne lui va droit au cœur et sera déterminante dans son choix primordial ; mais le Seigneur le creusera au plus profond, le menant vers le détachement de toute chose pour s’attacher à Lui seul : « Ce qui se passe est très simple, et c’est que finalement Dieu m’aime beaucoup… A la Trappe, j’étais heureux, je me considérais comme le plus heureux des mortels, j’avais réussi à me détacher des créatures et je ne cherchais que Dieu… Mais il me restait une chose : mon amour de la Trappe, et Jésus, qui est très égoïste et jaloux de l’amour de ses fils, a voulu que je me détache de mon monastère bien-aimé, même temporairement. »

Quelle montée vers Dieu dans cette âme si jeune ! Ses écrits reflètent cet unique soucis : plaire à Jésus et donc, combien cela nous semble dur, entrer toujours plus dans la solitude : « Ce qui nous approche de Jésus, c’est la solitude du cœur détaché de ce monde, de ses créatures et de notre propre volonté« . Fulgurance de la sainteté qui saisit tout un être, Rafael finit par dire à sa propre mère : « Demande-Lui que je meure bientôt. Tu as toujours voulu mon bonheur, et mon bonheur est en Dieu… Ne me souhaite pas une longue vie à la Trappe… Tu ne peux pas savoir… »

Chronique parue dans Parole et Prière, décembre 2016

Alphonse de Liguori

Des talents pour Dieu

 

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Un jeune noble napolitain, doué, fortuné, et promis à un avenir mondain et brillant. Voilà la première image qui nous apparaît de saint Alphonse de Liguori. Une grande déception -le jeune avocat perd pour la première fois un procès, dans des conditions iniques- et voilà le moyen dont Dieu se sert pour amener Alphonse vers sa vraie vocation : la prêtrise. Non sans mal, puisque son père commencera par s’y opposer avec force. Oui, contrairement à une idée trop souvent développée, même chez les catholiques, on ne devient pas prêtre parce qu’on n’aurait pas été capable de faire autre chose, ou parce que l’on serait un médiocre autrement…

Dieu veut aussi les meilleurs à son service. Combien de vocations aujourd’hui contrariées, car des familles, même chrétiennes, estiment que cette « profession » n’est pas assez honorable – voire pire, rentable – ? Combien de parents ne formulent-ils pas, à l’image du père de notre saint, cette prière inavouée : que mon fils, qui réussit si bien ses études, ne devienne surtout pas prêtre ?

Il faudra à Alphonse de Liguori abandonner entre les mains de Dieu, les talents que le Créateur avait disposés en lui. Et quels talents !  Homme de littérature, de musique, d’art, moraliste, prédicateur, fondateur… Toute la palette du jeune napolitain se trouve ainsi au service de Dieu, de l’Eglise et des pauvres. Et parmi ces œuvres, notons en particulier dans une époque marquée par le jansénisme, son oeuvre morale, qui lui vaudra de devenir saint patron des confesseurs. Une pensée riche et profonde qui veut d’abord appliquer la miséricorde de Dieu aux âmes pécheresses, et sa bonté par un accompagnement plein de douceur et de charité.

Demandons par l’intercession de saint Alphonse des prêtres « brillants » et des confesseurs plein de zèle et de patience !

Chronique parue dans Parole et Prière, mars 2015

Sainte Marie de l’Incarnation

Une vie de sainteté… pleine de suprises

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Alors qu’elle jouit d’une notoriété et d’un engouement grandissant au Canada, notre sainte du mois est peu connue en France. Peut-on, pourtant, faire plus français que Marie Guyart, née à Tours en 1599, dans une de ces familles catholiques, typiques de l’époque ? Malgré son désir d’entrer en religion (dès l’âge de 7 ans elle ressent l’appel de Dieu), elle accepte d’obéir à ses parents et se marie avec un soyeux dont elle aura un enfant et qui la laissera veuve à 19 ans. Elle revient chez ses parents et se lance, avec succès d’ailleurs, dans le commerce avec son beau-frère. Encore une vie de saint qui nous montre combien les chemins du Seigneur sont souvent incompréhensibles à vue humaine. Car ce n’est qu’à 32 ans finalement que Marie Guyart devient Marie de l’Incarnation, chez les sœurs Ursulines de Tours.

Comme il nous est parfois difficiles de comprendre par quelles voies Dieu fait passer nos vies pour nous conduire vers la sainteté. Pour certains l’appel de Dieu très tôt s’accomplit dans une fulgurance (une Thérèse de Lisieux par exemple), pour d’autres des « méandres », des attentes (un Charles de Foucauld) ! Mais les « surprises » ne s’arrêtent pas là pour Marie Guyart. Dans un songe elle se voit religieuse dans un rude pays couvert de neige et pris dans les brouillards et, pour venir confirmer ce nouvel appel (« Il faut que tu ailles me construire une église au Canada » lui dit Jésus), une veuve d’Alençon se présente à elle avec le même projet. Voilà comment Dieu vient souvent nous surprendre dans nos vies, mais apporte aussi les signes providentiels que ces appels nouveaux viennent bien de lui. C’est là-bas, bien loin de la douceur enviée des bords de Loire, dans de difficiles conditions de vie, que Marie de l’Incarnation, devient la « mère de l’Eglise du Canada » (Jean-Paul II) et l’immense sainte vénérée par ses compatriotes, aujourd’hui encore. Nous laisserons-nous conduire, comme elle, sur les chemins de la Providence, bien loin de nos pauvres petits plans humains ?

Chronique parue dans Parole et Prière, avril 2016

Une belle recension

sur le blog « Milittéraire – une Plume pour l’Épée »

 

Source : « Un prêtre à la guerre », padre Christian Venard, aumônier, Ed. Taillandier